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Parvèz Dookhy : «Le Président doit avoir un rôle actif »
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  |  23/08/2011

Docteur en droit et avocat exerçant en France, Parvèz Dookhy  livre ses réflexions sur le principe d’un régime «présidentialiste».


Quels seraient les impacts éventuels, et les implications de l’introduction d’un système «présidentialiste» à la française à Maurice ?

Dans le système «présidentialiste», ou semi-présidentiel français, le président de la République est la clé de voûte du système institutionnel. L’élection du Président est la contestation politique majeure. Le Président n’a plus un rôle honorifique mais il fixe les grandes orientations de la politique du pays. C’est lui qui choisit le Premier ministre lorsqu’il a une cohérence de majorité présidentielle et parlementaire. Dans le contexte mauricien, il va de soi que la communauté majoritaire estimera que ce poste doit revenir à un des siens. En tout cas, je vois certaines organisations cultuelles s’activer pour le revendiquer. Puis, se posera aussi la question de l’appartenance ethnique du Premier ministre. C’est un jeu dangereux, je pense. Il y a le risque de conflit institutionnel à la tête de l’Etat.

Quel mode de désignation du président de la République vous semble le plus pertinent ?

Actuellement, le président la République est choisi par le Premier ministre et son choix est juste ratifié par le Parlement. Pour qu’il ait plus de légitimité, il faut qu’il soit élu. Tout dépend du rôle qu’on entend donner au Président. Si c’est lui qui détermine la politique de la nation, il doit avoir la légitimité nécessaire et être élu au suffrage universel direct, c’est-à-dire par le peuple. Si c’est pour lui donner simplement un plus grand rôle, par exemple la possibilité pour le Président de représenter Maurice sur la scène internationale, il peut alors être élu simplement par un collège électoral, comprenant des députés et des chefs des administrations locales.

Vous évoquez les pouvoirs du Président, quels doivent-ils être ?

Pour que le Président puisse avoir le rôle et le pouvoir du président français, il faut trois changements constitutionnels majeurs. Il faut qu’il soit élu par le peuple. Il faut qu’il préside le conseil des ministres et ensuite il doit avoir un droit autonome de dissolution de l’Assemblée nationale. Personnellement, pour l’équilibre de nos institutions, je pense que le Président peut jouer simplement un rôle effectif dans la conduite de la politique étrangère, vu son expérience et sa stature internationale.

Quelle doit être la relation entre l’exécutif et le législatif dans le cadre d’une IIe République ?

Actuellement, il n’y a pas trop de séparation de pouvoir entre l’exécutif et le législatif. Les ministres sont obligatoirement des députés en exercice, à l’exception de l’Attorney General. Et le Premier ministre est le Leader of the House, donc c’est lui qui a la maîtrise du calendrier parlementaire. Il peut suspendre le Parlement, comme c’est le cas présentement, à tout moment.

En France, les ministres issus du Parlement perdent, pendant l’exercice de leur mandat ministériel, le statut de parlementaire et ils sont remplacés par leur suppléant. Ce serait peut-être difficile à mettre en place pour Maurice. Mais on peut imaginer que la Constitution prévoie qu’environ cinq ministres peuvent ne pas être des élus nationaux. Pour permettre aux non-députés d’être ministres. Et il est impératif que le calendrier parlementaire soit fixé, c’est-à-dire, qu’il y ait des sessions parlementaires, en conservant la possibilité pour l’exécutif de rappeler le Parlement en temps de crise hors des sessions.


Quel serait selon vous le système le plus viable pour Maurice ?

Il faut être prudent. Le régime «présidentialiste» à la française n’est pas un bon modèle pour des pays où la démocratie n’est pas parfaitement entrée dans les moeurs. Trop de pouvoirs sont concentrés entre les mains d’un homme. On l’a vu un peu dans les pays d’Afrique. Je suis pour le régime parlementaire tout en accordant au président de la République un rôle actif : un rôle d’arbitre, de garant des institutions et de représentant de l’Etat sur la scène internationale.

Propos recueillis par Michel CHUI CHUN LAM

    

Commentaires

Par:-Juriste de Recherche
Je pense que les termes de "Regime Présidentialiste à la française" sont éronés. La Constitution, telle qu'établit en 1958, instaure (ou du moins souhaite instaurer) un Régime Parlementaire Moniste, le monisme se traduisant par un Chef de l'Etat s'effaçant au profit du chef du Gouvernement qui décide de la Politique à être menée. Bien que le Chef de l'Etat français se voit reconnaitre constitutionnellement certains pouvoirs, tel son role de présidence du Conseil des Ministres, celui-ci ne dispose théoriquement que d'un pouvoir strictement limité et encadré. La pratique, principalement en période de concordance des majorités Présidentielle et Parlementaire, aura su démontrer quelques failles constitutionnelles ou quelques silences des parlementaires face à un Chef de l'Etat se reconnaissant des prérogatives et les faisant accepter sans opposition, bien que n'ayant qu'une forme coutumiere. (Je vous renvoi ici à la Pyramide des normes de Kelsen) Les termes exacts devant être utilisés pour qualifier le régime français actuel seraient "Regime Parlementaire à TENDANCE Présidentialiste", et ce selon qu'on se trouve en période de concordance ou en période de cohabitation des majorités.
Par:-Jeanne Bipartek
Erol, you are such a dork! After reading the whole analysis by Dr Dookhy, that's the only comment you had. Seriously? Go and get a life!
Par:-erol
"en accordant au président de la République un rôle actif" comme Sarko j'imagine. Quel eclairage bravo monsieur nous sommes sauve!
Par:-Supermomo
Finalement piti la pas p donne aukene solution concret. mo explik toi ki nou bizin pou nou pays. Ene lalliance entre tous les 3 partis avec 3 leaders comme premier ministre...tous les trois a la fois. Faire de sorte ki tous les 3 gagne zot boute plein tank as and when they want. La pas pu ena cassure et tou pou deroule en harmonie.
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