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Roland Dubois : «Nous formons des personnes qualifiées, à la hauteur des attentes du marché»
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  |  07/07/2011

Il a beaucoup été question du MITD ces derniers temps. Pas toujours en termes flatteurs. Les formations techniques de votre institution sont-elles toujours de qualité ?

Je maintiens le fait que le MITD offre des formations de qualité. Notre mission est de «dispenser et promouvoir une formation novatrice de qualité et des services de certification, dans le but d’assurer le développement continu des ressources humaines». Si d’aventure une mauvaise perception entourait la qualité des enseignements du MITD, elle serait injustifiée car nous formons des personnes qualifiées et à la hauteur des attentes du marché du travail. Nous mettons tout en oeuvre, que ce soit avec notre corps pédagogique, nos moyens, nos différentes offres de formation et de niveaux de qualifications et nos partenariats – locaux et internationaux – afin de dispenser la meilleure des formations à Maurice.

Comparé à des études universitaires, quel est l’avantage de l’enseignement technique ?

Le principal avantage d’une formation technique réside dans le fait que le
MITD forme ses étudiants selon une approche pédagogique différente, qui leur permet de découvrir de nouvelles compétences et connaissances à travers des cas pratiques, des travaux de groupe, des stages en entreprise, ce qui rend l’étudiant plus employable rapidement. C’est ainsi que les personnes ayant reçu une formation technique ont plus de chances de trouver de l’emploi et ce, plus vite qu’une personne ayant suivi un enseignement universitaire. Il faut dire qu’il y a une demande plus importante vis-à-vis des emplois «techniques».

Qui dit enseignement technique, dit uniquement «main dans le cambouis» ou les élèves font-ils également de la théorie ?

Nous offrons trois différentes formations. Les cours à temps partiel et l’alternance sont l’exemple même d’une mise en situation des élèves dans une entreprise. La formation technique ne diffère pas de la formation académique en ce qui concerne l’enseignement de la théorie. Ce que le MITD offre de plus, c’est l’expérience professionnelle au sein des différents programmes. C’est ainsi que le National Certificate (NC) Niveau 3 est composé de 70 % de pratique et 30 % de théorie et pour ce qui est du diplôme, il comptabilise 60% de pratique et 40 % de théorie. Je suis convaincu que seule la théorie ne suffit pas au façonnage de nos actifs de demain. La pratique est aussi importante que la théorie car les étudiants sont ainsi préparés à intégrer directement le marché du travail.

Quel est le pourcentage de vos élèves qui trouvent de l’emploi à l’issue de leur formation ?

J’ai des chiffres qui parlent d’eux-mêmes... Six mois après avoir obtenu leurs diplômes, en moyenne, 75 % des étudiants du MITD trouvent un emploi. Ils sont 23 % à opter pour une nouvelle formation avec le MITD ou avec des institutions locales ou internationales.

Selon vous, pour quel secteur la formation technique est-elle plus appropriée qu’une formation académique ?

La formation technique est adaptée à tous les secteurs car nous avons sans cesse besoin de techniciens. Que ce soit dans l’ingénierie, le tourisme, le secteur manufacturier…

Vous offrez des cours en hôtellerie, gestion des affaires, construction, électronique, télécommunication, informatique, bijouterie, automobile, textile, coiffure et esthétique, entre autres. Pourquoi ces cours et pas d’autres ?

Ces cours répondent aux besoins actuels du marché de l’emploi. Suite aux demandes constantes des industries, nous offrons une formation novatrice de qualité dans plusieurs filières. Nous assurons des services de certification dans le but de garantir le développement continu de nos ressources humaines. En vue d’être sur la même longueur d’ondes que les industries, nous travaillons en collaboration avec des experts en curricula et autres programmes de formation provenant de différentes industries afin de mettre en place, de développer et d’évaluer nos programmes d’études. Ainsi, nos étudiants sont plus employables et trouvent du travail plus facilement. Le MITD dispense plus de 70 cours à plein temps et plus de 200 cours à temps partiel. Nos cours sont dûment reconnus par la Mauritius Qualifications Authority (MQA).

L’offre des cours proposés a-t-elle été étoffée au fil des années ?

Oui, nous avions débuté avec les cours de NC Niveau 3. Actuellement, nous offrons toute une panoplie de cours à plein temps à plusieurs niveaux : NC Niveau 2, NC Niveau 3, NC Niveaux 4/5, Brevet de technicien, Diplôme national et international. Nous proposons également divers cours en apprentissage, c’est-à-dire, quatre à cinq jours par semaine dans une entreprise et un jour de cours dans un de nos centres de formation, et le nombre d’étudiants tourne autour de plus d’un millier. Le MITD offre, en outre, des modules pour la formation continue, destinés aux employés. Le but de cette formation de courte durée est de parfaire les compétences de ceux qui travaillent, afin de les rendre plus productifs et compétitifs.

