vendredi 25 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Me Maneesh Gobin : «Le citoyen se heurte à un mur de silence de la part du fonctionnaire»
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

  |  29/05/2011

L’homme de loi s’élève contre l’impossibilité pour les citoyens d’être soutenus par les services de l’État. Il commente aussi la manière dont les grands pays, dont les États-Unis, malmènent le droit international.

Très souvent les simples citoyens n’ont d’autres recours que, par exemple, Enquête en direct sur Radio One pour résoudre leurs problèmes. N’est-ce pas un signe de l’insuffisance de relais légaux pour ceux qui n’en ont pas les moyens?

D’accord à 100% ! Le citoyen n’a pas accès à l’information. Le citoyen, quand on écoute ces émissions, demande, dans la grosse majorité des cas, à savoir où en est leur demande de pension, de permis ou tout simplement à quelle porte frapper pour telle ou telle autorisation administrative. Le citoyen est perdu. Il n’a pas accès à l’information. Il se heurte à un mur de silence de la part du fonctionnaire. Comme l’a si bien dit Geoffrey Robertson, en parlant de son pays, «Secrecy is the British disease and the civil servant catches it from the Official Secrets Act». Ce «disease» s’est exporté à Maurice aussi ! Ce disease existe à Maurice depuis les temps de la colonisation anglaise et doit être éradiqué ! Il faut que le fonctionnaire de l’État et du service parapublic comprenne qu’il est là pour un service – le public service. À quand notre Freedom of Information Act ? Si un pays comme l’Inde, avec un milliard d’individus, arrive à faire marcher un système de “Right to Information” depuis 2005 alors pourquoi Maurice traîne les pieds ? Faut-il un expert étranger pour cela ? Demandons à l’Inde, notre grand frère, de nous envoyer cet expert s’il le faut, mais il faut get the job done une fois pour toutes. Vous vous rendez compte qu’on nous parle de Freedom of Information Act depuis 1995 ?

À propos de transparence, comment s’assurer que l’offshore mauricien ne sert à financer les organisations criminelles et terroristes?

Les offshore jurisdictions comme Maurice se doivent une vigilance constante et sans faille concernant l’argent sale. Cette vigilance doit commencer au niveau des autorités régulatrices telles la Financial Services Commission et la Bank Of Mauritius. Mais les Management Companies sont tout aussi bien les gate keepers. De par leur nombre, maintenant quelque 148, elles sont les mieux placées pour assurer ce rôle de gate keeper – et la Financial Services Commission et la Banque de Maurice sont les watch dogs de ces gate keepers. Mais quand je constate que la FSC a été décapitée et cela depuis plusieurs mois déjà. Alors, là, je ne comprends pas… Et je trouve incroyable que certains pensent même à fusionner la FSC et la Banque centrale en un mastodonte !

Selon Noam Chomsky, l’attaque contre Ben Laden viole le droit international. Peut-on dire que les USA ont fini par ne plus respecter les principes démocratiques, comme Al Qu’aida?

Les Etats-Unis ont fait de Ben Laden un ennemi d’Etat. Cet individu représentait pour les Etats-Unis une menace certaine à leurs intérêts en tant qu’Etat et à leur sécurité intérieure, une menace pour les citoyens américains. L’équation est donc fort simple : tout ce qui est une menace certaine pour les Etats-Unis passe à la trappe ! «L’attaque» était du point de vie des Etats-Unis une action visant à «protéger» les Etats-Unis et ses intérêts !

Cette «action», ou, pour citer des élus au Congrès à Washington, «the incident», choque beaucoup les esprits des observateurs à travers le monde parce qu’elle s’est produite sur le sol d’un pays étranger et parce que cela ressemble plutôt à une shoot at sight mission.

Des cas “d’arrestation extraterritoriale” ont bel et bien eu lieu dans le passé, c’est-à-dire dans des cas où les agents d’un pays entrent sur le territoire d’un autre pays pour effectuer une “arrestation” d’un suspect “manu militari” au lieu de passer par les filières plus “normales”, comme l’extradition. On peut recenser plusieurs cas dans des pays d’Amérique latine. Le droit international ne reconnaît pas nécessairement ce genre “d’action d’éclat” mais il ne l’a pas sanctionné de manière formelle et directe non plus.

Ceci dit, si le Pakistan n’était au courant de l’opération américaine sur leur territoire, les USA sont potentiellement dans le pétrin concernant la violation du territoire du Pakistan. Une violation peut, en théorie, faire l’objet d’une action de la part du Pakistan devant la Cour Internationale de Justice à La Haye.

Les USA ont contraint d’autres pays à signer un accord de non-extradition de leurs citoyens devant la Cour Pénale Internationale. N’est-ce pas faire peu de cas du droit international ?

Les États-Unis ont démontré à travers leurs actions, tant diplomatiques que militaires, que leurs intérêts et le fameux American way of life passent avant le droit international. After all, size does matter ! Regardez, pour ne citer que ces exemples, le Statut de Rome ou bien le Protocole de Kyoto ou bien Diego Garcia !

Maurice aussi a dû signer ce fameux accord  – il faut demander à Krishnawtee Beegun, qui était alors Secrétaire aux Affaires intérieures, si on avait vraiment le choix !

Il ne faut pas non plus perdre de vue cette vérité : le droit international depuis la fin de la guerre de 1945 a été plutôt “la loi du plus fort” ou “the law of the victorious powers”. Pensez à ce droit de veto que les puissants “five victorious powers” ont jalousement conservé au Conseil de sécurité de l’ONU. Ils ne veulent même pas élargir le Conseil de Sécurité!

Propos recueillis par Iqbal Kalla

    

Commentaires

Par:-Waiting for Godot
As an insider I fully agree with above article. If you think it is bad enough you would be surprised to learn that even insiders are left on the sideline of communication and transparency. It's been six month since I'm still waiting for an attestation and no feedback. There is total impunity at higher level and outsiders as well as insiders bear the whims and caprices of the stooges at the top.
Par:-TonyBoy
Bin Laden avait declarer la guerre aux Etats Unis, quand vous partez en guerre il faut assumer les consequences et non se cacher derriere des femmes et des enfants ou passez votre temps a 'work at home' en demandant a d'autre d'aller se tuer en mission suicide pour votre pseudo-ideologie.
Par:-jean chung
La prochaine fois qu'un pays declare un terroriste comme ennemi de l'etat pour justifier une violation internationale , il lui faut un jugement d'une Cour internationale reconnue pour s'executer.
Par:-VVIZZ
The Porter Value Chain is a model which organizations use to create value and gain competitive advantages. If we apply this model to the business of running a country, the Public Sector as a whole would represent a support activity and the population (working class) would be at the operation level. In this scheme the public sector does not generate revenue for the business but expenses. On the other hand the working population generate direct revenue. Now, if we apply enterprise resource planning to this business we will find out that it is of utmost importance that reliable and accurate information flows fluidly throughout the organisation so that the business can be very efficient and generate maximum growth. Feedback from the operation level will help improve the support activities. The three most important factors in any organisation are COMMUNICATION, COMMUNICATION AND COMMUNICATION. For this to happen the public sector should be open to information sharing. 
A few recommendations would be a total transformation of the workplace culture within the Public Sector where every member of every department of every ministry should be trained in effective public relation and customer service, Managers and supervisors should be part of the team and not above it because if managers are on a different level as the team, communication will not be fully effective - Risks of resistance to change or total alienation - resulting in bad performance of the organisation. Public service officers MUST be educated in understanding that their ultimate aim is to provide assistance to anybody who is seeking for help. An important distinction: running a country is not the same as running a business. The ultimate goal of running any business is to generate profits only whereas a government runs a country to sustain the needs of the people and the country itself.
Par:-Mr X
We never had rights but merely privileges. This has always been the case and will probably never change. But I'm glad some people are beginning to see reality as it is.
Vos Commentaires open close
Autres interviews
Nikhil Treebhoohun : «Les traités ne sont d’aucune utilité si les entreprises ne s’en servent pas»
Le CEO du «Global Institutional Investors Forum» parle des perspectives pour Maurice en termes d’investissements en Afrique. Il décortique les spécificités du continent, tout en évoquant les forces sur lesquelles Port-Louis peut compter pour aller vers «la dernière frontière».
Feroz Dahoo : «Les gains perçus sur les taux de change n’ont pas bénéficié aux consommateurs»
Le Chief Executive Officer de Thomas Cook (Mauritius) estime que nos dirigeants doivent démontrer « leur capacité à maintenir la stabilité sociale et politique » et « éviter des pertes d’emplois ».
Dominique Dherve : «Ces plantes qui reviennent sont des porte-drapeaux»
C’est un projet tout à fait exceptionnel : ramener des espèces endémiques disparues à la vie et les réintroduire dans nos forêts. L’une de ses chevilles ouvrières nous raconte comment quelques cellules d’une graine peuvent sauvegarder une espèce toute entière et bien plus encore. Le Directeur du Conservatoire botanique national de Brest nous en parle.
 [3]
Jean-Claude de l’Estrac: « Je trouve la nation plus forte que beaucoup d’entre nous s’imaginent »
La nation, la citoyenneté, l’éthique. Ces sujets ne sont pas souvent débattus. Jean-Claude de l’Estrac qui a été éditorialiste, auteur d’ouvrages sur l’histoire de Maurice et ministre de la République les aborde et se prononce avec une clarté qui témoigne d’une réflexion approfondie sur ces thèmes à portée sociétale.
 [8]
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de Sir Anerood Jugnauth : «Ramgoolam a piégé le MSM avec Medpoint»
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de sir Anerood Jugnauth (SAJ) – le seul à avoir été présent au Réduit le jour de l’annonce de sa démission – affirme que les gens ont peur de montrer leur soutien à l’ancien président de la République par peur de représailles. Presque deux mois après la démission de SAJ, il déclare que ce dernier n’est pas déçu du manque de momentum, mais qu’il est, au contraire, en train de labourer le terrain.
 [12]
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus