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Hervé Duranton :«La faible fréquence des liaisons maritimes avec l’Afrique de l’Ouest entrave notre expansion »
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  |  01/08/2011

Le «Chief Executive Officer» de «Mauritius Stationery Manufacturers Ltd» (MSM) répond aux questions d’Alain Barbé.


● Quelles sont vos priorités en tant que nouveau «Chief Executive Officer» de «MSM Ltd» ?

Notre priorité est de réussir à renverser la vapeur rapidement et redevenir profitable dans deux ans. Pour cela, nous avons plusieurs leviers à notre disposition. L’un des principaux est de mieux répondre aux attentes de nos clients. S’ils reconnaissent notre savoir-faire, notre expérience et la diversité de notre offre, ils nous trouvent parfois chers, irréguliers et procéduriers. Autant de facteurs sur lesquels nous allons travailler pour gagner en fiabilité et réactivité.

● Quid de la restructuration financière et opérationnelle de «MSM Ltd» ?

Sous l’impulsion de notre actionnaire majoritaire, GML, qui nous a toujours soutenus, nous travaillons avec nos actionnaires et nos banques sur un certain nombre d’options pour améliorer notre haut de bilan. Celle qui sera retenue devrait être mise en application d’ici la fin de l’année.
Notre réorganisation en business units est en voie d’être pleinement accomplie. L’objectif est de créer des regroupements de compétences industrielle et commerciale en fonction des spécificités de nos activités. D’une part au niveau de l’emballage pour mieux répondre aux besoins de notre clientèle industrielle et d’autre part, au niveau de l’impression de brochures, livres ou publications qui visent une clientèle large aux besoins diversifiés.

● Comment s’annonce le deuxième semestre après les pertes subies ces derniers mois ?

Le deuxième semestre de l’exercice financier 2010- 11 ne sera pas bon. Nous progressons sur l’activité emballage en accompagnant la croissance de nos clients, tels que Princes Tuna Mauritius Ltd ou British American Tobacco. En revanche, la rentabilité de la cartonnerie a été affectée par la hausse des coûts des matières que nous n’avons pu répercuter que partiellement sur nos prix. L’activité brochure, livre et publication a, elle, été perturbée par la mise en place de notre réorganisation qui s’est avérée plus complexe que prévue.

● Quels sont les nouveaux secteurs que vous comptez exploiter sur le marché local ?

Nous voulons proposer des solutions innovantes. Les produits verts, par exemple, répondent aux attentes de nos clients. Et au souci d’appliquer l’engagement Think Green du groupe GML à promouvoir une approche écologique et de développement durable. Nous proposons des publications sur papier recyclé ou, option plus économique, sur papier issu de forêts exploitées de manière responsable sous le label Forest Stewardship Council ou Sustainable Forestry Initiative. Nous mettons au point une palette en carton collé qui allie avantages opérationnels, légèreté et solidité et avantages écologiques et parfaitement recyclables.

 ● Vous connaissez bien l’Afrique pour y avoir travaillé avec «Nestlé». Quelles sont les possibilités d’y pénétrer ?

Beaucoup des marchés de l’Afrique sont dans une logique supply driven. La clé pour les pénétrer repose dans la capacité à les approvisionner au bon moment avec les bons produits aux bons prix.

● Comment lutter contre le piratage de vos produits en Afrique ?

La contrefaçon est, contrairement à ce qu’on peut penser, moins répandue en Afrique que dans d’autres parties du monde. Généralement, les autorités locales sont attentives et réactives pour lutter contre la contrefaçon. Il est pour cela indispensable d’avoir de bons relais locaux pour faire preuve de vigilance et actionner les mesures préventives ou répressives pour endiguer ce phénomène. C’est ce que nous avons fait, tant au Cameroun qu’au Sénégal. Nous ne devrions pas connaître les mêmes méfaits cette année.

● Dans quelle mesure ces problèmes en Afrique ont influencé votre performance financière ?

La contrefaçon a touché notre société d’édition de livres scolaires, Repro+. Son activité est hautement saisonnière, étant concentrée sur la rentrée scolaire de septembre pour les pays francophones. A cause de la contrefaçon, nous n’avons pu écouler nos produits à cette période. Ce qui a eu un impact sur les résultats de Repro+ et, en conséquence, sur ceux du groupe.

● Qu’en est-il du marché malgache ?

Notre filiale industrielle à Madagascar a été fermée l’année dernière car elle n’était plus rentable. Mais, nous continuons à servir nos clients malgaches à partir de nos imprimeries à Maurice.

● Quel a été l’impact sur vos opérations de l’évolution du prix du papier au cours du premier semestre ?

Le coût du papier, étant le principal composant de notre prix de revient, est déterminant sur nos marges. Le jeu concurrentiel et la pression qu’ont nos clients d’optimiser leurs coûts de revient, ne nous permettent pas d’avoir un système de prix purement cost plus. Nos marges en ont été partiellement affectées.

● Y a-t-il d’autres contraintes qui pèsent sur vos opérations à Maurice ainsi que dans la région ?

J’ai constaté que la faible fréquence des liaisons maritimes et le temps d’acheminement de nos produits sur la partie Ouest de l’Afrique sont une contrainte à l’expansion de nos opérations dans cette zone.

Propos recueillis par Alain BARBÉ

    
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