vendredi 25 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Kishore Beegoo : « Notre produit touristique est dépassé »
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

Alain Barbé   |  03/08/2011

Le Managing Director de «Cargotech Ltd» et directeur d’«Air Mauritius répond aux questions d’Alain Barbé.

● Les hôteliers disent que les tarifs d’«Air Mauritius» sont trop élevés. Qu’en pensez-vous ?

Si les tarifs d’Air Mauritius étaient trop élevés, d’autres lignes aériennes seraient venues desservir l’île et proposeraient des tarifs moins onéreux. Mais ce n’est pas le cas. Pourquoi des ténors comme Air India, Virgin, Singapore Airlines, Cathay Pacific, Lufthansa, Alitalia, Kenya Airways et tant d’autres ont-ils cessé de desservir Maurice ? Réponse : la desserte n’est pas rentable. Les tarifs de certains hôtels sont élevés et pour cette raison, les clients se rabattent sur des bungalows ou des hôtels avec moins d’étoiles.

● Vous voulez dire que le gouvernement a continuellement ouvert le ciel à d’autres transporteurs ?

Les lignes aériennes de certains pays, comme la Suisse, l’Espagne, l’Italie, la Chine, la Malaisie, Hongkong, la Thaïlande ou le Pakistan et l’Australie ont l’autorisation de desservir Maurice. Des accords ont été signés avec ces pays. Ces lignes aériennes disposent, au total de 3 640 vols annuellement, soit un million de sièges annuels. Mais ils ne viennent pas. La destination Maurice n’est plus aussi attrayante que par le passé. Mais les hôteliers blâment Air Mauritius et la politique d’accès aérien du gouvernement.

● Certains opérateurs veulent que l’on accorde deux vols supplémentaires, par semaine, à «Emirates», pour répondre à leurs besoins pendant la période de pointe. Votre avis ?

Cela devrait pouvoir se faire. De cette façon, les hôteliers n’auront aucune raison de blâmer Air Mauritius et le gouvernement si des vols supplémentaires ne les aident pas à remplirleurs hôtels haut de gamme. Mais il faut bien analyser la situation. C’est vrai qu’Emirates a aidé au développement touristique mauricien et a réveillé Air Mauritius. Mais en même temps, d’autres lignes ont été affectées.

● Les hôteliers font le lien entre le manque de capacité, en termes d’appareils et de sièges, et le faible taux de remplissage des hôtels…

Les lignes aériennes modulent leurs capacités durant l’année. En période de pointe, elles augmentent leur nombre de vols, alors que pendant la basse saison, elles les réduisent. Ce qui fait que leur taux de remplissage global est élevé. Air Mauritius ne peut pas augmenter ses vols s’il n’y a pas de passagers. Cela aura un impact sur sa performance financière. La vérité, c’est qu’il y a trop d’hôtels cinq-étoiles ! Or, ce n’est pas ce type d’hôtels que la plupart des clients recherchent. Les clients sont très bien informés. Ils connaissent les prix des chambres d’hôtels dans différents pays, et aussi les prix de la nourriture.

Et comme les prix sont affichés en euros, la comparaison saute aux yeux. Pour la plupart des nouvelles chambres d’hôtels qui sont arrivées sur le marché, les prix sont plutôt élevés, alors que pour certaines nouvelles lignes aériennes, les prix sont plus compétitifs que les lignes aériennes conventionnelles. Aujourd’hui, l’industrie hôtelière mauricienne ne semble plus offrir un produit qui correspond aux besoins des clients. Si les hôteliers n’ont pas fait le bon choix dans leur investissement, le gouvernement et Air Mauritius ne peuvent pas en être tenus responsables.

● Qu’est-ce qui explique, selon vous, la baisse de la marge de profits des hôteliers ?

Les hôteliers auraient dû prévoir des réserves pour des périodes de disette. Mais que voit-on ? Ils ont investi dans la région et certains ont des dettes de plus de Rs 5 milliards. N’auraient-ils pas mieux fait de revaloriser leurs produits locaux ? Aussi, les touristes préfèrent désormais visiter plusieurs destinations et séjournent rarement longtemps au même endroit. Ils préfèrent cette formule à des vacances de longue durée. Nous sommes en retard en ce qu’il s’agit de l’écotourisme. Notre produit touristique est à la traîne. Il est resté presque le même durant ces 30 dernières années. Plusieurs hôtels cinq-étoiles ont eu à réduire les tarifs pour attirer plus de touristes. Il y a donc un prix que le client est prêt à payer. Voilà pourquoi les hôtels trois-étoiles sont remplis. Certes, il y a toujours des clients qui iront dans les cinq-étoiles. Mais ce marché spécifique semble avoir atteint ses limites.

● Vous voulez dire que Maurice n’est plus une destination touristique de choix ?

