vendredi 25 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Contre la résignation
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

Par:-  Ariane Cavalot de l’Estrac

On 10/07/2011

C’est notre bêtisier annuel. Ces maladresses et ces libertés que les fonctionnaires semblent s’autoriser avec l’argent public sont si grossières, si récurrentes, que la consternation est en train de céder la place au sourire. Le rapport de l’Audit est, d’année en année, accueillie avec une résignation et une légèreté de plus en plus évidente. Dans quelques jours, on n’en parlera plus.


La première explication de cette résignation est l’absence d’indication sur l’efficacité de l’exercice. Peut-on savoir, par exemple, combien  d’économies le Bureau de l’Audit a permis à l’État de faire en dix ans ? Sait-on si, grâce à lui, le gaspillage recule effectivement ? Pas vraiment. Tout respecté que soit son Directeur, le fait qu’il n’existe pas véritablement de moyen de mesurer l’impact de ses recommandations affaiblit son action. L’Audit ne chiffre jamais le gaspillage sous prétexte qu’il y a toujours des explications aux écarts ! Mais tant qu’il les accepte, ces explications...


La nonchalance vient aussi de ce que les solutions annoncées, année après année, comme des panacées, n’ont pas apporté d’amélioration, ou si peu : le plan triennal que réclamait l’Audit de la part du ministre pour mieux faire correspondre objectifs et performance, besoin et matériel ; les comités d’audit dans chaque ministère ; le recours aux firmes privées pour la fourniture de certains services ; la formation destinée aux 600 «  Procurement Officers »  lancée par l’Université de Technologie ; le renforcement des lois du « procurement »… n’ont pas empêché que l’on observe le même type de problème.

Là est précisément le drame. Ce sont les mêmes cas de fi gure qui reviennent, comme preuve que l’on a peut-être soigné les symptômes mais pas le système. Le grand malade, c’est bien évidemment les marchés publics. Certes, une Pajero à Rs 2,5 millions pour le contrôle des plages ou un double ordinateur par tête ne sont pas moins graves. Mais ces « caprices », parce qu’ils sont, disons, anecdotiques et plus visibles, sont plus facilement corrigeables – ce ne sont d’ailleurs pas des questions qui auraient dû attendre le rapport de l’Audit pour être réglées. Un peu de « walking management » et de bon sens de la part du ministre auraient dû suffire. L’échec se mesure dans la répétition des abus au niveau des achats et des infrastructures. Le schéma est classique : l’État commande X équipements pour Y millions et n’en utilise que Z ou, inversement, découvre qu’il a besoin de W fois plus qu’il n’avait prévu. Médicaments, bâtiments, véhicules… la planifi cation est partout hasardeuse, l’effectif toujours maladroit dans ses décisions.

Le « public procurement » est, il est vrai, dans toutes les fonctions publiques du monde, l’activité la plus vulnérable au gaspillage, à la corruption et aux abus. Mais partout ailleurs, la grosse pression engendrée par la crise sur les finances publiques a été le déclic. Pour soutenir les aides sociales et autres « stimulus programmes », on doit redoubler de vigilance face aux risques de gaspillage. Maurice s’en sort relativement bien pour le moment, les dépenses publiques n’étant pas à un niveau catastrophique ; ce n’est pas une raison pour se considérer à l’abri et s’épargner le devoir de rigueur.

Il ne faut donc pas se résigner et désespérer de la fonction publique. Le « public procurement » est un instrument trop important de la conduite des affaires, dont dépend l’image du pays. La relance de la machine économique est trop dépendante de l’amélioration des services et de l’infrastructure publique pour que l’on baisse les bras.

