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Patricia Adèle-Félicité : «Nous avons retrouvé notre ministre de l’Intégration sociale »
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Propos recueillis par Estelle Bastien   |  06/11/2011

La secrétaire général de Caritas Ile Maurice Patricia Adèle-Félicité est satisfaite du budget présenté par le ministre des Finances, le 4 novembre dernier. Elle affirme qu’elle a retrouvé en Xavier-Luc Duval, le ministre de l’Intégration sociale.

Quelles sont les points forts que vous retenez du premier exercice de Xavier-Luc Duval ?

S’il y a bien une chose qu’il faut que j’avoue c’est que le social a été bien couvert. Nous avons retrouvé notre ministre de l’Intégration sociale. Par exemple, le plan de logement pour les plus démunis fait partie des propositions que nous avions faites.

Tout est donc parfait dans ce budget...

Non, bien sûr qu’il y a des choses à revoir. Il y a une politique de camoufler les problèmes au lieu de les éradiquer. Proposer des formations aux jeunes, c’est très bien. Mais pour ceux qui n’ont pas le niveau, il faudrait avoir une attention spéciale. Il faut se mettre à leur niveau. Et puis, nous n’avons toujours pas entendu parler de salaire minimal.

Le ministre Duval a ajouté une priorité dans les CSR Guidelines. Il s’agit là d’une mesure pour financer les campagnes de sensibilisation contre les maladies non-transmissibles. Qu’en pensez-vous ?

C’est une très bonne chose parce que la maladie est souvent à l’origine de la pauvreté. C’est un facteur non-négligeable. Encore une fois la sensibilisation doit toucher toutes les couches sociales. Mais c’est une belle initiative !


L’une des priorités de Caritas est d’éradiquer la pauvreté. Quels sont les plus grands défis que rencontrent les ONG dans leur combat pour aider les plus vulnérables de la société ?

Caritas fait partie du collectif d’ONG parce que, justement notre plus grande difficulté est de récolter du financement. Au lieu d’accomplir notre mission, il nous faut, sans arrêt, chercher des parrains pour les projets. Il y a des initiatives qui sont en chantier depuis plus d’une trentaine d’années. Les ONG ne sont pas des entreprises nous agissons avec le cœur, même si des fois certaines personnes utilisent ce créneau pour servir leur propres intérêts. Ce qui est regrettable !

Mais le gouvernement a justement mis en place le CSR Fund pour aider les ONG à trouver du financement. Qu’est qui ne marche pas ?

Nous sommes parfaitement d’accord avec les secteurs prioritaires ciblés par le gouvernement, notamment l’éradication de la pauvreté, le logement social et l’éducation des plus vulnérables. Toutefois, nous remarquons qu’à chaque fois qu’un projet est soumis, une série de critères s’enchaînent. Par exemple, pour avoir le droit d’avoir un toit, on peut vous demander un dépôt de Rs 50 000 mais les gens pauvres n’ont pas cet argent. Dans ce cas, même les pauvres sont catégorisés. Parfois, il suffit qu’une famille dépasse de Rs 100 le barème fixé pour bénéficier d’une aide qu’elle n’est plus éligible. Chez Caritas, nous sommes pour le « Mixability ». Mélanger les degrés de pauvreté peut être positif et aider les plus faibles à suivre les moins vulnérables pour s’en sortir. Il faut être réaliste et mettre des critères à la portée des plus vulnérables. C’est pour eux que nous existons.

En tant que secrétaire générale de l’association, quel est votre constat du niveau de pauvreté à Maurice ?

La pauvreté a changé de visage. Il y a encore ces gens qui vivent sans eau et sans lumière et ceux qui deviennent de plus en plus pauvres. Et puis il y a ceux qui ne sont peut-être pas pauvres financièrement mais qui ne peuvent pas lire et écrire. Mais il faut dire qu’à Maurice, nous avons la possibilité de faire bouger les choses. J’ai vu d’autres pays tels que Madagascar ou les Philippines où la pauvreté est immense et où on se demande par où commencer. Sauf que nous avons des acteurs qui veulent aider mais il y a trop de limites. Le gouvernement tente d’étatiser le social. Les bénévoles n’ont plus d’espace pour travailler. Mais je ne dis pas qu’il ne faut pas rendre compte de ce que nous faisons avec l’argent. Il faut être transparent. Mais il y a une certaine lenteur administrative qui s’est installée depuis que ces CSR Guidelines existent.

Nous assistons à l’émergence de nombreux centres commerciaux et à la création des résidences IRS un peu partout dans l’île. Que pensez-vous de cette posture qui pousse les gens à consommer davantage et donc à dépenser plus ?

La société de consommation fait que les gens ne réfléchissent plus à leurs priorités. Dans ces centres commerciaux nous retrouvons les mêmes enseignes, les mêmes prix. Les gens font de folles dépenses pour se rendre à ces centres commerciaux. D’où l’importance de faire des cours de Lifeskill Management, comme nous le faisons chez Caritas. Nous apprenons aux gens comment bien dépenser leur argent. C’est la même chose pour le loto. Ils veulent avoir une vie facile immédiatement mais à quel prix ?

Il faut le reconnaître que ce secteur contribue à la création d’emploi. Que pensez-vous des postes qui sont créés ?

Il y a la création d’emploi mais dans des cas pareils, il ne suffit pas de construire des centres commerciaux immenses ou des résidences IRS et de dire qu’il y a des postes vacants. Pour que les plus vulnérables puissent bénéficier de ces avantages, il y a tout un travail de remise à niveau à faire. Ils n’ont pas confiance en eux, il y a le problème de la stigmatisation et c’est dur de leur redonner confiance. Des fois, certaines personnes pensent que les pauvres sont paresseux mais ce n’est pas forcément le cas. Ils ne se croient même pas capables d’évoluer dans cet univers. Il ne suffit pas de construire quatre murs en béton et de placer l’être humain, il faut savoir ce qu’ils veulent et les aider à progresser.

    

Commentaires

Par:-zoro
Fortunately ,he is doing his work well,
Par:-Pilchard
I just want to tell this lady that once a minister is paid for his job then he is supposed to deliver the goods as every working citizen of this country... and there is no need to call him "notre ministre" . Sometimes people act as if ministers are volunteers doing social workd they must be praised to do their job but THEY ARE THERE TO JUST "DO IT and DO IT WELL"
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