Cette évolution était nécessaire…

Le monde du travail évolue à grande vitesse. Suite aux demandes pressantes des industriels pour ce qui est du recrutement de nos étudiants dans plusieurs départements, nous avons été dans l’obligation d’accroître le nombre de cours offerts et de revoir le contenu de nos cours afin que nos étudiants puissent acquérir des compétences techniques à différents niveaux.

Avez-vous de nouveaux cours en projet ?

Nous cherchons sans cesse à mettre en place de nouveaux cours afin de répondre constamment aux besoins du marché du travail. Ainsi, nous comptons offrir des formations en arts culinaires, de jardinier-paysagiste, d’autres en rapport avec l’explosion des Integrated Resort Schemes (IRS), destinés, par exemple, aux futurs majordomes, villa managers, etc.

 


En chiffres…

Depuis sa création, l’ex-Industrial and Vocational Training Board (IVTB) a formé plus de 100 000 personnes. Si le rapport hommes-femmes est généralement en faveur des hommes, dans certains cours comme la coiffure, les soins esthétiques, le tourisme et le garment making, entre autres, les femmes sont majoritaires.

Combien ça coûte ?

Le coût des cours varie de Rs 5 000 pour ceux menant au National Certificate Niveaux 4 et 5 à Rs 22 500 pour les diplômes locaux et plus pour les diplômes internationaux. Les cours de Brevet de technicien, National Certifi cate Niveaux 2 et 3 sont gratuits.

Les cours en question

Des cours sont proposés dans les secteurs suivants : ingénierie automobile, ingénierie électrique et électronique, ingénierie mécanique, bâtiment et construction, hôtellerie et tourisme, gestion des affaires, technologies de l’information et de la communication, textile et confection, coiffure et esthétique, bijouterie, imprimerie et «professional driving». Il existe différents niveaux : National Certificate (NC) Niveau 2 (critère d’entrée : CPE), NC Niveau 3 (critère d’entrée : minimum Form III), NC Niveaux 4 et 5 (critère d’entrée : minimum Form V), Brevet de technicien (critère d’entrée : minimum Form V), Diplôme national (critère d’entrée : HSC/Bac). La durée moyenne des cours est de six mois à trois ans.


(Source : Rubrique Carrière – Une collaboration l’express – Myjob.mu)

 


 

    

Commentaires

Par:-RS
C'est une perception que les cours techniques s’appliquent seulement à ceux qui vont devenir manuels. Je viens de finir une formation technique de 3 ans en technologie de mécanique de bâtiment à Montréal en alternance travail-études. Je suis maintenant technologue et ça m'a ouvert des perspectives énormes. Un jeune qui veut faire carrière dans ce domaine peut avoir un avenir extrêmement brillant sans avoir à passer par les études d’ingénierie. Juste pour donner une idée de comparaison, mon HSC ne m’a même pas permis d’ avoir des exemptions pour certaines parties de ce programme alors que mes notes de secondaire 5 ont servi de pré-requis,… deux années de HSC de gaspillées. On pourrait considérer que dans beaucoup de cas, notre mode d'enseignement à l'ile Maurice est bien dépassé depuis trop longtemps. On veut avoir un HSC pour bien paraitre (surtout pour les parents) et ensuite profiter des contacts pour se faire caser comme simple fonctionnaire dans le public tout comme dans le privé, style 09-16 heures. Que vaut réellement un jeune avec un HSC ? Il y a même des universitaires avec de gros diplômes qui ne sont aucunement pratiques ou ne savent pas se vendre ou communiquer. J’ai déjà suivi deux cours en soudure à l’ex IVTB et j’en ai appris des choses. Par exemple que beaucoup de ‘vieux’ soudeurs dits expérimentés venant de firmes réputées pour avoir une attestation à la fin des cours avaient eux-mêmes réalisé ne pas savoir souder convenablement. On n’a pas nécessairement à être un bon ouvrier et avoir la main mais on peut par exemple mieux gérer une entreprise, identifier les meilleures ressources et surtout s’assurer que tout est fait selon les règles de l’art. C’est ainsi qu’on inculque des valeurs dans chaque entreprise pour devenir crédible…Loin cependant de justifier les conflits personnels au sein de cette organisation. Oublions le paraitre, utilisons les ressources judicieusement, ça coûte moins cher !
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