vendredi 25 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Ashok Radhakissoon : «Le pouvoir peut compliquer l’expression démocratique, pas l’étouffer»
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

Propos recueillis par Iqbal Kalla  |  15/05/2011

L’ex-président de l’Independent Broadcasting Authority et de l'Information and Communication Technology Authority considère qu’un Right to Information Act « est un outil essentiel au service du citoyen dans sa quête légitime de l’information dans son sens large ».

Fin avril, la State Information Commission du Maharashtra décide que le citoyen a le droit d’accéder à toute note du Conseil des ministres. Une utopie pour le Mauricien ?

L’élargissement de l’espace démocratique en Inde est un processus continu depuis son indépendance. Ce processus a connu des hauts et des bas. En Inde comme à Maurice, la Constitution a posé le cadre dans lequel le citoyen peut avoir accès à l’information. La section 12 de notre Constitution reconnaît le droit de chaque citoyen de recevoir et de disséminer l’information. Rien n’est dit sur les conditions dans lesquelles cela doit être fait, ni quelles sont les informations qui seront accessibles ou pas. L’Inde, il faut le reconnaître, est bien en avance sur Maurice s’agissant de la mise en œuvre de ces dispositions constitutionnelles. Le Right to Information Act est un outil essentiel au service du citoyen dans sa quête légitime de l’information dans son sens large.

Il nous faut impérativement à Maurice adopter une législation semblable. Cela dépend de l’exécutif et de l’exécutif seulement. Cela dépend de l’exécutif et de l’exécutif seulement. Si cet exécutif adopte une attitude restrictive qui consisterait à verrouiller l’accès à l’information ma réponse est oui : c’est une utopie. Mais on ne peut pas faire à l’exécutif un procès d’intention. Attendons voir les actes.

La ministre indienne de l’Information, Ambika Soni, a, par ailleurs, demandé à la presse d’éviter le sensationnalisme…

Du fait que le sensationnel accroche et fait donc vendre les journaux, il s’agit de le faire dans le cadre réglementaire et dans le respect de l’éthique du métier du journaliste. Ces deux conditions respectées, ce n’est pas aux politiciens de dire aux journalistes comment faire leur métier. Les lecteurs ont leur bon sens pour faire ce discernement. Les politiciens gagneraient beaucoup à réaliser cela.

L’opacité du fonctionnement des institutions publiques sert donc à étouffer toute velléité de démocratie participative ?

Il est difficile d’étouffer l’expression démocratique du citoyen à Maurice. On peut certainement la rendre plus compliquée. La garantie constitutionnelle des élections générales chaque cinq ans, la liberté reconnue de la presse et l’émergence d’un secteur privé des services de l’information empêcheraient toute velléité dictatoriale.

L’African Media Barometer a récemment dénoncé l’utilisation à Maurice des fonds publics pour récompenser ou punir les titres de presse. Une façon d’étouffer la transparence ?

Je ne pense pas que c’est la transparence qui soit au centre de ce contentieux. Aucun titre n’a disparu ces derniers temps. Je suis d’avis que les journaux se doivent d’être toujours indépendants des partis politiques et des politiciens de quelque bord qu’ils soient. Entre les rédactions et le pouvoir, il ne peut y avoir de passerelles quasi-permanentes mais, par contre, les journaux doivent toujours être aux côtés des lecteurs. C’est la garantie de leur indépendance .Je ne crois pas que des titres bénéficiaires des apports en fonds publics sont les plus lus, ni les plus crédibles.

Il y a un an, vous estimiez que l’IBA Act devrait pouvoir garantir la démocratie audiovisuelle. Qu’est-ce qui empêche l’Independent Broadcasting Authority de jouer pleinement son rôle ?

C’est définitivement son manque d’indépendance par rapport au pouvoir qui nomme ses dirigeants. En droit, tout existe pour l’exercice de cette indépendance mais, dans les faits, le mode de nomination s’accompagne d’une abdication volontaire et tacite de cette indépendance.

    
Vos Commentaires open close
Autres interviews
Nikhil Treebhoohun : «Les traités ne sont d’aucune utilité si les entreprises ne s’en servent pas»
Le CEO du «Global Institutional Investors Forum» parle des perspectives pour Maurice en termes d’investissements en Afrique. Il décortique les spécificités du continent, tout en évoquant les forces sur lesquelles Port-Louis peut compter pour aller vers «la dernière frontière».
Feroz Dahoo : «Les gains perçus sur les taux de change n’ont pas bénéficié aux consommateurs»
Le Chief Executive Officer de Thomas Cook (Mauritius) estime que nos dirigeants doivent démontrer « leur capacité à maintenir la stabilité sociale et politique » et « éviter des pertes d’emplois ».
Dominique Dherve : «Ces plantes qui reviennent sont des porte-drapeaux»
C’est un projet tout à fait exceptionnel : ramener des espèces endémiques disparues à la vie et les réintroduire dans nos forêts. L’une de ses chevilles ouvrières nous raconte comment quelques cellules d’une graine peuvent sauvegarder une espèce toute entière et bien plus encore. Le Directeur du Conservatoire botanique national de Brest nous en parle.
 [3]
Jean-Claude de l’Estrac: « Je trouve la nation plus forte que beaucoup d’entre nous s’imaginent »
La nation, la citoyenneté, l’éthique. Ces sujets ne sont pas souvent débattus. Jean-Claude de l’Estrac qui a été éditorialiste, auteur d’ouvrages sur l’histoire de Maurice et ministre de la République les aborde et se prononce avec une clarté qui témoigne d’une réflexion approfondie sur ces thèmes à portée sociétale.
 [8]
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de Sir Anerood Jugnauth : «Ramgoolam a piégé le MSM avec Medpoint»
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de sir Anerood Jugnauth (SAJ) – le seul à avoir été présent au Réduit le jour de l’annonce de sa démission – affirme que les gens ont peur de montrer leur soutien à l’ancien président de la République par peur de représailles. Presque deux mois après la démission de SAJ, il déclare que ce dernier n’est pas déçu du manque de momentum, mais qu’il est, au contraire, en train de labourer le terrain.
 [12]
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus