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Kalyan Banerjee : «Nous voulons éradiquer la polio sur le continent»
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  |  08/11/2011


Le Président de Rotary International (RI) pour l’année 2011-2012 nous parle des actions sociales entreprises par les différents clubs à travers le monde et la philosophie rotarienne dans son ensemble.

 

 
Vous êtes à Maurice dans le cadre du «Rotary Institute» (NdlR : qui s’est  tenu la semaine dernière). Pourriez-vous nous en dire plus ?

C’est une rencontre des responsables rotariens, essentiellement les District Governors, pour la zone Afrique. Ils sont environ 200 membres, issus de 47 pays, à s’être déplacés pour l’occasion. Le Rotary Institute est un événement annuel, durant lequel on définit l’orientation du Rotary pour l’année à venir. Nous discutons de ce qui est nouveau dans l’organisation tout en assurant une certaine continuité et en raffermissant les relations entre les différents pays membres.

Comment se décline votre calendrier à Maurice ?

Pendant mon séjour (NdlR : du 3 au 6 novembre), je rencontrerai plusieurs personnalités locales, dont le président de la République, car l’un des principes qu’observe RI est l’inclusion des autorités gouvernementales et d’autres organisations dans son action, ce que nous ne faisions pas par le passé. Cela permet, entre autres, le partage de savoir-faire. La partie de mon programme qui me tient cependant le plus à cœur est la session consacrée à l’initiative Reach Out To Africa. On a toujours perçu l’Afrique comme un tout, et non comme un ensemble de pays, avec des langues et des problèmes spécifiques. On donne toujours des fonds à l’Afrique, mais les Africains sont aussi capables d’agir par eux-mêmes. Le Rotary veut, à travers cette initiative, susciter davantage de participation, d’actions concertées sur le continent lui-même.

L’un des principaux chevaux de bataille de RI reste la lutte contre la poliomyélite (polio). Pourquoi cette maladie en particulier ?

Dans les années 70, nous avons collaboré avec une société pharmaceutique qui mettait à notre disposition le vaccin contre la polio. RI l’a utilisé pour contrôler la polio aux Philippines. La prochaine étape a été de voir plus grand, à savoir de contrôler cette maladie à l’échelle globale. Nous voudrions en faire la deuxième maladie, après la variole, à avoir été éradiquée par l’homme. Nous sommes sur la bonne voie.

Vous avez fait partie, et même dirigé, plusieurs comités rotariens, en Inde et sur le plan international, qui avaient pour vocation cette même lutte contre la polio. Où en est la situation dans le monde ?

En Inde et au Nigéria, nous avons presque atteint notre but, qui est l’éradication totale de la polio. Par contre, ce n’est pas encore le cas dans quelque 196 autres pays. Nous travaillons de concert avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour vaincre les poches de résistance, soit les pays qui n’ont toujours pas mis en place des programmes pour l’éradication de cette maladie.

La polio n’est pas le seul axe de l’action du Rotary…

Nous militons également pour la paix dans le monde. A ce titre, RI est sans doute le donateur le plus important au monde, en matière de bourses pour les études y ayant trait. Nous collaborons également avec l’Organisation des Nations unies (ONU) en vue de l’accomplissement des Objectifs du millénaire pour le développement. Le Rotary milite en outre pour l’accès aux populations, d’Afrique entre autres, à l’eau potable, à l’éducation, aux soins pour les enfants et pour les mères.

En 106 ans d’existence, les objectifs du Rotary ont-ils changé et comment l’organisation elle-même est-elle perçue ?

Ils sont toujours les mêmes, à savoir de créer des liens entre différentes parties du monde et d’encourager l’éthique dans divers secteurs, dont le monde des affaires. Nous recherchons toujours les meilleurs membres de la communauté, présentant des vocations variées. En ce qui concerne l’organisation, nous continuons à grandir, contrairement à d’autres initiatives similaires.

Il y a cette perception que le Rotary est un club sélect, voire réservé aux riches. Etes-vous conscient de cela et est-ce justifié ?

Il est vrai que cette perception existe. Mais dans la pratique, ce n’est pas le cas. Nous acceptons tous les professionnels car notre but est de favoriser un certain networking. Et quand je parle des meilleurs membres de la communauté, je ne parle pas de ceux issus de l’élite, mais surtout ceux qui peuvent donner de leur temps et de leurs ressources pour tisser ce réseau. Nous acceptons les femmes comme membres depuis 30 ans maintenant. Le Rotary est présent essentiellement dans les pays où les quatre libertés fondamentales de l’homme (de parole, de religion, de vivre à l’abri du besoin et de la peur) sont observées.

Les jeunes arrivent-ils à se situer dans ce que vous dites ?

De nos jours, nous avons la chance d’avoir une jeunesse idéaliste et dévouée, qui trouve du temps pour aider les autres. De notre côté, nous voulons leur offrir l’occasion de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes valeurs qu’eux, à travers le réseau du Rotary. En échange, ils transmettent les valeurs de l’organisation, parmi lesquelles figurent l’honnêteté et la sincérité.

Pendant votre année de présidence, quels seront les projets qui vous occuperont le plus ?

Etre président est un honneur, mais aussi une grande responsabilité, avec 1,2 million de membres répartis dans 34 000 clubs, dans 200 pays. L’essentiel de mon mandat consistera à conforter l’image de l’organisation auprès du public et à encourager le raffermissement des liens entre les membres et le pays.

Entretien réalisé par Ludovic AGATHE

    
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