C’est une réalité. Il y a d’autres destinations qui ont dépassé Maurice, en termes de visibilité, d’accessibilité, de value for money et de qualité, comme les Seychelles, les Maldives, le Maroc. La Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) est aussi à la traîne pour ce qui est du marketing. On peut se demander quel type de clientèle la MTPA a ciblé, car il y a de plus en plus de touristes qui vont dans des bungalows. Les hôtels deux et trois-étoiles sont remplis. Comment expliquer que les arrivées soient en hausse et que le taux de remplissage de certains hôtels soit faible ? Il faut tout effacer. Tout est à refaire. Il faut repenser le produit touristique mauricien dans son ensemble. La façon dont la MTPA comptabilise les arrivées touristiques doit aussi être revue. Ne sommes-nous pas en train de compter parmi le nombre de touristes, les Mauriciens, qui ont longtemps vécu à l’étranger, qui ont des passeports français, anglais, australiens, ou autres et qui viennent rendre visite à des amis ou parents ? Cela, pour montrer que le nombre de touristes augmente. Notre produit hôtelier n’est pas, pour l’instant, adapté aux touristes chinois ou indiens. Il faut créer de nouveaux produits et se focaliser sur la qualité avant de faire la promotion auprès d’autres marchés, afin d’ éviter de faire des dépenses inutiles. Il ne suffi t pas de dire qu’il y a un manque de sièges.

● Mais n’est-il pas temps de revoir le «business model» d’«Air Mauritius» ?

Les 16 000 actionnaires de la compagnie nationale d’aviation s’attendent à ce qu’Air Mauritius fasse des profits et paie des dividendes. Les hôteliers veulent qu’Air Mauritius opère des vols supplémentaires pour pouvoir améliorer le taux de remplissage deschambres d’hôtels… Quelle solution doit-on choisir ? Air Mauritius devrait peut-être racheter les parts de ses actionnaires existants et en offrir une part appropriée à l’industrie hôtelière, afin que les hôteliers y investissent une partie de leurs profits. Cela aidera à couvrir les pertes subies par Air Mauritius, si l’on devait transporter des touristes en provenance de certains marchés.

● Vous dites, donc, que le «business model» d’«Air Mauritius» est bel est bien dépassé ?

Oui. C’est aussi le cas pour l’industrie hôtelière et la MTPA. Tous sont arrivés la fi n d’un cycle. La destination Maurice, la MTPA, le secteur hôtelier, Air Mauritius, chaque partie doit faire son mea culpa. Du côté d’Air Mauritius, on voit qu’elle doit faire face à une plus rude compétition. La compagnie nationale d’aviation subit aussi des pressions en ce qu’il s’agit de sa performance financière. Alors que ses coûts d’opération, dont 40 % concernent l’achat de carburant, augmentent. Les touristes veulent des vols plus fréquents, depuis le pays d’embarquement jusqu’à la destination, mais Air Mauritius n’est pas en mesure de satisfaire tout cela avec sa flotte existante. Air Mauritius a donc atteint la fin d’un cycle.

Mais la différence, c’est qu’André Viljoen, l’acting Chief Executive Officer d’Air Mauritius, a initié des démarches auprès d’un cabinet de consultants pour une évaluation des nouvelles conditions de marché et établir un nouveau business model afi n de pouvoir répondre aux besoins des hôteliers et des Mauriciens. Air Mauritius s’est montrée disposée à revoir entièrement ses objectifs. Contrairement aux hôteliers et à la MTPA, qui, au lieu d’accepter les nouveaux impératifs du marché,

Propos recueillis par Alain Barbé

    

Commentaires

Par:-RajR
Please let's cut the crap and stay focus on What Beegoo is underlining for the benefit of the wellbeing of our tourist industry and the national good. The issue of conflicts of interests etc , if warranted, should taken up in another discussion and forum. Merci pour votre sagesse
Par:-WorldWord
Saying that KBeegoo is totally wrong with his analysis of the current situation would be equal to having a completely biased opinion on his answers. Has any one been around the island to visit hotels in general? Both 3,4 & 5 stars? Where he does go wrong is when he asserts that the big fish don't want to deserve Mauritius because it's not profitable for them! That's a lie! How many Europeans speak highly of Mauritius as a brilliant destination? Why doesn't the Government organize cheap & simple but yet highly effective ways to promote Mauritius instead of spending millions in big fiddy diddy gala cocktails held with the major Destination Tour Operators in Europe? Who doesn't know that these big operators have a very full schedule and can easily side step your country if their profitability is more interesting with another competitive destination? The fact is that people like KPeegoo don't really need to work as a salaried "Director" of MK because the dividends he pays himself a shareholder are enough. To be unbiased on MK's views of the current situation, I'd say that he has treated the URGENCY of the current state of the Tourism Industry as a real politician, or one of NR's Loyalists (not to say Royalists). At the end of the day, it's the country who will come out as a loser, not the politicians and "political decision makers", who can only come out as winners, backed by the press.
Par:-Crise financier
Sauf en Allemagne, ena crise financier entier l'europe. Air Mauritius ti deja cher, aster la avec crise financier problem la fine vinne beaucoup plis evident.
Par:-MBCTV
Kishore Beegoo is decrying the business model that he himself has contributed to create.for Air Mauritius.that is bleed Mauritian passengers residing mainly in UK and France,to subsidise ;la grande vie of MK's managers! Kishore Beegoo was the one who came up with the idea that MK; fares,out of Europe are doctored skyhigh!MK was to ensure that European airlines adhere to this trend!In fact MK's problem started when they did away with the little travel agents and reps!But more importantly,there's no TOURISM INDUSTRY in Mauritius!
Par:-morris
C'est un peu LA VERITE. ON N'A PAS LA CAPACITE DE L'INNOVATION ET ON EST TRES TRES LENT A REAGIR AVEC LA DEMANDE. LA PLUPART DES HOTEL FONCTIONNE COMME DEC CASH COW.
Par:-rodlavie
Kishore est apparemment le seul qui ne soit pas arrive a la fin de son cycle...!!
Par:-yzea
Analyse objectif et percutant qui devrait aider a changer la mentalite des hoteliers surtout
Par:-Monk
Ki manière K. Beegoo capave directeur Cargotech ek Air Mauritius en meme temps. Cargotech ene cleinet Air Mauritius. donc ena conflit d'interets ladans. Acote ICAC ?
Par:-Silence Complis
Mo penser ki premier question ki missier journaliste A Barbe ti bizin poser c'est s ki pena conflit d'interets entre so position de MD Cargotech ek Director dan board Air Mauritius ki li osi ene compagni ki vanne cargo? Osi li ti pou bon nou conner si Cargotech ene client Air Mauritius ou si Cargotech pe deal ar Air Mauritius pou zafer cargo? Si ou capav missie A Barbe poz li banne question la please ek publier banne reponse la lor blog. Merci boucou
Par:-truthometer
The real problem for the hotels is that Air Mauritius is the defacto charter company of the Mauritian Tourism Industry - hotels are sold in a weekly package with airline included. Tourists have no real choice. And yes, there are other airlines, but they have all been forced to sign deals where they promise not to make any competition with Air Mauritius. People are not stupid. They choose to stay away from Mauritius and its unfriendly practices.
Par:-pierre
Et bien voilà une des meilleures analyses du marché que j'ai pu lire ces derniers temps. Kishore Beegoo est très lucide, a tout compris de la situation actuelle, et devrait être le nouveau directeur de la MTPA
Vos Commentaires open close
Autres interviews
Nikhil Treebhoohun : «Les traités ne sont d’aucune utilité si les entreprises ne s’en servent pas»
Le CEO du «Global Institutional Investors Forum» parle des perspectives pour Maurice en termes d’investissements en Afrique. Il décortique les spécificités du continent, tout en évoquant les forces sur lesquelles Port-Louis peut compter pour aller vers «la dernière frontière».
Feroz Dahoo : «Les gains perçus sur les taux de change n’ont pas bénéficié aux consommateurs»
Le Chief Executive Officer de Thomas Cook (Mauritius) estime que nos dirigeants doivent démontrer « leur capacité à maintenir la stabilité sociale et politique » et « éviter des pertes d’emplois ».
Dominique Dherve : «Ces plantes qui reviennent sont des porte-drapeaux»
C’est un projet tout à fait exceptionnel : ramener des espèces endémiques disparues à la vie et les réintroduire dans nos forêts. L’une de ses chevilles ouvrières nous raconte comment quelques cellules d’une graine peuvent sauvegarder une espèce toute entière et bien plus encore. Le Directeur du Conservatoire botanique national de Brest nous en parle.
 [3]
Jean-Claude de l’Estrac: « Je trouve la nation plus forte que beaucoup d’entre nous s’imaginent »
La nation, la citoyenneté, l’éthique. Ces sujets ne sont pas souvent débattus. Jean-Claude de l’Estrac qui a été éditorialiste, auteur d’ouvrages sur l’histoire de Maurice et ministre de la République les aborde et se prononce avec une clarté qui témoigne d’une réflexion approfondie sur ces thèmes à portée sociétale.
 [8]
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de Sir Anerood Jugnauth : «Ramgoolam a piégé le MSM avec Medpoint»
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de sir Anerood Jugnauth (SAJ) – le seul à avoir été présent au Réduit le jour de l’annonce de sa démission – affirme que les gens ont peur de montrer leur soutien à l’ancien président de la République par peur de représailles. Presque deux mois après la démission de SAJ, il déclare que ce dernier n’est pas déçu du manque de momentum, mais qu’il est, au contraire, en train de labourer le terrain.
 [12]
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus