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Cassam Uteem: «Beaucoup d’institutions ne fonctionnent pas comme il le faut»
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La Rédaction  |  11/03/2009

L’ancien président de la République analyse le parcours réalisé par Maurice alors que nous célébrons la Fête nationale.

Que représente pour vous le 41e anniversaire de l’indépendance de notre pays et le 17e anniversaire de son accession au statut de République?

C'est un grand moment pour le pays et pour le peuple mauricien. Un moment de joie pour célébrer la liberté et la dignité reconquises, avec une pensée toute spéciale pour ceux et celles qui ont œuvré pour nous les obtenir, certains au prix de nombreux  sacrifices personnels. C'est aussi un moment de réflexions sur le chemin déjà parcouru, sur celui que nous empruntons aujourd'hui et sur les options qui s'offrent à nous pour la construction d'un avenir toujours meilleur, malgré la crise financière globale, malgré la crise alimentaire dans le monde et malgré les dégâts, dans certains cas irréversibles, causés par le réchauffement de notre planète.

Nous avons la chance de vivre dans un pays  démocratique -  le prix Nobel de l’Economie Amartya Sen disait qu’en démocratie les gens ne meurent pas de faim ou de la famine – pays, ou les libertés fondamentales et les droits de l'Homme sont respectés, malgré les quelques tentations totalitaires qui apparaissent de temps en temps mais qui sont vite maitrisées. L'Histoire a fait de notre pays un lieu de rencontres, riche en couleurs et en cultures.

On ne cesse pour autant d’affirmer que le tissu social mauricien est fragile…

En effet, la fragilité du tissu social fait que, du jour au lendemain, l’île peut devenir un enfer si nous ne sommes pas vigilants. Le 12 mars 1968, au moment ou nous devions célébrer avec faste notre accession à l'indépendance, il régnait à Maurice l'Etat d'Urgence, régime exceptionnel caractérisé par la suspension des provisions de la Constitution, notamment celles ayant trait aux libertés fondamentales et aux droits humains. Un couvre-feu était en vigueur à Port Louis de 18 heures à 6 heures, durée pendant laquelle personne n'était autorisé à sortir de son domicile ou à circuler sur les routes. Sauf ceux détenant un permis spécial délivré parcimonieusement et après enquêtes serrées, avec sur notre sol la présence des soldats britanniques appelés d'urgence pour rétablir la paix et maintenir l'ordre et la sécurité.

La cérémonie du drapeau, qui symbolise le passage d'un Etat de colonie à un Etat souverain, eut lieu à Port Louis, au Champ de Mars à midi au lieu de minuit comme se voulait jusque-là la tradition pour les pays, qui libérées du joug colonial, accédaient à l'indépendance.

Un mois plus tôt, au début de février 1968, suite à une altercation sur fond politico-communal qui dégénéra très rapidement en bataille rangée entre clans rivaux, des émeutes éclatèrent dans une banlieue portlouisienne pour se propager très rapidement dans toute la capitale. En moins de 72 heures, on eut à déplorer des dizaines de morts, des centaines de blessés et d'innombrables maisons incendiées. L'exode des familles vers des quartiers plus hospitaliers vit le déplacement de plusieurs dizaines de milliers de personnes, laissant derrière elles mobiliers et autres objets personnels, qu'elles ne devaient jamais récupérer. Un climat de haine s'était installé entre les protagonistes des deux communautés concernées, qui avaient pourtant toujours vécu en bonne entente.

C'est dans une telle ambiance, lourde et pesante, faite de crainte et de méfiance, que se déroula devant une petite foule d'indépendantistes la cérémonie protocolaire quand pour la première fois, notre drapeau quadricolore fut hissé au haut du mat.

31 ans plus tard, presque jour pour jour, en février 1999, le pays accédait au statut de République. Il s'apprêtait à célébrer son 8e anniversaire lorsque survint la mort, mystérieuse et non élucidée jusqu'ici, du grand chanteur seggae Kaya, détenu en cellule policière. Des émeutes devaient éclater dans différentes parties de l'ile mais heureusement que l'escalade de la violence fut de courte durée car on réussit à la stopper à temps. Autrement, le pays aurait vécu un autre épisode de 1968.

Ce bref rappel historique démontre la fragilité du tissu social mais il sert surtout à nous rappeler qu’il faut continuellement identifier les moyens à mettre en œuvre pour éviter les conflits intercommunautaires et les dérives communautaristes.

Vous avez une idée sur les moyens à mettre en œuvre en ce sens?

On doit sans cesse apprendre et réapprendre aux Mauriciens les vertus de la tolérance et du respect mutuel qui caractérisent notre manière de vivre mauricienne. Cette tolérance implique l'ouverture, le dialogue, la connaissance et le respect de l'autre. A Maurice, chacun a toujours pratiqué sa foi librement tout en respectant celle des autres. Chacun a toujours eu droit à son opinion tout en respectant celle des autres. Chacun a toujours été libre de suivre l'enseignement de son choix- public ou  privé- en respectant le choix des autres. Il faut toujours se rappeler que notre liberté s’arrête là où commence celle de notre prochain, notre voisin.

C'est ainsi que nous devons continuer à évoluer en tant que nation qui est notre vouloir vivre-ensemble, comme le disait Ernest Renan, dans le respect réciproque, sans condescendance, sans tentative d'assimilation ou d'exclusion: «Une nation est une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé elle se résume (pourtant) dans le présent par  un fait tangible: le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune.»

Ce désir de vivre ensemble prend appui sur un certain nombre d’éléments. Dont l’existence de modèles, le fonctionnement des institutions, l’identification à des valeurs et pratiques communes… Avez-vous l’impression que nous jouons le jeu à ce niveau?

Il est qu’aujourd’hui, des institutions comme la famille et l’école courent le risque d’être des échecs. J’entends souvent parler de l’égoïsme des jeunes. Jusqu’à un certain point, cela peut être vrai. Mais il ne faut pas généraliser. La question qu’il faut se poser est de savoir pourquoi on en est arrivé là?

J’estime qu’on en soit là parce que, dans la plupart des cas, les principales institutions de notre pays ne fonctionnent pas comme il le faut, ont cessé de jouer leur rôle et n’assument pas leur responsabilité convenablement. Lorsque la famille, l’école, les lieux de culte, le politique et nos dirigeants se dérobent à leur responsabilité, les conséquences sont prévisibles. Et c’est ce que nous témoignons aujourd’hui. La famille ne garantit plus la sécurité, l’affection, l’amour et la protection qu’elle avait coutume d’assurer. Notre système éducatif encourage l’apprentissage machinal et met l’accent sur l’obtention d’un diplôme, ignorant de surcroît le civisme et une éducation basée sur des valeurs. Dans ce processus, nos jeunes deviennent égoïstes et des individus sans âmes. Si les choses ne changent pas, la situation pourrait devenir irréversible.

    

Commentaires

Par:-Roks
well said smilestone..
Par:-smilestone
Most of the comments following this interview gives us an idea how communalist people still are in Mauritius. I, for one, believe that it's high time that we leave behind all these bad souvenirs of the past and look forward towards making Mauritius a better place to live for one and all. Cassam Uteem looks in this direction and I am proud of him. I maintain that Cassam can stand as candidate next general election in any constituency and will get elected. Mauritians are better and less communal that most of those voicing their opinion here.
Par:-Noman
Les commentaires comme ceux d'Ajay sont affligeants. Il n'y a rien d'anormal à ce qu'un ancien président de la république gagne correctement sa vie. C'est en portant de telles accusations qu'on encourage la mentalité qui consiste à faire de la politique pour faire du business. C'est facile de taper sur les personnalités les plus visibles alors que d'autres agissent en pompe à fric en toute sérénité. Merci à Cassam Uteem pour ce discours de paix, si rare de la part des politiques. En tous cas si rarement sincère.
Par:-Jean Noel
Why haven't thIs guy signed the anti-terrorism law? It was something in the interest of the country. Why was he talking a different language when the azzan issues was tearing the peace in Mauritius. He is a guy in Mauritian Interest. He is like the other political leaders , try to keep his electorate in Plaine Verte. I don't trust this guy. I better trust the more rough but frank Jugnaut.
Par:-Satish
M cassam parle trop pour un politicien. je me demande comment il ose parler des institutions qui marche pas comme il faut quand lui meme a ete parmi ceux qui ont bafoue ces institution pour s'approprier de pouvoir politique. quand plusieur fois il s'est montrer sectaire et communale. M cassam sachez que tous les politiciens sont des chiens et resteront des chiens.
Par:-Zozo Conde
We are all a bunch of hypocrites and the environment we live in is poisoned and corrupted. Our attitude is "to use" and "to abuse".
Par:-ajay
1.cassam to mo ena respect pou toi comme un homme. 2.comme politicien as tere to pe presse anti comulaliste......repond qui faire to tout le temp fine pose to candidature a plaines verte expliquer. 3.vrai ou faux un jour to ti pe sorti lambasade lalibi dire nous combien cash to fine gaigner avec politique come depite et come ministe ek compensation come president, ek to pension? conclusion si nou tout ti gaingne cash couma toi, be nou ti capave asise dans nous la case ek cose grand grand cosee.
Par:-Scie Nik
Des paroles touchantes et profondes. Un message fort, un desir de vivre ensemble en hamonie et surtout dans le RESPECT d'autrui Helas M Uteem, si vous pouviez juste nous expliquer pourquoi ce respect ne s'applique pas a ces nombreux vendeurs de CD pirates, jeans et autres T shirts de collection qui copient IMPUNEMENT sans aucune pitie pour la CREATIVITE de leur prochain?
Par:-JAH QUEST
Un grand mauricien -" de foi hindoue"- m'a raconte que pendant que bonhomme ramgoolam pe negocier lindependance ecque anglais li ti oussi pe negocier passeport britannique pou tou so clans. C'est pour sa que toute sa famille a un passeport britannique....Si c'est vrai.......Comprenne qui pourra.
Par:-S.M. Malleck Amode
Reponse A Sylvain J et Jincy Dolo Vous parlez de 'communaute', chers compatriotes, apres 41 ans d'independance? Soyez fiers d'etre Mauriciens. Sinon vous pourriez etre Malgaches, ou Ivoiriens, ou Angolais ou des citoyens de la Guinee Equatoriale, et donner raison a ceux qui affirment que 'nous' ne pouvons rien faire sans eux, meme si ce sont les fils-a-papa/maman, Jean-Christophe Mitterana et Mark Thatcher qui ont voulu piller les ressources petrolieres de ces pays.
Par:-Jincy Dolo
A lot has been said in the name of "Liberte" but not always the truch. The same Uteem will stand on a certain community side when the heat is on. Like war in the middle east..Or the Azzan high speaker saga in Quatre Bornes .A qui profite le crime de L'independance.?
Par:-S.M. Malleck Amode
Hands up those who are heads of really united families and extended families and " garanti[ssent] la sécurité, l’affection, l’amour et la protection " of their children! None? Come on, there must be many of you! I know I warned you I warned you to be truthful to yourselves, otherwise all hands would have gone up. But, even if you are strictly true to yourselves, there must be many of you who satisfy the criterion! Still no one?
Par:-Sylvain J
Jesalue ce Cassam Uteem, homme de principe, mauriciens . Il aurait quand meme pu expliquer la decadence, le communaliste, le casteiste, le vol des biens d'une communaute', les impots imposer en detriment d'une communaute', la deception qui fait que Rodrigues, St Brandon, Agalega, Diedo Garcians ne compte pas au resources mauriciennes. Lesesources public pour la Communaute' qui a vole' le identite' et les valeurs de mon Ile en pretendant L'Independence pou pour la vanite' d'une decalration de Republic tandis que le citoyens n'ont plus de securite' . Pour ceux qui souffre de la faim , de manque d'abrit,, j'ai rien aujourdhu'i a celebrer. Le mauricianisme a ete tue' pour leur vanite'.
Par:-Moh@m
Independence was in fact a mistake. Until now and today it has proved to be serving only the interests of a "poignée" de personnes regroupées en dynastie...malheureusement
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