vendredi 25 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Amédée Darga : « Il y a trop de forces rétrogrades à Maurice »
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

  |  28/06/2011

Des 12 intervenants du livre «Advocates for change: How to overcome Africa’s challenges», vous êtes le seul à écrire sur un pays, Maurice, et non un thème. Estce à dire que l’Afrique a des leçons à tirer de notre parcours ?

L’éditeur du livre, Moeletsi Mbeki, est effectivement d’avis qu’il y a des leçons à tirer du modèle mauricien, notamment en termes de gouvernance sociale, économique et politique. Maurice est sans conteste le pays ayant le mieux réussi dan la région africaine, même par rapport à l’Afrique du Sud. Cet Etat est plus riche que nous mais la richesse ici est partagée plus équitablement. Notre niveau de développement humain est également meilleur.

Pouvez-vous nous éclairer davantage sur la façon dont Maurice peut servir d’exemple ?

Notre réussite découle de plusieurs choses. Il y a tout d’abord la capacité d’un peuple et de ses dirigeants à interagir favorablement pour surmonter leur vulnérabilité. Toutes les composantes de la société, à divers moments de l’histoire et dans des circonstances variées, ont compris que nobody owes us a living. Et à partir de leurs aspirations, elles ont réussi à créer et accumuler de la richesse.

Nous avons aussi appris à gérer la diversité afin de ne pas en faire une force de destruction.

Autre leçon : celle qui consiste à ne pas tuer la poule aux oeufs d’or. Dans notre cas, la poule était l’industrie sucrière. Les dirigeants ont su avoir une relation astucieuse avec cette dernière en vue de récupérer une partie de la richesse produite.

Il y a ensuite l’investissement dans le capital humain au niveau de l’Etat et des familles. Contrairement à plusieurs pays africains, nous n’avions pas de matières premières. Pour beaucoup de dirigeants du continent, celles-ci constituaient la promesse d’une grande richesse, mais elles se sont transformées en faiblesse. A Maurice, nous avons soutenu l’émergence d’une classe moyenne à partir des petits planteurs.

Ils sont l’équivalent des petits fermiers africains qui, eux, ont été largement  ignorés. Or, chez nous, cette classe a contribué à la création de la richesse et à faire tourner l’économie domestique.

Les forces sociales mauriciennes ont permis l’émergence d’institutions fortes et participatives.

Nous avons été pragmatiques face au développement, contrairement à d’autres pays qui se sont montrés plus dogmatiques.

Cela dit, quel regard portez-vous personnellement sur le développement de Maurice ?

J’ai deux regards. Le premier m’amène à dire que je suis fier du développement politique, social et économique de l’île. Aujourd’hui, les gens vivent cent fois mieux ici que dans n’importe quel autre pays africain.

D’un autre côté, je suis frustré par ce que nous aurions pu être trois fois mieux que ce que nous sommes aujourd’hui. Il existe encore ici trop de forces rétrogrades et pas assez de forces progressistes qui seraient en mesure d’augmenter la richesse du pays, d’améliorer la sécurité et la qualité de vie des citoyens.

Vous avez été récemment nommé pour siéger sur une «High Level Project Monitoring and Implementation Unit». La mise en oeuvre des politiques publiques est-elle le maillon faible de la gouvernance chez nous ?

Maurice a une pléiade de très bonnes politiques, mais une grosse carence pour ce qui est de la capacité et de la volonté de leur mise en oeuvre.

Qu’en est-il du continent africain ?

Dieu merci aujourd’hui, le continent est sur une courbe de développement ascendante. Une poignée de pays a des taux de croissance à deux chiffres. Mais il y a toujours un certain nombre de faiblesses au niveau structurel, en termes de détermination de stratégies de développement et enfin, en ce qui concerne la mobilisation des capacités et ressources humaines nécessaires. La priorité des dirigeants est d’arriver à relever ces trois défis.

Pourquoi la démocratie fonctionne-t-elle chez nous et pas dans la majeure partie des pays africains ?

Je suis de ceux qui ne font pas de la démocratie une panacée. Je fais de la bonne gouvernance une exigence primordiale. Singapour n’a pas de démocratie, mais une très bonne gouvernance.

Ce qui importe, c’est le bien-être du peuple.

Quel est le plus grand défi que le continent africain doit relever dans la décennie à venir ?

