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Par:-  Rabin Bhujun

On 14/08/2011

Nous avons le choix. Celui de regarder le cinéma de Paul Bérenger et de Pravind Jugnauth sans broncher. Ou alors tenter une critique constructive de la pièce tragi-comique qu’ils nous jouent depuis samedi dernier. Drapés dans leurs costumes d’hommes d’Etat et emportés par leur jeu d’acteurs, les patrons du MMM et du MSM ne doivent pas feindre l’ignorance.


Jugnauth et surtout Bérenger ne peuvent méconnaître le fonctionnement de notre système politique ni celui de Navin Ramgoolam. Le Premier ministre aime être en contrôle des événements. Or, depuis samedi dernier, Bérenger a imposé le sujet et le timing des  discussions aux autres chefs politiques. En temps normal, ce serait le plus sûr moyen d’amener Ramgoolam à s’arc-bouter car il déteste donner l’impression de se faire dicter sa conduite…


Mais cette fois-ci, quelque chose est différent. Ramgoolam semble être dans de très bonnes dispositions pour discuter de la réforme électorale. Ce vendredi, il s’est d’ailleurs longuement entretenu avec Rama Sithanen puis Jayen Cuttaree à ce sujet. Paul Bérenger se doit de prendre acte. S’il veut faire aboutir la réforme, la logique voudrait qu’il s’assure du soutien et de la
compréhension de celui le plus à même de l’aider dans sa tâche.


Si Navin Ramgoolam consent à faire voter sa majorité de 36 députés avec les 19 MMM du Parlement, n’importe quelle réforme – dont celle de notre mode de scrutin – est réalisable. Pourtant, le patron des mauves perd son temps en palabres avec son ancien « ti-frer ». Le MSM s’était montré critique envers les recommandations de la Commission Sachs et du Select Committee présidé par Ivan Collendavelloo en 2004. Tandis que le MMM et le Parti travailliste parlaient d’une seule voix en leur faveur. Lundi, Collendavelloo l’a rappelé sur Radio One. Il a clairement affirmé que le temps n’est plus à la discussion mais à l’action.

Le principe de la réforme électorale et ses aspects les plus importants ne font l’objet d’aucune divergence fondamentale entre les deux partis politiques susceptibles de la concrétiser. Toutefois, quelques questions devront être tranchées si la formule consensuelle d’une dose de proportionnelle s’adjoint à notre système actuel de vote first past the post (FPTP).


Pour que le projet de réforme atteigne sa phase cruciale, deux hommes doivent prendre leurs responsabilités. Ramgoolam doit maîtriser sa peur de froisser certaines minorités. Pendant que Bérenger abandonne (temporairement ?) son obsession par rapport aux « réalités » politiques du pays. Les deux hommes peuvent entrer dans l’Histoire en arrivant à un consensus sur un sujet : la manière dont le scrutin proportionnel sera utilisé pour corriger les déséquilibres de notre système électoral. Notamment la sous-représentation des femmes et des minorités ethniques au Parlement.


Paradoxalement, Ramgoolam et Bérenger ont là l’occasion inouïe de tordre le cou à un mythe. Celui qui veut que seul un système de quotas basique peut améliorer la présence des femmes à l’Assemblée nationale. Et qui prétend également que le Best Loser System (BLS) est l’unique moyen de corriger la sous-représentation des minorités dans notre système
politique. Faux ! De nombreuses simulations ont démontré que non seulement le BLS est parfaitement assimilable et soluble dans un scrutin avec une dose de proportionnelle, mais ce type de vote permet en fait une meilleure représentation des minorités et des femmes au Parlement.


Le système qui permet l’élection d’une partie de nos députés à l’aide d’un scrutin de liste (party list) national repose toutefois sur le progressisme et l’ouverture d’esprit de nos principaux chefs politiques. Car dans le nouveau schéma, ils détermineront personnellement la place qu’occuperont les femmes et les minorités ethniques sur leurs listes. Ce qui permettra d’ailleurs aux Mauriciens de juger sur pièce leur attachement à augmenter la représentation au Parlement de certaines catégories de citoyens.


Accessoirement, resteront d’autres questions. Faut-il élire 20 ou 30 députés à la proportionnelle ? Et ainsi potentiellement faire passer le ratio député/population à un pour 13 000 habitants à Maurice, avec un Parlement de 100 membres. Quand ce même ratio est d’un pour 2,15 millions d’habitants au Lok Sabha indien ou d’un pour 96 459 à la House of Commons britannique. Il y a un prix à payer pour que notre système électoral soit enfin plus juste et représentatif.


