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Amar Deerpalsing : «Je ne suis pas partisan d’une baisse drastique du taux repo»
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Pierrick Pédel   |  07/09/2011

● Le «Joint Economic Council» (JEC) vient de dresser un tableau assez alarmiste de la situation économique mauricienne. Qu’en est-il des petites et moyennes entreprises (PME) ?

Nous vivons une situation instable par rapport à l’environnement international et nous craignons que l’avenir ne soit pas très brillant. La confiance des entrepreneurs est entamée et nous constatons un coup de froid sur le crédit. Tout cela n’est pas bon pour le climat des affaires.

● Constatez-vous une dégradation particulière ces derniers mois ?

En fait, nous ne nous sommes jamais vraiment remis de la crise de 2008. Il n’y a pas eu de véritable remise à flot. La croissance s’est révélée moins importante que prévu. Les marges des PME se sont contractées et leur profitabilité a été très affectée. Du fait de cette baisse de la rentabilité, les banques sont devenues encore plus prudentes dans leur politique de distribution du crédit. Les différents mécanismes mis en place par le gouvernement n’ont pas fonctionnés pour les PME en grande partie parce que les banques n’ont pas joué le jeu.

Parallèlement, nous avons subi une concurrence accrue des produits importés alors que les exportations se révélaient plus difficiles. Le problème, c’est que la baisse de moral des entrepreneurs entraîne une baisse de l’investissement. Or, c’est maintenant qu’il faut investir. Car si nous n’investissons pas, nous n’aurons pas de croissance et nous risquons d’en subir les effets négatifs dans deux ou trois ans.

En outre, l’Economic Restructuring and Competitiveness Programme (ERCP) ne nous aide pas vraiment car il impose une réduction de l’endettement. Les PME doivent consacrer leurs profits à se désendetter au lieu de les utiliser dans des investissements productifs. Si les investissements directs étrangers continuent de baisser et si le déficit commercial se creuse davantage, il va falloir puiser dans les réserves. Or, la dette publique reste un gros problème. Il faut absolument que le gouvernement donne un signal pour relancer l’investissement et restaurer la confiance.

● Qu’attendez-vous de la nouvelle direction à la «Small and Medium Entreprises Development Authority» (SMEDA) ?

Il faut d’abord noter que la SMEDA est restée sans direction pendant plusieurs mois la mise en place d’une nouvelle direction constitue donc une bonne chose. Cela a bien démarré avec la dernière foire des PME. Il faut donner du temps au temps, nous allons soutenir la nouvelle direction mais nous attendons des résultats concrets.

● Qu’attendez-vous de la réforme de la «Development Bank of Mauritius» (DBM) ?

Nous avons toujours milité pour la création d’une banque dédiées aux PME afin d’avoir un interlocuteur susceptible de comprendre la spécificité de la demande et du fonctionnement de ces entreprises. Car les banques commerciales préfèrent, en général, gérer de gros clients. Dans ce contexte, la réforme de la DBM n’est pas une mauvaise chose. Il faut voir comment les choses vont évoluer et si on ne reste pas au niveau de l’effet d’annonce. La nouvelle DBM devrait disposer de critères bien établis pour accorder les prêts. Elle devrait également assurer un suivi sur les opérations, garder le contact avec le client et surtout ne pas intervenir trop tard. Actuellement, la DBM ne satisfait pas les critères de la Bank of Mauritius (BoM) en matière de créances douteuses. Pour devenir la vraie banque des PME, la DBM ne devrait plus subir d’interventions politiques.

● Le comité de politique monétaire de la BoM se réunit lundi prochain. Souhaitez-vous une une forte détente du taux repo ?

Si la BoM décide d’une baisse du taux repo, cela va relancer les exportations et bénéficier aux produits locaux, qui seront moins chers que les produits importés. Mais on risque aussi de voir les prix des produits alimentaires s’envoler et, par conséquent, des revendications en matière de compensation salariale. Il ne faut pas entrer dans un cercle vicieux. Il s’agit de trouver un juste équilibre entre les impératifs économiques et les impératifs sociaux en ne mettant pas trop de pression sur les prix. Même en tant qu’entrepreneur, je ne suis pas en faveur d’une baisse drastique des taux d’intérêt.

● Participez-vous aux consultations sur la préparation du budget 2012 ?

Oui. J’ai déjà participé plusieurs fois à ce type d’exercice mais force est de constater que beaucoup de mesures annoncées dans le cadre du budget n’ont pas dépassé le stade des bonnes intentions. Souvent, les PME n’ont pas bénéficié des «stimulus packages» car on a changé les critères d’obtention de l’aide afin de favoriser les plus grosses entreprises. Beaucoup de PME n’ont rien reçu car on a estimé qu’elles n’étaient pas viables. Or, nombre d’entre elles sont toujours opérationnelles.

Dans le cadre du prochain budget, nous demandons des facilités au niveau du crédit, une meilleure visibilité pour le marketing des produits des PME, un accès aux marchés régionaux pour bénéficier des accords du Common Market for Eastern and Southern Africa ou de la Commission de l’océan Indien, et une réforme d’Entreprise Mauritius – qui devrait se différencier de la Mauritius Export Association. Il faudrait également régler le problème de l’espace industriel en investissant dans un «business park» pour les PME. Nous souhaitons aussi la création d’un espace d’exposition permanent pour nos produits.

Au niveau des importations, le niveau de contrôle des produits devrait être équivalent à celui imposé aux produits locaux. On nous demande d’être compétitifs mais pour cela, nous avons besoin d’une main d’œuvre qualifiée qui doit souvent être importée. Il faudrait mettre l’accent sur la formation dans certains secteurs comme l’imprimerie, le plastique ou la bijouterie. Quant aux diverses institutions censées s’adresser aux PME, elles devraient être regroupées sous un même toit afin d’être plus efficaces et d’éviter le gaspillage d’argent public.

Propos recueillis par Pierrick Pédel

    

Commentaires

Par:-Chombo...
MO PENSE PAS KI LI ENE BON SOLUTION DE BAISSER LA ROUPIE KI SANE LA POU PROFIT SA ;KI FAIRE LA SUISSE PAS PE BAISSE FRANC POURTANT ZOTTE FINE BIEN SOUFFERT AVEC EURO.
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