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Bad mood
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Par:-  Pierrick Pédel

On 17/08/2011

La saison de la publication des résultats trimestriels a démarré et c’est le rouge qui domine. Les pertes se succèdent dans l’hôtellerie, le sucre, l’assurance ou l’aérien. Et par delà les chiffres, ce sont les commentaires des sociétés qui donnent le ton. Elles espèrent toutes un futur meilleur, mais tout le monde ou presque utilise le conditionnel. «Les performances devraient s’améliorer», peut-on lire dans les communiqués de presse mais on le sent : le coeur n’y est pas ou n’y est plus.

C’est que l’environnement s’est sérieusement dégradé ces dernières semaines. La crise de la dette publique en Europe menace désormais directement l’Italie et l’Espagne et la Banque centrale européenne (BCE) a dû jouer les pompiers en rachetant 22 milliards d’euros d’emprunts d’Etat. Un niveau record. La dégradation de la dette américaine par l’agence «Standard and Poor’s» a provoqué un véritable coup de tonnerre et a déclenché une bourrasque qui a balayé toutes les places financières. On commence à parler d’une possible récession aux Etats-Unis et des rumeurs font désormais état d’un éventuel abaissement de la note de la France qui perdrait ainsi son «AAA».

Cet environnement n’est évidemment pas neutre pour Maurice. Aujourd’hui, il est devenu difficile de trouver un économiste qui table encore sur une croissance de 4,6 % cette année. Les turbulences financières et les incertitudes économiques vont sans doute affecter le niveau de la consommation. Or, celle-ci est un des moteurs de la croissance. Et qui dit baisse de la consommation dit baisse de la TVA. Pour le gouvernement aussi, les temps s’annoncent difficiles. L’économie apparaît beaucoup moins résiliente qu’en 2008. Et beaucoup s’interrogent sur la capacité de l’Etat à soutenir l’activité économique.

Les fonds de réserve qui ont servi à financer l’«Additional Stimulus Package» (ASP) et son frère jumeau l’«Economic Restructuring and Competitiveness Programme» (ERCP) ont pratiquement été vidés. Et si le gouvernement veut injecter des fonds dans l’économie il va devoir recourir à l’endettement. Or, la dette publique mauricienne flirte avec la barre des 60 % du Produit intérieur brut (PIB) qui est considérée comme la cote d’alerte par les institutions internationales. Dans le contexte actuel de crise généralisée de la dette publique, le recours à l’emprunt ferait mauvais effet. D’autant que les taux auxquels le pays devrait emprunter pourraient se révéler prohibitifs.

L’inquiétude ne touche pas que les entreprises et le gouvernement. Le petit peuple affiche également un «bad mood». Demandez aux petits pêcheurs de la Butte-à-l’Herbe, à Calodyne, comment ils font pour joindre les deux bouts avec la réduction des prises et le prix de l’essence qui ne cessent d’augmenter. Devant les hôtels, les taxis font également grise mine. Les touristes se font rares. Et ne leur parlez pas de la recherche de nouveaux gisements de vacanciers en Chine. Ils vous répondront que les Chinois ne sortent pas des hôtels. La nouvelle équipe gouvernementale a du pain sur la planche et il va falloir aller au-delà des bonnes intentions. Sans ça, le «bad mood» risque de prendre le dessus et de plonger le pays dans une torpeur économique.


Commentaires

Par banco
Aug 17, 2011
Le Good Mood prévaut exclusivement dans le secteur bancaire. Voyons le tableau « Sectoral Balance Sheets of Banks » au 30 juin 2009, 2010,2011 sur le site de la BOM. La ligne-Current Year Result, les bénéfices générés par l’ensemble des banques-indique les montants de Rs6.91 milliards, Rs6.45 milliards, et Rs8.41 milliards respectivement...
Par jjean chung
Aug 17, 2011
il n'y a pas grand chose a faire sauf que nous pouvons ameliorer la productivite,surtout des employes d'etat, eliminer la corruption et eliminer les dettes avec les achats a credit. Le changement doit commencer individuellement. Ceci encouragera les investissements a Maurice, porteur d'emplois
Par DM
Aug 17, 2011
sa fait très longtemps que je n’arrête pas de répéter que la stratégie de l'ile Maurice comme touristique est mauvaise. il faut trouver d'autre chose que touristique. les européens sont devenus pauvres et les Américains plus pauvres. les pays d'Afrique ne sont pas solvables et les asiatiques ne dépensent pas. alors que faire ? il faut réinventer une autre société ou le peuple participe dans l’économie et ou on fait travailler tout le monde.
Par Socrates
Aug 17, 2011
Dire la vérité n'est pas toujours facile dans notre pays, surtout pour des professionnels. Si une analyse dérange les complaisants du régime du statu quo, on vous traite facilement d’antipatriote. Mais nous savons qu’il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Mais voilà le paradoxe : Pendant que l’alerte retentit de toutes parts pour qu’on consolide notre trousse de secours face aux tsunamis qui sont déjà là , on a qu’à voir avec quelle indifférence et mépris certaines entreprises privées et publiques vaquent à leurs besognes. Au paradis de Mark Twain, on aime à mourir ce mode de gestion et de gouvernance qui s’appelle « Business as Usual »! Regardez la priorité du gouvernement et de nos politiciens en ce moment, regardez comment des compagnies d’état comme la SIC et Air Mauritius ( et tant d’autres) sont toujours dirigées malgré la forte crise qui secoue le monde. Malgré la présence de surplus d’employés et de managers couloir , on n’arrête pas de caser des petits copains à gauche et à droite ! Crise ou pas, c’est Business as Usual pour ces entrepreneurs politiciens !
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