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Ordo ab chao
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Par:-  Rabin Bhujun

On 03/04/2011

Comment restaurer l’ordre à partir du chaos ? La question n’est pas que philosophique. Elle est politique, sociétale. Des travailleurs bangladais se la posent en ce moment à Tropic Knits . D’anciens télé- opérateurs d’ Infi nity BPO s’interrogent aussi. Des Mauriciens, inquiets et mécontents de cette manie des puissants ( politiques) de ne rendre de comptes à personne, se proposent également de soulever ces problèmes dans un nouveau journal citoyen. Tous cherchent des repères.

Des îlots de bon sens où s’amarrer.

Nita Deerpalsing leur en fournit un. Dans un pays où le pouvoir gouvernemental paraît omnipotent et omniprésent, la députée travailliste ressasse une vérité qui doit paraître exotique à nombre de ses camarades de l’Assemblée nationale.

Elle explique que contrairement aux ministres, elle ne fait pas partie du gouvernement. Elle a même l’obligation, du fait de son appartenance au législatif, de lui réclamer des comptes.

La précision est la bienvenue. Il est vrai que notre système westminsterien établit une séparation des pouvoirs « souple » entre l’exécutif et le législatif. Mais il n’empêche que le Premier ministre – du haut de sa fonction de Leader of the House et chef du gouvernement – ainsi que ses ministres apparaissent étonnamment irresponsables devant l’Assemblée nationale.

Si l’opposition fait plus ou moins bien son travail par moments, les députés de la majorité semblent, eux, persuadés qu’ils sont grassement payés dans l’unique but de dire « Aye » aux projets de loi présentés par le gouvernement et d’applaudir chaudement toute mesure gouvernementale vaguement populaire. Et, accessoirement, demander que le terrain de foot d’un village de leur circonscription soit remis en état. Il ne reste plus qu’à se demander si les Deerpalsing, Sayed- Hossen ou Dayal feront des émules. Pas si sûr… * * * Ce qui est certain par contre, c’est que le Directeur des poursuites publiques ( DPP) ne semble, lui, souffrir d’aucun syndrome de confusion des genres. Cette semaine, il a démontré encore une fois qu’il sait freiner l’emballement de certains sous- fi fres. Qui se distinguent régulièrement par le zèle dont ils font preuve dès qu’il s’agit de s’attaquer à des personnes en délicatesse avec le pouvoir – d’un ancien ministre des Finances au journaliste, en passant par le syndicaliste.

Satyajit Boolell a ainsi décidé de ne pas poursuivre notre confrère Dharmanand Dhooharika pour « diffamation criminelle » devant la District Court de Port- Louis. En octobre dernier, c’est Ananda Rajoo, le rédacteur en chef du Militant, qui avait bénéfi cié du discernement du DPP. Qui avait renoncé à le poursuivre pour « publication de fausses nouvelles » . Un délit passible d’un an d’emprisonnement.

Au moment où certaines institutions semblent paralysées – notamment à cause de querelles internes entre nominés politiques –, le parquet apparaît comme immunisé contre ce genre de pagaille. La personnalité de Boolell y est sans doute pour quelque chose. Il s’est ainsi distingué dès sa prise de fonctions, en février 2009, par son accessibilité. N’hésitant pas, par moments, à expliquer spontanément le fonctionnement de son administration en direct sur Radio One . * * * S’il y en a une, par contre, qui refuse de céder aux impératifs de la transparence, c’est bien Maya Hanoomanjee.

Jeudi, elle s’en est encore une fois pris à ceux qui lui réclament des comptes. En réponse à des articles de presse évoquant le cas d’un de ses proches qui a bénéfi cié plusieurs fois d’une ambulance du Samu pour effectuer le trajet entre son domicile et l’hôpital Victoria de Candos, Hanoomanjee n’a rien trouvé de mieux que de contre- attaquer.

En accusant un ancien ministre MMM d’avoir fait bénéfi cier des mêmes avantages à son épouse, victime d’un accident de la route.

OEil pour oeil, dent pour dent, irresponsabilité pour irresponsabilité.

C’est ce type de raisonnement politique qui explique pour beaucoup les gabegies devenues endémiques au sein de certaines administrations et de quelques corps parapublics. Où les passe- droits et abus en tous genres sont reproduits par les nominés politiques successifs, au fi l des changements de régime. Dans ces lieux, le chaos semble défi nitivement avoir remplacé l’ordre.


Commentaires

Par Wisdom
Apr 04, 2011
Nita should be commended,whether or not she has a hidden agenda.As for ''some'' of our present day masters,let us be blunt.There is an assumption that they can default,as of our masters of old did.In short,scores are being settled for perceived injustices of the past.
Par democrate
Apr 03, 2011
Certaines personnes ont fait grand cas de la prise de position de la députée travailliste Nita sur l’affaire Infinity BPO. Elle dit que son rôle est de réclamer des comptes au gouvernement. Si le concept de « government accountability » est si cher à Nita, pourquoi n’a-t-elle pas posé de question sur l’affaire Medpoint lorsque le leader de l’Opposition a posé sa PNQ au Premier ministre au Parlement? On ne peut pas avoir une approche à géométrie variable par rapport à l’obligation du gouvernement de rendre compte de ses actions : soit on est pour la transparence totale, soit on est pour l’opacité. Il est trop facile de s’attaquer uniquement au secrétaire financier pour son rôle dans la décision du gouvernement de venir en aide à la société Infinity BPO tout en escamotant le fait que le conseil des ministres a approuvé cette initiative. Comme il a approuvé le rachat de la clinique Medpoint par l’Etat. Nita prend pour cible le ministre des Finances et ses collaborateurs (comme elle le faisait autrefois lorsque Sithanen occupait le portefeuille) mais épargne soigneusement son leader, qui doit assumer la responsabilité entière des décisions et mesures de son gouvernement. Sa démarche est cousue de fil blanc.
Par Lélio Wong
Apr 03, 2011
Les mêmes raisonnements qui résonnent, politique ou sociale . C'est la logique du mauricianisme. On se flatte d'être supérieur, on accepte d'être inférieur comparant l'égalité. " To pa pli bon ki moi! " Pour se défendre, "sakène tire pésé so camwad". Personne ne trouve l'importance de changer ses habitudes. Àprès tout, on est tous des mauriciens. Et depuis quelques temps on a une nouvelle MORALITÈ .......
Par PLOUM PLOUM- Mme L'honourable ti balyer la
Apr 03, 2011
Qui ti balayer la? Balayer la. Madame L'honourable qui ti Balayer la! Au serieux maintenant :Maya pe dire L'opposition bizin balayer divant zotte la porte. Voila le mindset de nos politiciens , de surcroit un Ministre ! Alors si L'opposition inne faner, Maya aussi capave faner et nu , LePep bizin peze nenez boire dilhuile. Alors: Moi mo capave kokin Rs 144 millions parseki mo camarade inne kokin Rs 500 millions. Lors question so frere: en tant qui etre humain, mo sympathise avec so problemes medicale . Mo sincerement prier qui BonDieu apporte li soulagement. Mais li important qui Banne Ministres et Politiciens de tout bords, assume zotte responsibilites . Fauder pas zotte implique zotte familles dans L'affaire L'Etat. Responsibilites Ministerielle c'est pas ene zaffaire personelle sa. Sa zisitoire L'ambulance la, c'est L'arbre qui cache la Foret en matiere de Abus de pouvoirs . Bizin arrete sa pratique: L'ETAT C'EST MOI !
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