L’urgence immédiate, c’est le défi que représentent l’organisation et le développement de la production agricole. J’ajouterais aussi, pour terminer, celui de l’utilisation du foncier agraire.

 

Entretien réalisé par Michel CHUI CHUN LAM

(Source: Lexpress Id)

 

 

 


 

    

Commentaires

Par:-devilish2o
"Je suis de ceux qui ne font pas de la démocratie une panacée. Je fais de la bonne gouvernance une exigence primordiale. Singapour n’a pas de démocratie, mais une très bonne gouvernance." <-- c'est un peu grave ce qu'il raconte là, est-ce aussi la politique de notre très cher premier ministre?
Par:-Bob
Get back to reality SIR/MADAM, this is a secular state.....spiritual side of Mr Darga...hahaha. Monks don't spend their time on how to bank on govt projects, they do something else!
Par:-SIKANDAR
"Je suis de ceux qui ne font pas de la démocratie une panacée. Je fais de la bonne gouvernance une exigence primordiale. Singapour n’a pas de démocratie, mais une très bonne gouvernance.Ce qui importe, c’est le bien-être du peuple." Absolument!!! Mais le bien-être pas à n'importe quel prix; sinon c'est contradictoire et inhumain!!! Le bien-être dans le cadre du respect des droits de l'homme est nettement supérieur à celui où l'être humain est contraint de vivre sans respect de sa dignité, même s'il est bien payé!!! La richesse matérielle doit aller de pair avec l'équilibre intérieur d'une personne. Le côté spirituel de M. Darga, avec l'heureuse complicité de son épouse, ne peut qu'approuver cette précision!!!
Par:-M Mauthoor
A friend of mine in UK from an accounting firm says that BOI does not bother to reply for enquiries unless you either deal through an specified firm of consultant belonging to a boot licker or to be a mauritian born
Par:-Megalol
Anybody to gift this guy a copy of "Look who's talking"!
Par:-Monk
Amédée, to supporte ene gouvernement retrograde. Ki se ressemble s'assemble.
Par:-iqbal carrim
Donc sans les forces retrogades,nous serions trois cent fois mieux encore!
Par:-Alan
Good governance, p faire rier mon ami!!
Vos Commentaires open close
Autres interviews
Nikhil Treebhoohun : «Les traités ne sont d’aucune utilité si les entreprises ne s’en servent pas»
Le CEO du «Global Institutional Investors Forum» parle des perspectives pour Maurice en termes d’investissements en Afrique. Il décortique les spécificités du continent, tout en évoquant les forces sur lesquelles Port-Louis peut compter pour aller vers «la dernière frontière».
Feroz Dahoo : «Les gains perçus sur les taux de change n’ont pas bénéficié aux consommateurs»
Le Chief Executive Officer de Thomas Cook (Mauritius) estime que nos dirigeants doivent démontrer « leur capacité à maintenir la stabilité sociale et politique » et « éviter des pertes d’emplois ».
Dominique Dherve : «Ces plantes qui reviennent sont des porte-drapeaux»
C’est un projet tout à fait exceptionnel : ramener des espèces endémiques disparues à la vie et les réintroduire dans nos forêts. L’une de ses chevilles ouvrières nous raconte comment quelques cellules d’une graine peuvent sauvegarder une espèce toute entière et bien plus encore. Le Directeur du Conservatoire botanique national de Brest nous en parle.
 [3]
Jean-Claude de l’Estrac: « Je trouve la nation plus forte que beaucoup d’entre nous s’imaginent »
La nation, la citoyenneté, l’éthique. Ces sujets ne sont pas souvent débattus. Jean-Claude de l’Estrac qui a été éditorialiste, auteur d’ouvrages sur l’histoire de Maurice et ministre de la République les aborde et se prononce avec une clarté qui témoigne d’une réflexion approfondie sur ces thèmes à portée sociétale.
 [8]
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de Sir Anerood Jugnauth : «Ramgoolam a piégé le MSM avec Medpoint»
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de sir Anerood Jugnauth (SAJ) – le seul à avoir été présent au Réduit le jour de l’annonce de sa démission – affirme que les gens ont peur de montrer leur soutien à l’ancien président de la République par peur de représailles. Presque deux mois après la démission de SAJ, il déclare que ce dernier n’est pas déçu du manque de momentum, mais qu’il est, au contraire, en train de labourer le terrain.
 [12]
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus