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Si Kalyanee devenait ministre
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Par:-  Ariane Cavalot de l’Estrac

On 11/09/2011

Avouons-le, cette affaire Kalyanee Juggoo nous a inspiré un brin de sympathie. Non pas à l’égard de la députée elle-même. Si son ambition est certes légitime, sa position n’est pas acceptable ; lorsqu’on a démontré sa capacité de travail, son sens du service, ses qualités de gestionnaire, une attitude affable, des valeurs affirmées, il est parfaitement normal de prétendre à d’autres défi s, de vouloir prendre de plus grandes responsabilités, de chercher à savoir pourquoi on n’est pas considéré pour tel poste. Mais une fois l’explication obtenue, soit on accepte et on se range, soit on part. On ne « boude » pas.


Non, l’élan de sympathie, ce sont les mandants qui l’ont suscité. Il y avait dans ce mouvement d’indignation d’électeurs solidaires de leur députée lésée, quelque chose de bienfaisant. Des personnes animées par de réels principes d’« equal opportunity », portées par des sentiments de reconnaissance, outrées par la grossièreté du « deal » avec la députée Martin, qui n’hésitaient pas à se dresser contre l’autorité de leur parti... voilà de quoi nous rassurer, nous qui croyions la population indifférente aux manoeuvres peu éthiques des politiques. Ainsi, donc ils auraient un peu plus de valeurs que nos dirigeants, ces électeurs ? Est-ce vrai ? Cette démonstration était-elle désintéressée ? Pas si sûr.


L’allusion persistante et sans ambigüité à la « circonscription orpheline », quand elle n’a pas de ministre, révèle la vraie nature de ce mouvement. En vérité, il est fort probable que ce qu’ils veulent, ces mandants, c’est un ministre « pour eux ». Parce que ministre égale faveurs, récompense pour services rendus, « enn ti travaiy, enn tilisens, enn ti kontra... ». Toutes ces heures sacrifi ées à coller les affiches ou à rameuter les électeurs, elles doivent se payer, et il ne peut en être ainsi que si le député « gagn pouvwar ». Cette analyse fort cynique, qui sans doute ne s’applique pas à l’ensemble des manifestants de Kalyanee, est une réalité hélas étendue.


S’il faut donner une preuve de l’existence de ce clientélisme facile, rappelons l’affaire de la Cleansing Unit du ministère du Tourisme, il y a deux ans. L’opposition s’insurgeait alors contre le recrutement d’une centaine de personnes venant de deux circonscriptions précises. Les soupçons devaient se confi rmer lorsqu’au moment de la fermeture de cette unité, à l’arrivée d’un nouveau ministre, ces employés ont été invités à suivre une formation pour être redéployés ailleurs. Leur réaction : « Pa ti bizin suiv formasion kan ti al kol lafi s ». Ils devaient bel et bien leur poste à « leur ministre », celui à qui ils avaient réclamé et de qui ils avaient obtenu récompense pour services rendus.


Ce n’est pourtant pas ainsi, en démocratie, que les choses doivent se passer. Il ne doit pas y avoir de confusion entre les rôles de député et de ministre. Rappelons la distinction entre ces fonctions. Un député en a trois : législateur, il étudie et vote les projets de loi ; contrôleur, il veille à l’action de l’exécutif ; intermédiaire, il traite les demandes des citoyens et fait valoir les besoins de sa circonscription auprès des ministres. Ceux-ci détiennent finances et pouvoir. Législateurs aussi, ils sont régis par un seul principe, celui de la responsabilité envers le Parlement.

On parle de séparation des pouvoirs entre l’exécutif (les ministres) et le Parlement (les députés) pour s’assurer que l’un ne fasse rien qui ne puisse être contrôlé par l’autre. Si le ministre agit en député, en usant de son pouvoir de ministre pour distribuer des faveurs à sa circonscription, dans le but de s’assurer un soutien futur ou de récompenser un coup de main passé, il piétine un principe sacro-saint.


Ces risques d’accident, c’est la faute à la faible séparation de pouvoirs inscrite dans nos textes fondateurs. Il en va apparemment ainsi des parlements de culture westminstérienne, alors que la Constitution française insiste de manière très explicite sur cette séparation de pouvoirs, forçant gouvernement et Parlement à assumer chacun la plénitude de ses attributions. On peut lire dans cette Constitution : « Les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation professionnelle à caractère national et de tout emploi public ou de toute activité professionnelle ». Le mot incompatibilité est fort. Il implique que lorsqu’un ministre est nommé, il démissionne comme député. L’indépendance est assurée.


