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Pascal Ducray (Passeport Gourmet) : «C’est la vente directe qui compte, plus qu’un site web»
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Propos recueillis par Iqbal Kalla  |  08/05/2011

Pascal Ducray est un jeune entrepreneur qui depuis 2008 dirige une entreprise, Oxymore Limitée, qui s’est voulue innovante. Il explique pourquoi son concept de Passeport Gourmet fonctionne.

Deux ans de fonctionnement pour Le Passeport Gourmet et plus de soixante restaurants. Vous avez donc pris votre envol ?

Le Passeport Gourmet a débuté il y a 2 ans et demi. A mon retour d’Europe, j’ai voulu créer un concept qui inciterait les Mauriciens à aller plus souvent au restaurant.

J’ai commencé avec 55 restaurants, proposant à mes clients un passeport à Rs 1 500 l’an, qui leur permet de bénéficier de façon illimitée d’une remise de 15% sur la note totale de leur table. Aujourd’hui, Le Passeport Gourmet comprend 69 restaurants. Mais c’est la qualité des restaurants et non pas la quantité qui compte.

La liste d’abonnés augmente d’année en année. Et des entreprises offrent ces passeports à leurs cadres pour leurs repas d’affaires. C’est aussi perçu comme un «fringe benefit» original utilisé à titre personnel. Le Passeport Gourmet a effectivement pris son envol, avec quelques nouveaux partenariats, dont 20/vin de Grays.

Qu’est-ce qui pousse un jeune, certes détenteur d’un Master of Business Administration, à se lancer dans un domaine aussi incertain ?

Quand je suis rentré en 2008, j’ai voulu monter ma propre affaire. Certes, mon diplôme aurait pu me permettre de faire carrière dans une plus grande structure. Mais rien ne vaut la liberté de diriger une affaire qu’on a montée soi-même. Le Passeport Gourmet était alors un concept innovant, voire un peu risqué pour Maurice, un pays où les gens sont plutôt casaniers. L’aspect pécuniaire joue aussi un rôle important dans le fait que les gens sortent peu au restaurant. L’idée m’est alors venue de les inciter à le faire plus souvent en bénéficiant de remises intéressantes… Pour démarrer, je n’ai pas eu besoin de beaucoup d’investissement : du temps pour préparer le Business Plan, une présentation correcte du projet aux restaurateurs et un peu d’essence dans la voiture pour les contacts. Deux excellents designers m’ont aidé pour le passeport et pour le site web.

Avez-vous bénéficié d’une tutelle des organismes pour la création d’entreprises à Maurice ?

Je n’ai bénéficié d’aucune aide d’organisme pour la création d’entreprise à Maurice. Mon investissement initial était relativement peu élevé et j’ai pu établir mon Business Plan seul, utilisant pour cela mon bon sens. Par contre, mes parents m’ont quelque peu aidé durant la période de création de l’entreprise.

Vous avez un site web très convivial. Est-ce que cela a suffi pour développer votre entreprise ?

C’est un proche qui l’a mis au point, faisant appel à son professionnalisme et à sa créativité. Je souhaite l’améliorer avec plus d’informations, de commentaires et de photos. Mais ce site web n’est qu’un simple support marketing. Une jeune compagnie innovatrice ne peut se permettre de ne pas être présente sur la toile ! Le site est visité régulièrement, mais ce n’est pas ça qui fait vendre, ni la publicité. Pour Le Passeport Gourmet, la publicité sert surtout à gagner en notoriété et en crédibilité. C’est la vente directe qui fait prospérer Oxymore Limitée.

    
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