Un plan pour professionnaliser nos méthodes d’analyse des besoins en équipements/services et d’allocation de contrats se révèle prioritaire. Son succès restera tributaire, cependant, du comportement et de la formation du fonctionnaire. Est-ce utopique de penser que celui-ci puisse adopter la culture de l’entreprise ? Les défi s que celle-ci rencontre, de la baisse des
coûts à la gestion du stock, ont incité le développement d’outils de toutes sortes. Pourquoi en priver la fonction publique ? Est-il fou de penser que les fonctionnaires ne peuvent pas intégrer l’idée que le service client doit devenir la seule finalité de son activité ? N’existe-t-il pas de méthodes capables de modifi er durablement les comportements ?

Le Bureau de l’Audit aussi a un devoir de remise en question. Il a pour mission de « help the nation spend wisely ». Il ne peut estimer que le travail est fait en publiant un rapport par an. Il lui faudrait produire non seulement... 30 rapports, corrigeant ponctuellement des dysfonctionnements, mais aussi des programmes de prévention, des « guidelines » à partir de chaque type de problème relevé, des guides pratiques adaptés à chaque ministère. Comme le font les Anglais. Aucun organisme ne connaît sans doute aussi bien les faiblesses de la fonction publique que l’Audit. Il a la responsabilité de poser de nouveaux standards à la gestion des finances, de « hold government to account » dans tous les sens du terme. Au lieu de chercher à aider la SADC, comme il l’écrit sur son site web...


On dit qu’un problème qui est mis au jour représente une opportunité d’amélioration. C’est vrai seulement si on ne se résigne pas.


