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Antoine de Gaudemar : De la presse écrite à la presse en ligne…
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  |  25/05/2011

« Aujourd’hui, les gens n’ont pas le même rapport avec leur journal « Cofondateur de l’Agence de Presse Libération et journaliste, tel est Antoine de Gaudemar.

Il est actuellement à Maurice pour animer une série de conférences, dont une qui est intitulée «Mutation de la presse : crise ou chance ?» à l’Institut français de Maurice le jeudi 26 mai à 18 heures.

Qu’entendez-vous exactement par «mutation de la presse» ?

J’entends que la presse change car le paysage autour d’elle change. Il y a une baisse au niveau des recettes, notamment publicitaires, et aussi au niveau du lectorat car le prix du journal devient en conséquence de plus en plus élevé. Cette crise est occasionnée par le fait que la presse est concurrencée par beaucoup de nouveaux médias : les journaux gratuits, la multiplication des radios ou télévisions, l’explosion de l’Internet et les nouvelles applications technologiques telles que les iPhones ou iPads qui fournissent une accessibilité constante à l’information.

Et quand vous parlez de «mutation», toute la presse est-elle concernée ?

Je parle surtout de la presse quotidienne généraliste car c’est surtout là que mon expérience se situe. Ce que j’ai pu noter au fil des dernières années est une mutation au niveau de la presse écrite nationale européenne. C’est toute une révolution technologique qui bouleverse le marché traditionnel de la presse écrite qui doit s’adapter mais qui a malheureusement un peu de mal à le faire. La presse magazine est moins visée, selon moi, tout comme les journaux très spécialisés, parce qu’ils ont un lectorat fidèle, à la recherche d’informations bien précises. Lire son Marie-Claire ou Elle en ligne n’a pas le même cachet pour le lecteur.

De votre longue carrière dans la presse écrite, l’on peut supposer que vous avez une vision bien précise quant à l’avenir de la presse écrite face à la «mutation» que vous évoquez…

Elle n’est pas terrible mais en même temps ces changements sont peut-être l’occasion pour la presse écrite de se réinventer. Cela peut être pour elle une opportunité d’innover.

Est-ce que les groupes de presse européens l’ont fait ?

Tous les grands journaux ont maintenant leur site Internet. Cela leur offre la possibilité d’assurer l’info en continu. En 1994 à Libération, nous avons été les premiers à créer un site Internet en France. Mais ça va à toute vitesse ! Les journaux traditionnels peuvent miser sur autre chose, ils peuvent réfléchir plus en termes d’enquêtes, de reportages, d’analyses ou jouer la carte du recul par rapport à l’information instantanée disponible via les nouvelles technologies.

Une information en continu et une mutation qui ont quoi pour conséquences, selon vous ?

Aujourd’hui, les gens n’ont pas le même rapport avec leur journal. Il y a une accélération de l’information, ce qui fait qu’ils n’ont pas beaucoup de temps pour tout assimiler. Il faut noter que la presse écrite quotidienne fait aussi face à une baisse de confiance au niveau du lectorat. Car à force d’être en concurrence, il y a le risque que l’on travaille moins bien, dans un souci de délivrer de l’instantané, ce qui a des répercussions sur la presse écrite.

Propos recueillis par Caroline ASSY
(Source : l’express & moi)

    
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