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Callixte d’Offay : « La sortie de crise à Madagascar est une réussite de la COI »
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  |  04/10/2011

La signature de la Feuille de Route pour sortir Madagascar de la crise est une réussite pour la COI. Cela dit, si la légitimité de la Commission dans la Grande île est indéniable, manque-t-elle de poids et de reconnaissance compte tenu du leadership de la SADC* dans ce dossier ?

En effet, c’est une réussite obtenue par la présidence mauricienne et qui fait suite à une période de mobilisation des Etats membres.

C’est la réussite de la persévérance et de la compréhension mutuelle des attentes des acteurs du dialogue malgacho- malgache. La COI a une légitimité d’intervention dans les conflits, qui découle de son mandat dans le domaine de la coopération politique et diplomatique.

En contribuant fortement à la signature de la Feuille de Route le 16 septembre dernier, la COI a joué pleinement son rôle. Cependant, comme vous le signalez, le mandat de médiation a été confié par l’Union africaine (UA) à la SADC, qui est dotée d’un Conseil de paix et de sécurité et de son organe, la Troïka. L’absence d’un tel mécanisme au niveau de la COI ne nous a pas empêchés de participer au Groupe international de contact, de dépêcher des missions d’évaluation et de mettre à la disposition de l’UA un constitutionnaliste. Et nous avons dans ce cadre renforcé notre partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

L’implication française dans la COI via La Réunion est une chance mais est aussi source de critiques. Cette affiliation joue-t-elle parfois contre l’image de la COI dans la région ?

Tout comme les autres membres, dans leur diversité, La Réunion est un atout pour la COI. Elle est partie prenante de nos projets de coopération régionale, à la fois comme partenaire et bénéficiaire, et en même temps, elle fait partie intégrante de la France et de l’Europe.

Nous pouvons donc bénéficier d’une porte d’entrée vers les marchés européens. Et nous avons l’Europe à nos portes, en termes d’équipement, de ressources technologiques et de centres de formation et de recherche.

[]…] Une insertion optimisée de La Réunion au sein de la COI apparaît aux yeux de tous comme un élément clé de l’avenir de la Commission et je partage ce point de vue.

Les projets de la COI sont porteurs mais peu connus. Pourquoi ?

[]…] Actuellement, 10 projets sont en cours, dans des domaines variés (pêche, santé, changement climatique, économie, etc.). Tous capitalisent des résultats, en termes d’amélioration de vie des populations, de renforcement des capacités techniques et humaines, []etc.].

Mais effectivement, toute cette énergie déployée par les quelque 80 personnes que regroupe la COI, sans compter les Points Focaux nationaux dans chaque pays, n’est pas assez connue et valorisée. Nous nous attachons à remédier à ce déficit de communication institutionnel.

Et nous disposons depuis peu de moyens de l’Agence française de développement (AFD) []dans ce sens].

De plus en plus, nos projets se font pour les populations et avec les populations. Le programme de gestion durable de la zone côtière (Pro-GeCo) en est un bel exemple par le financement de microprojets menés par des hommes et des femmes de la région pour ce qui est de la mariculture, la lutte contre l’érosion côtière, la gestion des déchets ou les activités écotouristiques.

Comment sont traités les confl its entre La Réunion et Maurice, notamment en ce qu’il s’agissait récemment de la possible nomination d’un Mauricien au secrétariat général ?

Les différends bilatéraux ne relèvent pas de la COI, qui travaille sur des problématiques régionales communes.

Le gouvernement mauricien va en effet soumettre pour approbation aux autres Etats membres de la Commission un candidat au poste de secrétaire général, et celui-ci prendra la tête de la COI à l’issue de mon mandat, en juillet 2012.

Propos recueillis par G. R.
* SADC : Southern African Development Community


 

    
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