C’est aussi la faute aux gouvernements eux-mêmes, qui entretiennent cette confusion des genres parce qu’ils y trouvent leur compte. L’habitude même qu’ils ont de s’assurer que chaque circonscription a son ministre est suspecte. Que le débat sur la seconde république soit alors l’occasion de corriger cette perversion. Nous éviterions ainsi bien des actes de corruption et nous assurerions au ministre une plus grande sérénité dans sa fonction. Plus la proximité  a été grande entre députés et mandants, plus les risques de pression sont grands. On imagine sans mal à quoi se serait exposée Kalyanee si elle avait été ministre..


Commentaires

Par Tryptophan
Sep 14, 2011
@PLOUM_PLOUM: Dear friend,I have possibly not made my point clear enough, but I do not see where we differ in opinion. I think that it is a mistake to consider our state as a car that can be made to run (better) by having a foreign spare-part fitted to it, because we as a people have a unique history , and psyche. Therefore we need to sort out how we can govern ourselves , with what we have got, and with what we are able to do ( i.e our level of resilience, including the size of our territory, our natural resources, our sociological and psychological make-up, and our capabilities ). My main point is that introducing foreign /alien concepts of government has been and will be only COSMETIC. The proposed changes ( Proportional Representation, Senat, 2nd Republic a la Francaise, etc ) will be as cosmetic as our so-called Representative Government ( Westminsterian style parliament). They do not in themselves bring the necessary changes in attitudes and motivations to uphold the rule of law and civility on which depend my needs as a citizen, which are, more or less, of food, clothing, shelter “ which guarantees privacy”, safety, spiritual/political freedom, and equal treatment for myself and those under my “guardianship”. A good dose of social engineering may perhaps begin with reforming our educational system. This will mean not only ensuring that our children are imbued with core values of civility, but also that those “employed” to do so are “PERFECT” role models.
Par PLOUM PLOUM- LISEZ FRANCAFRIQUE DE FOCCART
Sep 13, 2011
@ Mon Ami Tryptophan : as much as I have appreciated your comments in the past, I must, however, beg to differ this time round. But I strongly believe we ought to COMPARE WHAT IS COMPARABLE ( IT IS FUTILE TO COMPARE APLLE WITH ORANGES OR PERHAPS I SHOULD SAY POMME ZAKOT). Corruption in European countries is rife and ubiquitous but by virtue of the size of the respective countries and the time frame their various institutions have evolved, the impact on their population is either insignificant and/or their systems are so designed to be resilient in the face of rampant corruptions and frauds. We, in Paradise island, we are blessed with neither matured institutions nor do we have the required resilience. Perhaps 2 more Generations down the line. Let us at least be optimistic. Today is simply the wrong day to be impressed with either England, least of all La France ! On this very day, 2 Lords were released after serving one third of their sentences for fiddling their expenses. In France, this weekend, we have had to deal with the French Lawyer, Me Bourgi’s revelations of endemic high level corruptions throughout the 5th republics. On Sunday, Bourgi claimed he had carried several MALLETTES D’ARGENT from African Leaders containing up to 20 Millions Euros for Chirac and Villepin. Now we heard that even Racist Le Pen could not resist the smell of Gabon Omar Bongo’s millions. Yet Le Pen cannot smell Africans ou encore ces SALE ARABES , qu’il decrit comme des Francais sur PAPIER SEULEMENT. Chirac, already being tried at the moment for corruption while he was Mayor of Paris, is claiming he is too old to attend his trial. This is the same person who in 1992 ( if I am not mistaken) said that Africans smell. Of course he is not allergic to African money. Ou finne tender qui largent pas ena couleur et Chirac dire ou qui l’argent pas ena l’odeur aussi !! Read more in : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/09/12/01016-20110912ARTFIG00667-fonds-africains-le-pen-dement-les-accusations.php Extract : Selon Robert Bourgi, ces échanges financiers auraient débuté sous le Général De Gaulle et se sont poursuivis sous tous les gouvernements de la Vème République, avant de s'arrêter en 2005. Bourgi exonère Nicolas Sarkozy. Mais ce n'est pas l'avis de Michel de Bonnecorse, l'ex-monsieur Afrique de Jacques Chirac, qui dans une interview à paraître mardi dans Le Monde, assure que «l'entourage de Sarkozy a reçu la part du gâteau qui lui revenait jusqu'alors».
Par Lélio Wong
Sep 12, 2011
@PLOUM PLOUM, moi-même je m'efforce à réduire mes doses de vinaigre. Ce n'est pas la faute d'Ariane. Trop de vérités, plus de blessures. À l'ordre du jour : Diffamations, fausses nouvelles, révélations et accusations pour détourner " Freedom Of Information". N'oublions pas qu'on a un tout puissant allergique aux critiques. On a qu'à le gonfler de flatteries jusqu'à qu'il s'éclate. L'hypocrisie est une arme invisible à double portée. Pourquoi pas imiter les transfugés pour contourner les murs du grand tacticien.
Par Tryptophan
Sep 12, 2011
Notre État ne doit pas être comparée à une voiture britannique en panne qui peut être fixée avec une pièce de rechange française. C'est l'état d'esprit d'une population qui confère un caractère à leur État . Notre réalité est très différente de celle des Français, dont le système politique, la constitution, le système électoral, etc. sont l'aboutissement d'une « riche » histoire sociopolitique couvrant la RévolutionFrançaise et les guerres mondiales. La société française (et ailleurs en Angleterre) ont parcouru un long chemin vers la traduction dans la réalité, ce que la « label dit sur le paquet » (c.a.d. les objectifs de leur constitution). Règle de droit signifie quelque chose de très important et tangible dans ces pays Européens et elle touche la vie quotidienne de leurs citoyens. Les citoyens ordinaires peuvent, et en fait, prennent le recours au système judiciaire pour redresser les griefs et les disputes civiles. C'est parce que l'État sensibilise ses citoyens ordinnaires à ce sujet et y en rend (financièrement) accessible . Il y serait un événement rare pour quelqu'un de frapper son voisin avec un marteau sur la tête à cause d'une espace de parking. Dans notre société, ce genre de comportement semble devenu seconde-nature. Nous avons besoin de trouver des solutions en proportion avec notre niveau de resilience, et nos objectifs doivent être réalistes et réalisables. Mais, par-dessus de tout, ils doivent être clairs. Si nous disons que nous voulons une société juste et équitable, alors que nous ne devons pas être « trop timides à l'impôt envers les riches » , et d’eviter de revoir l’utilisation des terres. Si nous voulons insuffler une philosophie de soins, d'amour, de responsabilité sociale et de respect de la Loi dans nos citoyens, alors cela devrait se refléter dans notre programme d'enseignement dès le premier jour q’un enfant entre à l'école… et si nécessaire leurs parents doivent être éduqués /instruits aussi…. Modifier le système électoral ou en créant un Senat par eux-mêmes n'apportera pas les changements voulus. Ceci ne me protégera pas de mon << voisin assez perturbé et en état d'ébriété, qui a toujours “an axe to grind” >> et puisque j’en ai ras le bol, alors,…..actions et reactions… Kot nou pe aller dan sa pei la?
Par PLOUM PLOUM IS PARTIALLY BANNED-SHE IS TOXIC!
Sep 12, 2011
From my archives what I previously wrote on " LA PARTAGE DU GATEAU NATIONAL ! ** Let me once again explain: When you start with this paradigm of "To whom the country belongs to" , in the psyche of our beloved patriots de tout bords, all ethnicities and races and what have you , included, it mean " mo boute, nu boutes , so boutes, nu part du gateau national". Not in an imaginary un-tangible manner but in real "boutes". That is, who gets what in the great “PARTAGE DU GATEAU NATIONAL" but more importantly "WHO THE HELL SHOULD BE THE "COUPEUR DU GATEAU NATIONAL" . The answers are obvious. So, the way you phrase your questions, it intrinsically leads to the legitimisation of the shameful but fictitious sharing of the NATIONAL CAKE practice. Let alone who cuts the cake, there will always be questions of who gets what ( % ) and in what order of the sharing, that is who is served first. My bet is as good as yours! Everyone seems to be claiming that Mauritius belongs to ALL of us. What they really mean is, THEY SHOULD GET THEIR FAIR SHARE OF THE CAKE. And this is OUR CARDINAL SIN THAT GETS IN THE WAY OF A TRUE NATION ARC EN CIEL. WE MUST ABANDON THIS EVIL PARADIGM OF DIVIDING THE NATIONAL CAKE. Watch my lips: THE COUNTRY IS NOT AND SHOULD NOT BE UP FOR SHARING. Yes I repeat I do not want any part of the cake, be it, a promotion, a job or a piece of state land for myself or on behalf of my community, however defined. What belong to all of us, are OUR INSTITUTIONS. True, they exist in a vacuum at the moment or has been hijacked. But we must RE-CAPTURE THEM, PROTECT AND DEVELOPED THEM so as to serve ALL CITIZENS. I now paste some comments I made before to address the issues I raised above. Here it is: *** Mauritius is NOT and will NEVER be a monolithic entity whereby a single substantive political culture can be forcefully imposed onto its landscape. From day one of our history, Mauritius has existed NOT as a Nation of Individuals and citizens but a Nation of COMMUNITIES and a community OF CITIZENS where there is both unity and diversity in BOTH public and private realms. Our Landscape both private and public is and has always been PLURALISTIC AND MULTICULTURAL Our pluralistic identity and heritage is a dynamic one and not a static intolerant one. Our communities, despite its complexities and the ever present threats that it faces, is always in a process of continuous change. It reflects the dynamics of gender, religion, generations, globalisation and even the internet era. Despite their inherent uniqueness, our different communities are not isolated from each other and actually overlap on its own terms, borrowing from each other as it deem fit. There are many examples where members of different communities display a natural ability to accommodate several modes of life as if they are “cross-cultural” navigators. To ensure that our One Nation Mauritius is a place where every colour is a good colour and where every individual of any community is valued and respected, where racism and discriminations of all forms are not only checked but eradicated from our landscape and above all from our psyche, we need to address a formidable challenge and invites several searching questions. We need to identify a core of COMMON VALUES and loyalties that must be shared by all communities and individuals alike in the One Nation. But such sharing of common good cannot be achieved in a climate of social exclusion. The principle of equal moral worth cannot take root and flourish within a structure of deep economic or social inequalities. Every stakeholder must own up to their responsibilities, be they communities or individual citizens. In addition, we need to strike the right balance so as we can achieve the need to treat all citizens equally yet at the same time treat them differently. A different treatment does not mean a less treatment or an inferior treatment nor does it mean be relegated as second class citizen.
Par PLOUM PLOUM IS BANNED ! HE IS TOO TOXIC
Sep 12, 2011
@Lelio , Integrity et al : La situation et realite Politique a Maurice capave decrire par seki mo finne ecrire beaucoup dans le passe (mo capave faire ene livre lors sa sujet la ) seki mo appelle LE PARTAGE DU GATEAU NATIONAL FICTITIF. Mais dommage , mo sous etat de suspension par la gazette la.,meme par ma GRANDE SOEUR ARIANA ! Alors, CRY MY MOTHERLAND CRY !
Par Bellountally
Sep 11, 2011
Ancien manze lichien, nouveau manze veau!!!! pretends gendre manze la cuisse (poulet) et garson manze le ailes. eh oui c'est la dure réalité dans la politique au Banana Republic. Kalyaani jee en sait un peu...
Par Integrity
Sep 11, 2011
the saddest part in all this scenario is that in the Labour party there is none who has the boldness to tell Ramgoolam his incapacity to rule the country. Why aren't there others in the government who can lead? Are they such dumb fellows or yes man who haven't the courage? Shame that in the Labour party we have such persons who even after being calumnize and treated abusively , in an obscene language they feel as if they have been honoured, we the population shall feel ourselves belitttled by such disgraceful treatment.
Par Lélio Wong
Sep 11, 2011
Les Mauriciens sont des passionnés de jeux de hasard. Les élections sont comparables aux courses hippiques. On mise sur les candidats exigeant en retour d'être recompensé et ce principe de "give and take" dépasse le charactère perverse d'une prostitution forcée obligatoire. Avant les élections les candidats présentent leurs échantillons de cadeau pour être voté et après les élus sont rapellés à tenir promesse ce qui crée cette séparation entre gagnant perdant , élus non-élus, ministre député. D'après ce principe les revendications de Kalyanee sont justifiés. Avant Mai 2010, pour son programme d'un quota pour les femmes, à la cloture d'une inauguration d'une société des femmes entrepreneuses à Triolet, Navin Ramgoolam réclamait avec un grand sourire promettant : " pa blié mo ti Kado ! ". Il a recu son cadeau, il a été élu. Doit-il après recompenser d'avantage ceux qui l'ont élu ou travailler pour le bien-être de toute la nation. C'est cette exigeance de recompence qui incite à la corruption, la séparation entre gagnant et perdant qui pourissent notre démocratie. Qui pourra à Maurice revaluer cette fameuse citation de John F. Kennedy : Do not ask what your land can do for you, ask what you can do for your land ! Entretemps il y aura encore des Kalyanees, des Mireilles comme nous continuerons à assister aux courses de Maiden.
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