Durant sa conférence de presse d’hier, Navin Ramgoolam est apparu comme étant parfaitement conscient de l’importance d’entamer, enfin, cette réforme cruciale. Paul Bérenger s’est, lui, déjà fait pèlerin de la cause. Messieurs, pour une fois le pays veut croire en vous. Gare à ne pas décevoir 1,3 million de Mauriciens


Commentaires

Par Emiliano Z
Aug 15, 2011
A sak fwa ki zot kass leker militant, detrwa parmi kitter - jamais pou retourner. Alor, en dernier, rester zis roderr boute. Sagrinan mais vrai.
Par Tryptophan
Aug 15, 2011
Ladies and gentlemen, sorry to bother you further, but I missed a crucial point in my previous post : any reform of the electoral system should also ABOLISH the current untenable provision of PARLIAMENTARY PENSIONS. Do you realise that people who have served at least in two consecutive parliaments are still "receiving" parliamentary pensions? And when they die their offsprings continue to cash the sum! What a farce? Why none of our political leaders talk about abolishing this ludicrous arrangement? I say, we say: ABOLISH PARLIAMENTARY PENSIONS. A state pension should be enough for the parliamentarians just as it is enough for the rest of the population!
Par MBCTV
Aug 14, 2011
Points well made and enunciated byTryptophan.One would wish though,that our national television would organise a number of programmes,with the aim of enhancing the debate about the 'proposed' electoral and constitutional reforms.The programmes will of course allow le 'citoyen/la citoyenne simple' to come over and put his/her point of view freely.From their point of view political parties as well as newspapers /radio stations could organise meetings debates across the country,with a view to better gauge the general public's point of view on the 'proposed' reforms.Singfat Chu's comments appear to be a little bit complicated.For example he/she does not say whether his /her '60 seats' scenario is an all male or all female party grabbing the 60seats...or indeed .a majority of men or women makes up the 60 seats won!Still what about if the reform insists upon a minimum 33 per cent of candidates, aligned by political parties must be females?Above all should the proposed electoral reform still cater for the so called minorities?Should ethnic politics be the backbone of the proposed electoral reform?What about reducing the number of 'first past the post' seats to 40,that is 2 elected members per constituency via the 'first the post'contest?The next fifteen elected members chosen through the PR system and a final eight focussed on independent candidates who have failed to make it through either 'first past the post'system or PR.Still it appears that the spectre of ethnic politics,does overshadow what ever formula is proposed...unless people opt for a parliament elected solely through meritocracy!Vote candidate,not party?
Par DANTON (VERITAS)
Aug 14, 2011
Chronique d’une réforme annoncée et maintes fois repoussée. A-t-on vraiment cette volonté semble-t-il pour y parvenir enfin! Une réforme de cette nature se doit être franche et sans équivoque. Les différentes gesticulations de nos politiques ne pèsent pas bien lourd. Il faut soumettre cette question cruciale par voie référendaire. Pourquoi ! Pendant trop longtemps, il y a eu de manière consciente ou inconsciente cette manie qui consistait à répandre de la poudre aux yeux des électeurs. Depuis toujours l’opposition crie au scandale pour s’être fait floué par le système électoral. Il est temps d’en finir une bonne fois pour toute avec cette hypocrisie instrumentalisée. Mais au-delà de cette agitation de pure forme, il y a une réforme qui tarde à faire son apparition. C’est la réforme de notre société et notamment la question cruciale de la pauvreté dans ce pays. Le Ministre concerné a changé d’affection et les grandes promesses électorales dans ce domaine semblent s’éloigner. Notre pays aspire à une stabilité politique et sociale en lieu et place de cette cacophonie. Il est par conséquent toujours temps d’y croire ....mais pas trop longtemps ....
Par Lélio Wong
Aug 14, 2011
J'espère, entretemps j'ai la nausée ! Un méli-mélo politique indigeste.
Par Tryptophan
Aug 14, 2011
We must not be satisfied with a reform that does not change nothing on the ground. We must not be satisfied with a reform that does not transfer power (political power) to the people. We should not fall for the myth that governance is only about general elections. How about local government? We need to see proposals in an electoral reform which contains, at least, the following: (i) safeguards against PRE_ELECTORAL arrangements ( which normally have the effect of counteracting the very aim of universal suffrage, ), (ii) procedures for decentralisation of power, which would necessitate a reform of local governance as well, (iii) the involvement of impartial people ( such as judges) , representatives of organisations ( workers unions, women’s groups, religious groups, etc) for a consensus in the matter, and (iv) that the proposal be put forward for a referendum (for approval or rejection) by the populace. It would be madness and suicide to allow Berenger, Jugnauth and Ramgoolam free ride in this matter. The electorate does not question the perversity of an electoral system reformed, “taille sur mesure” , to the convenience of the current main parties and leaders, at its own peril. We must object to the fact that the very people who have brought us to this abyss be now qualify as our saviours, i.e the supposed reformers of a “corrupting electoral system on which they thrive”. It is not going to work for us. Now, as never before, the populace should confront their common enemy: the political class.
Par MBCTV
Aug 14, 2011
Indeed this is no time to suffer from memory trouble or to feign suffering from memory trouble! No room for clumsiness either!Ramgoolam has no right to let the people down ,one more time,in terms of electoral reform!
Par MaaKali
Aug 14, 2011
la tou pe koz reform elektoral mem.sa mem dyalog ki pe fer letour tou parti. navin pe koz ar pol, pravin pe koz ar pol. be san praavin, pol ek navin byensir kapav fer 2yem repiblik passer. be pravin ankor zanfan tann. li pe koz reform akoz samem koze di zour. sa pe less li gayn dyalog ar pol. pol pe pran plezir ek so navin ek pravin tou. li pe gard pravin pou letan dir kan eleksyon vini. me pou le moman li pe get navin. si nou tou get nou system.nou dakor bizin ena sanzman. me constitisyon oussi bizin revwar pa sel man al reform elektoral. bizin ena system pou ki lepep gard pouvwar dan solamin mem apre eleksyon. bizin gayn drwa revok enn depite mem enn premye minis tou. kar apre eleksyon tou vinn to boss ek mars lo to ledo
Par jacky
Aug 14, 2011
Je veux croire qu'il n'y aura aucune alliance aux prochaines legislatives et que ce sera une joute a trois, reforme ou pas. Toutefois avec une majorité etriquée Ramgoolam n'a pas les cartes en main et encore moins du temps afin de jouer les desirables ou matadors et faire attendre Berenger qui lui par contre jouera jusqu'a sa dernière carte, celle d'une demmission en bloc du MMM. Quant a Pravind, peu importe les cas de figures, il essaie et tentera de survivre après cette debacle fatale du MSM. Democratiquement et politiquement je veux croire que le pays sortira gagnant.
Par bassodev
Aug 14, 2011
ton bhujun,, si ene reforme electorale juste passer dans parlement,,, la terre pou vine plate ,,, faudrer etre tres naif pou croire sa ,,, pe servi sa pou detourme lattention lors corruption,, renvoi election municipales stc betamax
Par Singfat Chu
Aug 14, 2011
Here's another counter-example on the PR "myth" bringing more women / minorities in our National Assembly. L'alliance de l'Avenir garnered 49.7% of the votes and 41 FPTP seats versus 42% and 18 FPTP seats for l'Alliance du Coeur. If 20 PR seats were available for allocation, l'Alliance de l'Avenir would have obtained only 2 of them with the remaining 18 going to l'Alliance du Coeur. I wonder if there would any women or minorities among those 2 elected from the Party List of the winning l'Alliance de l'avenir. Rather, the women / minorities would have come from the Party List of l'alliance du Coeur. I believe the people of Mauritius want more women and minorities in the government (or at least within the majority backbenchers) to influence policies rather than criticising as Opposition members.
Par Voodoo
Aug 14, 2011
Il semble que votre caricaturiste soit beaucoup plus perspicace a propos du leurre "reforme electorale"!
Par Singfat Chu
Aug 14, 2011
First, let me say that I am totally in favour of a more equitable alignment of seat percentages with vote percentages. A dose of PR is one solution but it is NOT true to say that it will also bring in more women and / or minorities in our National Assembly. Suppose a winning party attracts 51% (or less) of the votes but wins (to keep the picture simple) all 60 constituency seats. Assume there are 20 PR seats to be allocated. With a total of 60+20=80 overall seats, that winning party's equitable share of the seats under a dose of PR should have been 0.51*80 or about 41 seats. Since, it has already won 60 seats, it will then NOT be entitled to any of the 20 PR seats. These will be allocated to the losing parties. In particular, no-one especially women or minorities, from the winning part's Party list will be selected. In short, the Party List will not add more women or minorities to the government apart from those elected in the constituencies. This myth of PR must be debunked: the clearest way for women and minorities to enter the National Assembly and more critically the government is to get elected directly in constituencies. For this, legislation may have to be voted to ensure say at least 1 woman or minority among the 3 party candidates in each constituency. I concur some women and minorities will be selected from the Party List of the losing parties. Again consider, the 60-0 scenario in which case the losing parties share the 20 PR seats. How many of these will be women / minorities especially if there are several losing parties entitled to PR seats? Worse, can they influence policies? The only way to have an "arc-en-ciel" equitable representation of women / minorities etc. is to forgo constituencies and to vote national party lists. But this is most unlikely in our "divide and conquer" political culture.
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