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Alexandre Jeker : « La libéralisation du marché du ciment profite au consommateur »
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Pierrick Pédel   |  27/04/2011

Quelles sont les perspectives du secteur de la construction dans le public ?

Il y a actuellement d’énormes projets d’infrastructure, comme le barrage de Bagatelle, le Dream Bridge, ou l’extension du port. Tous ces projets vont nécessiter des ciments spéciaux, comme le ciment au laitier ou le ciment prise mer. Jusqu’à présent, il n’y avait qu’un type de ciment disponible à Maurice, du fait du contrôle du secteur par le gouvernement. Mais maintenant que le marché a été libéralisé, Holcim va investir dans une unité de mélange qui va permettre de produire ces autres types deciment. Ces nouveaux produits seront beaucoup moins chers que si les sociétés de construction devaient les importer. En outre, ces nouveaux types de ciment seront certifiés par le Mauritius Standards Bureau, ce qui va leur conférer une garantie de qualité.


Quelles sont ses perspectives dans le secteur privé ?

Il faut différencier le marché résidentiel et le marché corporate. Le marché résidentiel n’enregistre pas de croissance, car l’inflation et les incertitudes économiques ne poussent pas les particuliers à investir. En revanche, du côté des entreprises, on assiste à plusieurs investissements, notamment dans les centres commerciaux comme Bagatelle, La Croisette à Grand-Baie, ou Circle Square à Forbach. Dans le secteur hôtelier, on constate toutefois un ralentissement des investissements.

On parle d’une libéralisation du marché du ciment. Quelle forme devrait-elle prendre ?

Je pense que le gouvernement a pris la bonne décision. Et la libéralisation totale était la seule façon de le faire. J’ai toujours été persuadé que cette libéralisation interviendrait, ne serait-ce que du fait de l’arrivée de nouveaux opérateurs. L’ouverture du marché du ciment posait en effet un problème dans le cadre du contrôle du marché par le gouvernement, qui importe environ 50 % des besoins en ciment pour en revendre aux cimentiers. Est-ce que les nouveaux arrivants allaient devoir acheter leur ciment auprès de la State Trading Corporation (STC) ? Ce qui serait revenu à leur donner une part de marché gratuitement.

Dès lors, la libéralisation était la seule solution viable. J’ai également toujours été persuadé que l’arrivée de nouveaux acteurs nous obligerait à réagir. La marque Holcim est désormais bien présente à Maurice et l’année prochaine, nous allons proposer à nos clients de nouveaux produits.

Nous sommes en train de remplacer tous nos sacs de 50 kg par des sacs de 25 kg, afin de nous adapter aux besoins de notre clientèle. Nous organisons des séminaires avec des ingénieurs et des architectes, pour expliquer le potentiel des nouveaux ciments. Et nous allons lancer une série de rencontres avec des utilisateurs finaux, pour former les maçons aux nouvelles applications de ces produits.

Nous avons également amélioré la qualité de nos services, en étant, par exemple, le seul cimentier de l’île à fournir à ses clients un ciment provenant toujours de la même usine. Cela permet à nos clients de réduire de 12 % la part de ciment dans leur mélange, tout en garantissant la même performance pour le béton. Tout compte fait, la libéralisation est bénéfique au consommateur final.

Propos recueillis par Pierrick Pédel

Lire l’intégralité de cette interview sur la version électronique de l’express.

 


 

    
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