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Par:-  Raj Meetarbhan

On 13/07/2011

Ce n’est pas juste de régler nos problèmes identitaires ou linguistiques sur le dos des écoliers. Pourtant, dans le débat autour de l’introduction des langues maternelles à l’école, les arguments qui sont avancés de part et d’autre tiennent à des raisons qui relèvent de tout sauf de la pédagogie.

Définir une politique éducative en matière de langues est un exercice très sensible. Personne ne conteste cela. Mais le problème est grave quand l’intérêt des enfants ne compte plus pour les décideurs. C’est ce qui se passe quand la question linguistique dépasse le cadre de l’école et devient un instrument au service des forces religieuses et «communalo-culturelles».

La discrétion avec laquelle le gouvernement a annoncé sa volte-face concernant le bhojpuri permet de mesurer la frilosité des politiciens à ce sujet. Il n’y a pas eu de communiqué annonçant clairement l’abandon du projet d’enseigner cette langue dans nos écoles. C’est par le biais d’une communication rédigée à l’aide de formules laborieuses et difficilement décryptables, que nous avons compris que le gouvernement est revenu sur sa décision.

Quand les parents ont procédé, en avril dernier, à l’inscription de leurs enfants en Std I pour la rentrée 2012, on leur a dit que le kreol et le bhojpuri sont désormais des matières facultatives. C’était clair et net. Cependant, quand le gouvernement a été forcé de se rétracter, face au refus massif des parents d’opter pour le bhojpuri, on a droit à des explications entortillées : «Le bhojpuri sera, à partir de janvier 2012, introduit en Std I, en ajoutant des éléments de bhojpuri au programme d’étude de l’hindi. Il sera incorporé au volet extracurriculaire de l’Enhancement Programme, langues asiatiques, pour les élèves des Std III et IV.»

En clair, le bhojpuri ne sera pas une matière à part entière. On aurait applaudi si les écoliers n’avaient pas été contraints de suivre plutôt des cours de hindi/bhojpuri. Imaginons ce que cela aurait donné si la même formule hybride était appliquée pour offrir des cours de français/kreol ... Beaucoup de pays qui ont tenté ce genre d’expérimentations linguistiques ont fait marche arrière dix ou vingt ans plus tard. Après avoir sacrifié des générations entières de jeunes écoliers.


Commentaires

Par Dr Gerard Henry
Jul 13, 2011
Mauritians would be better off learning just one or two major languages instead of pretending they can master several. I am always amused with the low standard of English or French in the Mauritian newspapers and even some books. I was shocked by the awfully poor English in a history book written by a former ambassador. I am sure Rex Donat, my English teacher at New Eton in the early sixties, would have some harsh words to a pupil with such poor command of the English language. Very few people have the ability to master several languages. I was impressed with Jacques Diouf of the FAO and Butros Butros Ghallil of the UN. Nearer home, Harold Walter was quite impressive.
Par chitchat
Jul 13, 2011
What a remarkable article by Mr Meetarbhan, it made my day, I enjoyed every minute of my time reading. It'S Short,precise, educative and craftily written in perfect French. What an asset he would be as the Minister for education, pity politics is not a game for talented individuals.
Par Tryptophan
Jul 13, 2011
Il y a un cas solid pour être fait en faveur de la libéralisation et la privatisation « officielle » de notre éducation ! En fait, les parents payent déjà très cher, par sujet, "des étagères de l’ enseignement privé”. Maladroite et inevitable gaspillage, l’ ingérence politique dans l'éducation mutile, affaiblit et retarde cette nation. Hormis permettant le Trésor des milliards supplémentaires à dépenser sur l'amélioration des services de police , de santé et la sécurité , la privatisation ouvrira d'innombrables possibilités pour les parents, les étudiants et les éducateurs interessés à mettre en place les institutions privées d’ education qui auraient à concurrencer pour l'excellence. Pourquoi tout organisme, gouvernemental ou autre, doit dicter nos enfants sur leur choix de la langue d'étude ? Un enfant venant en salle de classe pour se developer et s’exprimer ne peut pas et ne devrait pas s'attendre à laisser une partie de son âme, c.a.d. sa langue maternelle, à la porte!!!!!
Par Un electeur de no 3
Jul 13, 2011
Ils sont nombreux a realiser que l'appretissage du bojpuri ne rhyme a rien de probant et ne mene nulle part en terme de deboucher. Tout est devenu une question de survie chez nous. C'est le systeme qui a engendre cela. Mais, certains comme Dev, s'evertuent a faire croire que le Kreol est en peril. Voila que certains ont opte pour cette matiere qui n'en est pas une car tout le monde maitrise cette langue a merveille; meme les chinois, les Japonais et les Coreens qui sont chez nous et qui necessite aucun appretissage. Si on veut envoyer un groupe d'une ethnie particuliere a l'abattoir il n'y a pas meilleur moyen. Le temps me donnera raison.
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