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Gautam Saddul « L’évaluation de Medpoint à Rs 145 m est une évaluation vaudoue !»
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Deepa BHOOKHUN  |  21/05/2011

● Le chef du bureau d’évaluation a été autorisé à travailler à son propre compte. Est-ce la norme que de lui donner carte blanche ?

Aucun évaluateur du gouvernement ne devrait travailler pour le privé car cela constitue un grave conflit d’intérêt ! Et jamais auparavant, les évaluateurs du gouvernement n’étaient autorisés à travailler à leur propre compte. Seul le chef évaluateur avait le droit de le faire mais les autorisations étaient données au cas par cas. Ce, pour une raison bien spécifique : il n’y avait pas d’évaluateurs privés à cette époque.

● Paul Bérenger a donc raison quand il a dit au Parlement qu’une autorisation générale n’était pas pratique courante ?

Tout à fait. A un moment, le CGV d’alors, Ramrekha, avait été approché par le gouvernement pour faire des évaluations pour le compte de la SICOM. L’évaluation étant un métier relativement nouveau, le gouvernement avait dû envoyer Rajen Ramlackhan à l’étranger pour qu’il soit formé. Entre-temps, l’Angleterre nous avait envoyé M. Tinkler pour nous aider. C’est dire à quel point, à l’époque, il y avait un manque d’évaluateurs.

C’est pour cela que le CGV Ramrekha avait été autorisé à faire des évaluations pour la SICOM. Et c’était toujours au cas par cas.

● Comment expliquez-vous le fait que Yodhun Bissessur ait, lui, eu la permission de faire ce qu’il veut ?

Je ne sais pas ce qu’il a mis dans la lettre qu’il a envoyée au secrétaire financier pour le convaincre. Qu’Ali Mansoor ait pu autoriser une telle chose est inconcevable...

● Qu’est-ce qu’un évaluateur évalue ? Est-il qualifié pour évaluer les équipements d’une clinique, par exemple ?

Non. Un évaluateur évalue tout ce qui a trait à la terre. On n’évalue certainement pas des équipements !

● Dans ce cas, où a-t-il eu cette expertise ?

Il ne l’a pas !

● Selon le «Pay Research Bureau», une des raisons pour lesquelles le chef évaluateur peut travailler à son propre compte est par ce que son salaire n’est pas compétitif.

Dans ce cas, qu’on donne au chef évaluateur un bon salaire, des conditions de travail correctes pour qu’il n’ait pas à aller chercher ailleurs.

● Quel est exactement le rôle d’un CGV ?

Une fois complétée et enregistrée, toute vente de propriété passe par le bureau d’évaluation. Il détermine la valeur de la propriété pour les besoins des Land Transfer Tax, Registration Tax et Capital Gains Tax.

Ces taxes sont calculées sur la valeur que le bureau d’évaluation fixe sur la propriété. Or, beaucoup de transactions sont sous-évaluées. Le système encourage le vendeur et l’acheteur à comploter pour qu’ils paient tous deux moins de taxes.

● J’imagine que les fonctionnaires du bureau d’évaluation sont des gens d’expérience ?

Expérience ne veut pas dire compétence.

Leur expérience est celle du bureau. Ils n’achètent pas, ne vendent pas et, donc, n’ont pas de connaissance du marché. Or, la taxation est calculée sur la valeur du marché.

● Comment procèdent-ils à une évaluation dans ce cas ?

Ils utilisent des comparables. Si j’achète un terrain à Sodnac et le déclare à Rs 10 000 la perche, ils iront voir à quel prix les terres avoisinantes ont été vendues.

● Combien d’évaluateurs y a-t-il au bureau d’évaluation ?

Il y a une trentaine et ils sont assistés par beaucoup de monde. Je dirai qu’une centaine de personnes travaille à ce bureau.

● Si le travail d’un chef évaluateur ou de tout autre évaluateur est de veiller à ce que l’Etat dépense moins, pourquoi, alors, dans l’affaire «MedPoint», ce même bureau a fait une première évaluation pour ensuite la réviser à un montant deux fois plus élevé ?

Dans notre profession, une évaluation n’est pas une science exacte, mais un art.

Deux évaluateurs auront deux opinions différentes de la même propriété.

● Mais avec une telle divergence ?

Non. Généralement, une différence de 10 % à 15 % est acceptable. Jamais 100 % ! A moins qu’il ne s’agisse d’une évaluation vaudoue ! C’est impossible qu’un même bâtiment puisse être estimé à Rs 75 millions et ensuite à Rs 145 millions. A moins que les instructions qu’a eues Bissessur aient été changées.

● Le gouvernement aurait tendance à accepter une évaluation mettant la valeur du bâtiment à un prix plus bas ?

Mais bien sûr.

● Pourquoi avoir eu recours à un «Quantity Surveyor» (QS) pour évaluer la valeur de «MedPoint» ?

Il n’y avait aucune raison. L’on ne fait appel à un QS pour les besoins d’une évaluation que si c’est pour calculer le prix d’un bâtiment spécialisé, que l’on ne peut pas comparer à un autre bâtiment – par exemple une raffinerie. Puisque l’on ne peut pas comparer à un autre bâtiment, l’on calcule la quantité de matériaux – ciment, brique, etc – que l’on aura besoin pour construire un bâtiment.

● Est-ce qu’un hôpital tomberait dans cette catégorie ?

Un hôpital, oui. Pas une petite clinique comme MedPoint. Mais nous savons tous que M. Hoolooman a été piégé dans cette affaire.

● Que voulez-vous dire ?

Bissessur a demandé aux QS du ministère des Infrastructures publiques de procéder à un exercice similaire et ils ont tous refusé car ils savaient que le montant avait déjà été décidé !

● Je croyais que c’était par ce qu’ils avaient trop de travail...

Ça, c’est la raison officielle mais je sais de quoi je parle, croyez-moi. La clinique MedPoint est construite comme une maison – n’importe quel évaluateur qui se respecte aurait pu évaluer ce bâtiment.

C’est pour cela que le numéro deux du bureau d’évaluation n’avait pas besoin d’un QS quand il a fait sa première évaluation !

● Et c’est grâce au rapport du QS que Bissessur a évalué le bâtiment à Rs 145 millions ?

Selon mes informations, le montant avait déjà été décidé. Le rapport du QS a été utilisé simplement pour justifier le montant... Hoolooman m’a dit qu’il n’a jamais été informé du contexte dans lequel on lui a demandé de faire ce rapport.

● Sauf que son rapport vient soutenir le montant de Rs 145 millions.

A l’état neuf peut-être. Ce bâtiment a une vingtaine d’années, ne fallait-il pas déprécier selon les détériorations du bâtiment au fi l des années ?

● Et vous, à combien évaluerez vous ce bâtiment ?

(Rires…) Ah non, si vous voulez une évaluation, il faut me payer !

● Paul Bérenger allègue que Bissessur entreprenait aussi des évaluations pour des ministres...

Cela ne m’étonnerait pas puisque quand j’étais au bureau de l’évaluation, les ministres appelaient souvent le CGV pour négocier directement avec lui.

 

Propos recueillis par Deepa BHOOKHUN

 

    

Commentaires

Par:-Ton Alfred
Ki ou poo dire,plutot pas dire !!!
Par:-dambuster
je ne connais pas ce Mr Gautam Saddul mais ses propos semblent coherents et justifies. et mettent une sacrée claque aux pratiques en cours au CGV. Bizin sanzman !!!
Par:-jacky
Voila donc une mise au point technique confirmant la magouille, corruption et l'insolence de Navin et de son gouvernement. Chose que tout le monde, sauf le peuple admirable, a conclu. Sinon je dirais a Wisdsom que Navin need no advisor for he is riding high and nonchalantly on the wave of "populism".
Par:-mediawatch
mauricien fer ene tas tappage.. mais dan 4ans, lot election.. ou pou trouve sa 3 meme parti la ki pou dirige pays.. Tou les 3 gros parti politique fini corrompus sa.. Moi mo dire vote Parti Malin prochain election o lieu vote bane corrompus..
Par:-Navin
Ena dimounes dan Maurice, plus le peuple donne zotte pouvoir, statut, l'argent et bien etre, plus zotte pas trouve assez. Et sa meme peuple ki pe souffert tous les jours pou joindre les 2 boutes. Apres tou sa scandal ki fine lever lor Medpoint, nek fonctionnaires ki pe faire parade devant l'ICAC. Beneficiares sa mari deal la pas inquieter ditout. Si zotte ti ena un peu sentiment dimounes, et en toute magnanimite, zotte ti bisin dire: OK, si le peuple ena doute lor sa deal la, nou retourne Govt so cheque et refaire bidding la en toute transparence. C'est ce qui dimounes civilisés ti pou faire kan ena ene scandal de sa envergure la, et surtout qui zotte pe jouir lor la tete le peuple depuis des années sans compter bane les autres abus avec les autres batiments. La sagesse n'est pas donnée a tout le monde meme avec l'age. Mentalite voleur, c'est pas seulement ti voyou dans coin lari ki ena sa. Maurice ine pourrie . Et zotte gagne toupet faire sa sans gene. Bane voleurs ki pe crazer dan BBassin et bane dimoune soit disant de sagesse, pena aukene difference. Ena dimoune conne faire l'argent et cone partage avec malheureux. Ena dimoune cone baise l'argent malheureux et cone tricher pou baise plus encore.
Par:-JEAN NOEL
We all know that corruption was involved in Medpoint and the ICAC saga is a joke.....the bottom line is nothing will happen and the mauritian people is awaiting the next mega scandal to hit the headlines...soon medpoint will be history and the jugnauth family will be richer with the blessing of the PM and the labour party......This country is going to the dogs and it should send a very strong message to our younger generation.....Try to go abroad for better pastures if you do not belong to a particular caste or have any political connection.
Par:-Bellountally
Mauriciens pas facile sa....facile devier zot lattention...zot tous pe koz la secheresse, medpoint etc.tous cela rien par rapport a cariat ki fine faire place dans leconomie mauricienne....dette publique - 170 milliards, deficit balance commerciale ine augmenter par 48%, 10 000 000 000 roupies la route ine arranger/refaire, inflation reel ine depasse les 2 chiffre, chomage pe augmenter, gros probleme sociale et delinquence juvenile, pays la ine vine ene lile zougadere (parieurs mise pres 1 000 000 000 roupies par mois),inflation a so comble malgres USD ine baisser par rapport a roupie.....quand ou ena zenfant ou lire ki kantiter la drogue pe saisi ou gagne peur pou ou zenfant.
Par:-Wisdsom
I would most certainly grant Navin an advisor on this issue at whatever cost.To advise him that the sale of MedPoint is an affront to the whole nation and an ignominy to our public institutions.
Par:-pat
Banne voleurs mem ki ena dan Moris. Imaginer si pas ti ena sa kantiter cokin la dans Moris, Moris ti pu arrive bien bien loin..
Par:-freddy
Merci a Gautam au moins to fine ena courage pou donne ene bon eclairsisement lor zaffaire medpoint ...
Par:-polin
So much is being divulged in this affair. But will anyone tell us about the crucial role of a lady who has been masterminding several cases including political alliances and who is bent on only protecting her kins?
Par:-Ah Fock
Tout dimounes trouvé ki éna magouilles , mardailes dans zaffaire Med Point ,zis PM !!! AU lieu met zot dehors , li p proteze li ,ki fer ? So la mains en bas roches ?Li pas ene bon l'exemple sa , kasiet banne mardailleurs . Merci a Mons.Gautam ek Deepa ki fine faire sa zaffaire la vine plis claire pou nou lepep. Nou esperé ki lizyé tang pou ouvert .
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