vendredi 25 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Stuart Diamond : «10 % de diversité dans l’entreprise peut apporter 15 % de profit en plus»
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

Ludovic AGATHE   |  18/08/2011

En analysant vos interventions, on pourrait penser que ce qui, pour certains, est l’art du consensus est, pour vous, celui d’obtenir ce qu’on veut. Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas d’accord avec les deux définitions. Pour la plupart des gens, la négociation est l’art même du conflit. Que ce soit entre les nations, aux sports ou dans bien des domaines de l’activité humaine, tout gravite autour du modèle conflictuel. Ce que je propose est basé sur la collaboration, en s’assurant que l’autre partie obtient ce dont elle a besoin. Je m’applique à démontrer qu’on peut obtenir beaucoup plus en travaillant ensemble. Tout cela, en tenant compte de ce que l’autre ressent et sans faire usage ni de la force ni du pouvoir.

Vous mettez l’accent sur les sentiments des autres parties, mais cette voie ne s’approche-t-elle pas de la manipulation ?

La manipulation implique d’obtenir ce qu’on veut en blessant l’autre. Il y a nuance. Ce que je propose, dans mon livre ou dans mes interventions, c’est de savoir ce que ressent cette autre partie pour l’aider à atteindre ses buts, afin qu’elle m’aide à atteindre les miens. Les outils de négociation peuvent cependant être un couteau à double tranchant.

Avec les modèles de compétition et de persuasion largement diffusés, votre approche fait-elle des émules ?

Les quelque 30 000 employés de Google qui m’ont écouté, le fait que le Wall Street Journal la recommande, entre autres, me laissent penser que certaines personnes ont compris que le monde avait besoin de cette approche de la négociation.

Comment en êtes-vous arrivé à ce modèle justement ?

J’ai commencé à utiliser la négociation, sans m’en rendre compte, quand j’étais journaliste. Je devais gagner la confiance de mes interlocuteurs en cinq secondes. Ensuite, j’ai enseigné à la Harvard Law School, où j’ai étudié le sujet. Ce que j’ai alors observé, c’est que les approches existantes n’accordent pas suffisamment d’attention aux différences culturelles entre les parties négociatrices. J’ai cherché une meilleure formule.

Vous avez participé à des négociations dans plus de 40 pays pour des chefs d’entreprise ou d’Etat. Avez-vous pu dégager un «modus operandi» ?

Chaque négociation est différente. Toutefois, je suis arrivé à dégager une approche qui se décline en quatre quadrants, soit 20 questions que j’invite les négociateurs à se poser. C’est un procédé à étapes.

Qu’est-ce que la négociation interculturelle a de subtil ?

Le fait que les parties concernées ont différentes perceptions, différentes expériences. Le plus important est de comprendre ces différentes perceptions. La culture, c’est ce quivous confère votre identité. Mais il y a des micro-cultures, y compris au sein d’une même société. Il est donc essentiel d’avoir une idée claire de la personne. La psychologie aide ainsi à trouver les bons boutons pour toucher le coeur des gens.

Comme vous le savez, l’île Maurice est elle-même un pays multiculturel. On y prône la satisfaction des différentes franges de la population à divers niveaux. Cette logique de représentativité est-elle viable à long terme dans ce contexte ?

L’île Maurice peut tirer profit de cette diversité. Les études ont montré que 10 % de diversité au sein d’une entreprise peut apporter 15 % de profit en plus. La Silicon Valley a crû en suivant ce principe. Le désaccord, les débats d’idées ne sont malheureusement pas utilisés pour créer de nouveaux procédés dans bien des cas. De plus, la représentativité des groupes ethniques ne garantit pas l’homogénéité au sein de ceux-ci. Même dans les transactions, il est important de ne pas ignorer la relation qui se crée entre les partenaires. J’entends souvent, malheureusement, parler de relations à court terme.

A ce jour, quelle est la négociation la plus ardue que vous ayez connue et comment vous en êtes-vous sorti ?

La plus dure, c’est celle que j’ai avec mon fils de neuf ans. Les adultes ont tendance à oublier les outils de la négociation. Ils devraient prendre exemple sur les enfants ! De mon côté, j’essaie de découvrir ce qu’il recherche, je fais preuve de respect, j’écoute et nous faisons des transactions. Par exemple, une heure de télévision contre une heure de piano. (rires.)

Entretien realisé par Ludovic AGATHE
(Source : l’express iD)

    
Vos Commentaires open close
Autres interviews
Nikhil Treebhoohun : «Les traités ne sont d’aucune utilité si les entreprises ne s’en servent pas»
Le CEO du «Global Institutional Investors Forum» parle des perspectives pour Maurice en termes d’investissements en Afrique. Il décortique les spécificités du continent, tout en évoquant les forces sur lesquelles Port-Louis peut compter pour aller vers «la dernière frontière».
Feroz Dahoo : «Les gains perçus sur les taux de change n’ont pas bénéficié aux consommateurs»
Le Chief Executive Officer de Thomas Cook (Mauritius) estime que nos dirigeants doivent démontrer « leur capacité à maintenir la stabilité sociale et politique » et « éviter des pertes d’emplois ».
Dominique Dherve : «Ces plantes qui reviennent sont des porte-drapeaux»
C’est un projet tout à fait exceptionnel : ramener des espèces endémiques disparues à la vie et les réintroduire dans nos forêts. L’une de ses chevilles ouvrières nous raconte comment quelques cellules d’une graine peuvent sauvegarder une espèce toute entière et bien plus encore. Le Directeur du Conservatoire botanique national de Brest nous en parle.
 [3]
Jean-Claude de l’Estrac: « Je trouve la nation plus forte que beaucoup d’entre nous s’imaginent »
La nation, la citoyenneté, l’éthique. Ces sujets ne sont pas souvent débattus. Jean-Claude de l’Estrac qui a été éditorialiste, auteur d’ouvrages sur l’histoire de Maurice et ministre de la République les aborde et se prononce avec une clarté qui témoigne d’une réflexion approfondie sur ces thèmes à portée sociétale.
 [8]
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de Sir Anerood Jugnauth : «Ramgoolam a piégé le MSM avec Medpoint»
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de sir Anerood Jugnauth (SAJ) – le seul à avoir été présent au Réduit le jour de l’annonce de sa démission – affirme que les gens ont peur de montrer leur soutien à l’ancien président de la République par peur de représailles. Presque deux mois après la démission de SAJ, il déclare que ce dernier n’est pas déçu du manque de momentum, mais qu’il est, au contraire, en train de labourer le terrain.
 [12]
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus