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Cangayen Pillay: «Le problème de la vente à la barre reste entier»
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Jean-Yves Chavrimootoo  |  14/03/2009

Deux ans après la promulgation du Protection of Borrowers Act, où en sont les choses avec les ventes à la barre?

Pour moi, le problème de la vente à la barre, qui a fait à ce jour des centaines de victimes, reste entier. Surtout que les banques continuent à travailler de la même manière et continuent à calculer et à imposer des intérêts que nous considérons comme totalement injustes et exagérés. Dans bien des cas, c’est également illégal. Il y a aussi ces nombreux avoués qui continuent à opérer en toute tranquillité, malgré les dénonciations successives de notre association que ce soit à la police ou même à la Commission anti-corruption. En ce qui concerne la loi qui a été votée par le gouvernement au début de 2007, il ne prend en compte que les emprunts fait à partir de sa promulgation, c'est-à-dire mars 2007. Mais le gouvernement n’a apporté aucune solution pour les centaines de Mauriciens qui ont été victimes avant cette date.

Êtes-vous satisfait de la manière dont les choses se passent?

Je dois reconnaître la bonne volonté dont a fait preuve l’Etat en créant un fond de Rs 100m pour venir en aide aux victimes. Je sais qu’un certain nombre de personnes a reçu des lettres d’intention du board qui gère le fond mais, depuis, nous n’avons rien entendu en ce sens. On ne sait pas si les personnes en question ont reçu leur argent et combien a été déboursé à ce jour. Il y a un manque de transparence.

Qu’avez-vous fait pour alléger la situation?

Nous avons l’impression qu’on essaye de nous tenir à l’écart de tout ce qui se passe par rapport à ce dossier. Il y a d’abord le gouvernement lui-même qui politise cette affaire et puis je pense qu’il y un fort lobby de la part de la mafia autour du Sale by Levy pour nous éloigner du dossier. D’autre part, nous ne savons pas à ce jour où en sont les enquêtes de la police et de la Commission anti-corruption suite aux dépositions que nous avons fait. C’est inacceptable que trois ans après les premières dépositions, il n’y a aucune affaire qui n’a été portée devant une Cour de justice.

Quelles sont les solutions que propose votre association pour résoudre ces problèmes?

D’abord, je pense que la justice doit prendre en considération les rapports écrits par l’expert-comptable, Gaëtan De Chazal au nom de l’association. Ces rapports font état des malversations et autres maldonnes surtout au niveau de la comptabilisation des interêts que les banques réclament à nos membres. Deuxièmement, les victimes vivent dans l’urgence, surtout les petits emprunteurs. Il faut que les enquêtes, que ce soit au niveau de la police où de l’ICAC, soient diligentées. Il faut aussi que le système judicaire active ses procédures et rende justice dans les plus brefs délais. Ensuite, il faut que le gouvernement nous laisse siéger sur le board qui gère le fond d’aides aux victimes. Nous luttons depuis des nombreuses années et nous connaissons bien ce dossier et même mieux que les bureaucrates. Ce serait un plus que les gens qui maîtrisent le dossier puissent faire partie du board.


 

    
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