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Jeet Golam: «Le public attend des sanctions en cas de scandale»
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Ludovic AGATHE  |  28/04/2011

Selon vous, que signifie le vocable «scandale» ?

Un scandale est avant tout une maldonne très médiatisée. On peut prendre l’exemple de Watergate, aux Etats-Unis, médiatisé sur fond d’espionnage politique et de tentative d’étouffement de l’histoire par le président Nixon. Les hautes instances comme le Federal Bureau of Investigation (FIB) et la Central Intelligence Agency (CIA) ayant refusé d’enquêter dessus, c’est la presse qui a fait éclater le scandale.

Doit-on en conclure que c’est la presse qui colle l’étiquette «scandale» ?

Cette presse, agissant comme le quatrième pouvoir, porte son regard sur une affaire quelconque. Mais le fait est que les journaux se vendent, que les gens les achètent par ce que, dans une certaine mesure, ce qu’ils disent les interpelle.

Si on doit parler d’un seuil de ce qui est ou n’est pas scandaleux, les critères mauriciens diffèrent-ils de ceux qui sont pratiqués ailleurs dans le monde ?

Je dirais qu’ils sont les mêmes.

Déjà, les gens lisent beaucoup, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis. Ce même intérêt pour la presse se voit également à Maurice et peut servir d’indication.

Et pourtant, on pourrait croire que le public se montre tolérant face aux affaires douteuses, surtout quand l’Etat est impliqué…

Je ne dirais pas tolérant. Il attend des sanctions. Il est vrai que celles-ci tombent plus vite à l’étranger. Pour faire un parallèle, je mentionnerai le cas de l’ancienne ministre française de la Santé Georgina Dufoix.

Sa formule «responsable mais pas coupable» est restée célèbre quand elle a été impliquée dans l’affaire du sang contaminé au début des années 90.

Qu’on soit coupable ou pas, le peuple attend que la procédure judiciaire soit suivie et que ce soit la justice qui tranche.

Si on dressait une frontière entre Etat corrompu et Etat pleinement démocratique, de quel côté de la ligne se situerait Maurice ?

Il faut dire que le tableau n’est pas tout noir pour nous. En quarante ans d’indépendance, nous n’avons pas connu de guerres ou autres catastrophes civiles. Selon moi, au niveau de l’indice de corruption Transparency International, nous sommes 39e au niveau mondial, en termes de transparence. Cependant, si nous regardons le score, qui est de 5,4 sur 10 et que nous nous comparons à l’Europe, cette note est très basse.

Or, l’Independent Commission against Corruption (ICAC), ici, existe depuis dix ans. Ce n’est plus un bébé. De même, le public sait à quoi s’attendre s’il se fait attraper pour corruption.

Où se situent nos lacunes ?

Déjà, avant les élections, les partis ont des projets qui se voient relégués à mesure que se forment les coalitions.

L’exemple doit venir d’en haut. Et puis, il faut tenir compte de notre nature insulaire, où tout le monde connaît tout le monde. Cela peut facilement engendrer des conflits d’intérêts. Et nous n’avons pas encore cette culture de déclarer si en effet nous pouvons nous retrouver dans cette situation. L’autre problème, c’est le trafic d’influence, où la fonction est utilisée à des fi ns personnelles.

Doit-on craindre, de par la nature opaque des institutions et de la société en général, que ce que nous voyons comme scandales ces temps-ci ne soit que le sommet de l’iceberg ?

Sans doute, oui. C’est une des raisons pour lesquelles Transparency International a introduit les Centres d’action juridique anti-corruption (CAJAC), assistance gratuite qui vise à aider les victimes ou témoins de corruption à dénoncer celle-ci. Nous n’entendons pas nous substituer à l’ICAC. Simplement, nous voulons promouvoir l’autonomisation du public et dégager les méfaits de cette gangrène qu’est la corruption, dont la pauvreté.

Peut-on dire qu’il y a connivence entre l’administration publique, le secteur privé et la classe politique ?

La connivence commence avec le financement des partis politiques et tout le monde a son compte après les élections à travers l’allocation des marchés/contrats. Transparency Mauritius a toujours eu cet aspect comme cheval de bataille. Connivence il y a, et c’est pourquoi nous avons demandé à faire enregistrer les partis comme des sociétés ou des associations, afin que leurs revenus soient audités.

 

    

Commentaires

Par:-Insaf
Au nom de la bonne gouvernanance et de la Transparence, est ce que Mons Jeet ou Jacques de Navacelle peut eclairer le public les criteres qu'ils utilisent pour admettre des membres au sein de Transparency Mauritius et choisir son CEO..ou encore quelle evaluation Transparency Mauritius fait-il des institutions de Bonne Gouvernance comme le National Committee on Corporate Governance dont le President n.est autre que Tim Taylor, celui la meme qui est toujours directeur d'Air Mauritius en depit de l'episode de la Caisee Noire! Merci pour une reponse claire et precise
Par:-Pierre
Government should invest twice thrice or even 5 times more in the fight against corruption! 100 million  is far to low to be able to track corruption offenders n money launderers!those people are dealing billions and it is one of the biggest threat to our economy.100 million sounds like peanuts.Cannot really understand what is the purpose of cajac?.I wish them good luck but it will be a miracle if this new born baby ever manages to grow a single milk teeth.
Par:-Ugli
ICAC ene mari bebe sa!!! Zisse pou change so couche bizin 100 millions
Par:-preeti
Transparency international et transparency mauritius c'est qui? qui les finance et pour quel objectif? quel sont les membres du board? il faut qu'ils donnent tous ces details, car maintenant ils sont dans le public eye. quel est le salaire de mons golam? a qui rend-t-il pontes du secteur privé ont quelques choses a dire. d'ou viennent de grosses sommes pour payer les corrompus?. est-ce ces memes personnes qui financent TM?
Par:-Fred
eski pena opacite dan cajac la mem??where does transparacy get its funding?ki score zot pe cozer!!zamais zone ressi expliquer kuma fer sa bane score la ek si li reliable ou non!!kuma dire zot pe fer pibliciter!!ek feter kan score la bas!!zot bizin aport zot contribution pu le pays si zot sincere!!pu aret corruption desane lor terrain explik dimune!!la loi bizin severe ek bizin gagne bane gros coquin la oussi!!lerla dimune pu comprend!!licac ek cajac tu sa la nu pa conner!!rezilta ek condamnation ki dimune ouler!!ek lor scandale c'est bane media ki choisir ki zafer scandale ou non!!en 2011 nu encore croire tu sa ki zournal dir nu!!tipu bon si transparency ou si pa cajac fer ene letude lor la!!
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