Commentaires

Par Anandi
Jul 19, 2011
Celui qui a mis à jour le scandale MED Point est dans le collimateur de la police. Il est l'accusé...peut être l'accusé principal. Et celui qui as fait depenser R144 M au lieu de R75M est en ballade. Comment voulez vous que le gaspillage ne se perpetue pas avec cette exemple venant d'en haut?
Par vdw
Jul 12, 2011
c'est la periode macarena majacaro depuis 2005 !!! L'extreme gaspillage des fonds publiques est courant pendant cette période et la majorité approuvent ce type de comportement. Mais c'est dommage qu'au milieu de cette majorité, il y en a beaucoup qui souffrent mais qui restent accros à ce groupe !!! Mentalité arrieré!!!!
Par Jean Noel Malabar
Jul 11, 2011
TOUR CELA EST LE RESULTAT D'UNE POLITIQUE QUI A DEBUTE EN 1983 ET QUI S'APPELLE 'MORALITE PAS REMPLIE VENTRE'. ET L'ON S'ETONNE AUJOURD'HUI DE TOUT CE QUE L'ON VOIT AUTOUR DE NOUS ! CE SONT TOUJOURS LES MEMES PERSONNES QUI SONT AU POUVOIR AUJOURD'HUI, COMMENT VOULEZ-VOUS QUE LES CHOSES CHANGENT ???
Par kamal
Jul 11, 2011
dans la facon de gouverner actuelle oui il est absolument fou de penser que les fonctionnaires pourraient intégrer l’idée que le service client doit devenir la seule finalité de leur activité.
Par democrate
Jul 10, 2011
Plus ça change, plus c’est la même chose. La révélation de malversations financières par le Directeur de l’Audit est devenue un rituel annuel lassant, compte tenu du fait qu’il n’y a aucune volonté de la part du gouvernement de redresser les torts. Puisque les recommandations de l’Audit restent lettre morte, on se demande s’il faut un National Audit Office à Maurice. On juge la raison d’être d’une institution par son efficacité. Quand elle n’est pas efficace, elle n’est plus utile. Il vaut mieux la fermer. Ainsi on pourra économiser Rs 115 millions par an, ce qui permettra de dégager des ressources pour financer le programme d’allègement de la pauvreté. La même logique s’applique à l’ICAC, une institution qui bouffe Rs 100 millions par année sans donner des résultats concrets. Le problème fondamental à Maurice, c’est que la politique a créé des institutions dysfonctionnelles pour servir les intérêts étroits de ses clientèles (sinécures aux petits copains, voitures hors-taxe, bourses d’études, voyages d’affaires) au lieu de servir l’intérêt public. On croyait que toutes ces éminences grises importées de Washington et de Londres pour réformer les finances publiques à coups de Programme-Based Budgeting et autres slogans auraient fait une différence dans la gestion du secteur public. Or, elles sont devenues partie intégrante d’un système pourri qui tue toute velléité de réforme. Aussi longtemps que le secteur public sera dirigé par une bourgeoisie d’Etat incompétente et parasitaire, aucun espoir de réforme n’est permis.
Par Ming CHEN
Jul 10, 2011
Coupler a cette résignation est le déni. Le refus de regarder en face la vérité et de se dire que l'on ne possède pas la compétence voulue. Se dire qu'il serait peut être souhaitable de céder sa place ou sa fonction. Penser a s’éduquer ou a se former dans le long terme afin d’améliorer son environnement et celui des autres. Se sortir de cette médiocrité demande beaucoup de courage. Il existe des systèmes et des procédures pour minimiser ces dérives mais il existe aussi des champions de la détourne qui ont 'hijack' le système. Ils se sont appropriés les procédures, quand ils sont absents, rien ne fonctionne. Ils deviennent ainsi une pièce maîtresse dans le processus et dictent leurs lois. Je viens de vivre cela avec la MASA et ce qui se passe ces jours n'est guère étonnant.
Par Sylvain De Hors
Jul 10, 2011
ILe Maurice flotte SUR L'OCEAN entre L'Afrique L'inde et L'australie. Cette emplacement est bien connu pour la CorruptionGOUUVERNEMENTAL mais Maurice cache bien son Jeu parmi cette eau de boue . Nous n;'avons aucun systeme de rigeur pour faire repondre a leur tete ceux aui vole cequi abuse des resources du Public.
Par chitchat
Jul 10, 2011
If you're prescribed the wrong medicine blame the doctor not the medicine. The same principle applies to the "l'audit" who have to work in respect of the given directives which need change if inadequate. It seems the "audit" are in cahoots with their emoloyers. I'm confused to read"IL a pour mission de < help the nation spend wisely >which is the responsibility of the organisers of the project. L'audit only check the money is not being fraudulently spent for other purpose. As Colombo said "it takes 2 to tango", if it's factual that the"Audit" have the support of some politicians to mislead the public, then sadly it points to corruption which many seem to be doing without hindrance worldwide these days. Investigating corruption is no easy tasks as the investigators have to interview the perpetrators who know when and how to stall and derail the progress of an investigation. Not forgetting they are also influential and powerful.
Par iqbal carrim
Jul 10, 2011
The same circus with more or less the same circus masters.As per the will of the people.
Par Integrity
Jul 10, 2011
The greatest culprit of all the wastages is the government, starting from the preime minister and the ministers. The people at the lower rung are copycats, they imitate and share in the spoils. take for instance the foreign trips of Ramgoo and his ministers, how many millions are wasted in the futile trips every year. And the banquets - we had one recently - what do they bring in return while the people are watching on the national tv how the money is being flushed down the insatiable drains. If the right examples were set, the gross wastages could have been avoided.
Par Jose Philibert
Jul 10, 2011
J'apprecie particulièrement cette phrase Ariane Cavalot de l'Estrac: "N’existe-t-il pas de méthodes capables de modifier durablement les comportements?" Car en effet beaucoup dépend que du comportement des uns et des autres par rapport aux biens et à l'argent publiques. Si chacun faisait son travail bien nous n'aurions pas ces problèmes recurrents. C'est le comportement individuel et collectif qui doit être radicalement amélioré de part et d'autres.
Par Colombo
Jul 10, 2011
Don't forget it takes 2 to tango. Public officials marié piké with businesses ki li tipti, gro ou étranzer to rip us off! Hope the 4th column and civil socieity will react promptly san get figir!
Vos Commentaires open close
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus