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Par:-  Gilles Ribouët

On 22/03/2011

A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, redisons-le : nous risquons d’avoir de plus en plus soif. Les chiffres mis en exergue dans l’article figurant en Une de l’express iD témoignent tant du défi que de l’urgence auxquels nous faisons face. «Maurice devrait connaître une pénurie d’eau d’ici 2020», lit-on dans le dossier Perspectives économiques en Afrique consacré à Maurice et édité par la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) en 2007.

Nous voilà donc prévenus. Imaginez donc ce que risque d’être notre quotidien si le simple fait d’être en «stress hydrique» conduit à tant de coupures ? La pénurie devrait porter bien plus sur les nerfs. Alors, pour contenir le mécontentement populaire, on annonce la construction de réservoirs additionnels. Soit. Mais ces ressources supplémentaires suffiront-elles à répondre aux besoins croissants de la population, de l’agriculture, de l’industrie ?

Le grignotage continuel des zones bâties au détriment des champs, qu’ils soient de canne, de fruits ou de légumes, a un impact plus grave sur nos ressources en eau que l’irrigation. Car même si l’agriculture reste le principal consommateur d’eau, c’est bien la mauvaise gestion des terres qui nous conduit au désastre – tant au niveau national qu’à l’échelle d’une maison où, dans les quartiers densément peuplés, les cours sont bétonnées si bien que les drains, souvent bouchés, doivent à eux seuls évacuer l’eau de ruissellement.

Les pluies sont notre seule ressource en eau. Suffisamment arrosée, surtout sur le plateau central et le quart sud-est (plus de 3 500mm/an pour une moyenne totale annuelle de 2 400mm), l’île ne devrait pas manquer d’eau. Mais à force d’imperméabiliser ces zones, à force d’augmenter la pression de la demande, ces eaux se perdent bêtement dans le lagon.

Des mesures portées par les pouvoirs publics auraient pu aider à mieux gérer les terres, aux fonctions environnementales essentielles, ainsi que la ressource en eau : par exemple, subventionner des techniques d’irrigation parcimonieuse, relancer un programme de collecte d’eau de pluie ou contraindre les collectivités à maintenir une ceinture verte. En fait, les hautes sphères ont galvaudé la notion de développement durable, si bien que ce serait aux citoyens de la faire vivre.


Commentaires

Par Silas Marner
Mar 22, 2011
Cher Monsieur, c'est avec beaucoup de joie que je lis vos papiers. Très pertinent celui-ci que vous avez consacré au problème d'eau. Depuis des années, voire des décennies, tout le monde en parle. Les décideurs politiques, les experts, les consultants, les journalistes, le peuple...Tout le monde. Mais la situation de crise perdure à chaque fois que nous tombons sur un long déficit de pluies. Pourquoi donc tous ceux élus par le peuple, tous ceux payés par le peuple pour faire fructifier leur savante expertise, pourquoi tous ces gens-là n'ont pu rien jusqu'ici. Seul un barrage construit en plus de 60 ans! SINON RIEN. Encore une fois, à l'occasion de la Journée mondiale, le ministre concerné va nous sortir le meme blablabla. Que faire? Moi, je n'ai pas de réponse. Je ne suis qu'un tout petit citoyen. J'attends. Tout simplement. Avec toutes mes excuses, M. Gilles Ribouët, en espérant que vous allex lire ces quelques lignes.
Par Lélio Wong
Mar 22, 2011
Comment motiver des citoyens qui sont si souvent innondés à se noyer à maintenir une ceinture verte ? Pas pour permettre aux responsables de continuer à galvauder. L'eau est abondante, c'est la gestion de la CWA qui est une barrique percée. Si l'état a pu déboursé Rs.144 millions pour un hopital gériartique en seulement 7 mois. il aurait plus vite fait pour bousser les fuites d'eau. Une question de volonté. On a trop de parlementaires, mais très peu d'hommes d'action. Il faut aussi sensibiliser le citoyen à ne pas gaspiller l'eau ( exemple en Europe, le chat qui se lèche ). Et dire pas trop longtemps de cela, quand on avait des robinets publiques dans les villages, personne ne se plaignait. Encore une question de moralité.
Par Singfat Chu
Mar 22, 2011
Practical lessons from Cambodia for our CWA. Go to his link: http://www.waterworld.com/index/display/news_display/1383012086.html
Par BB John
Mar 22, 2011
Water Resources people wake up now andork on the plans....
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