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Par:-  Nazim Esoof

On 25/01/2011

Avec les sempiternels scandales tels que le rachat de la clinique MedPoint par l’Etat, l’affaire sur la souveraineté des Chagos et bien d’autres anomalies à différentes échelles de la vie publique, on ne peut que constater que plus le temps passe, plus le ciel s’assombrit.

Mais cette actualité journalistique demeure, quelque part, anecdotique. Ce sont des événements qui n’affectent pas notre vie directement. Même si on doit s’en offusquer, ces largesses témoignent d’une véritable caricature de la démocratie.

Parallèlement, il est un fait qu’on s’enfonce dans un mode de vie qui donne le tournis. Un simple exercice.

Combien sommes-nous à dormir avec nos téléphones portables sous l’oreiller ? A pouvoir prendre un petit déjeuner avant de nous lancer dans les embouteillages?

Combien sommes-nous, avant même de dire bonjour à nos collègues, à lancer nos ordinateurs pour prendre connaissance de l’activité nocturne de notre page Facebook chaque matin au bureau? Le constat est simple.

Globalement, le temps nous échappe. C’est à une course contre la montre que l’on se livre et, cela, de plus en plus dans un monde virtuel.

Ces phénomènes n’épargnent pas nos jeunes non plus. Bien au contraire, ils sont les plus touchés. C’est toute une génération d’êtres humains qui est devenue une extension de la machine : des cellulaires aux laptops en passant par des bâtiments de plus en plus impersonnels et froids. Ce processus de déshumanisation pourrait être irréversible.

Nous sommes dans un monde de désirs artificiels.

Toujours avoir le dernier modèle de téléphone portable, des voitures plus luxueuses, des ordinateurs plus sophistiqués... Pour se donner l’illusion que nous essayons d’être différents ou encore que nous tentons de ne pas nous laisser piéger, nous avons inventé toute une race de gourous : maîtres en hygiène de vie, en spiritualité, en management, en pensée positive… Les librairies inondent leurs rayons d’ouvrages de cette nature à tel point qu’elles sont devenues rébarbatives pour ceux qui, il y a encore quelques années, ouvraient les livres et les humaient avant de les acheter.

Aujourd’hui, on veut faire un cadeau à un ami, on lui achète un grimoire d’un quelconque gourou pour qu’il réussisse sa vie. La déferlante des maîtres-penseurs est symptomatique d’une époque où la pensée est devenue un programme. Il n’est pas étonnant, dans un tel contexte, qu’on rythme sa vie de projets toujours plus difficiles à réaliser et souvent superfétatoires.

A côté, les Rs 145 millions versées pour le rachat de la clinique MedPoint ne sont qu’une anomalie d’un système gangrené à la base même…

 


Commentaires

Par jacky
Jan 27, 2011
Le troisième millénaire serait spirituel ou ne serait pas nous disait Andre Malraux. Tout a fait juste Nazim, back to essentials.
Par ghazi/shaheed
Jan 26, 2011
A circuler à tous les adolescents dans les écoles
Par Moksa
Jan 26, 2011
This is the plight of the mauritian middle class well described.. It seems that the poor have no story to tell! Who cares about their plight? The nation has been sick spiritually for decades. In another few more decades it will be in intensive care approaching the point of no return. No amount of money can heal it. When one is sick, lying on a bed made from solid gold will not influence the progress of the disease. No religions, socio-cultural groups or government policies can cure it. In fact they are part of the disease. As long as one feels inwardly at one with this rotten, ruthless, putrid society, corrupted from top to bottom, one's pain is chronic and will end only on one deathbed. Society causes the illness. Therefore it cannot provide the means to cure it. There is a way to acquire immunity to the diseases of society. One will seek this 'way' only when its value is felt to be greater than the power and money.
Par DHOLOK
Jan 25, 2011
Tres bonne reflexion! Il est temps "to go back to the basics", mais vous avez raison. Ce que nous avons fabriqué et mis en marche est irreversible. Beaucoup d'entre nous sont en train de devenir des esclaves des temps modernes! Vivra qui saura briser les chaines! Et vivra bien qui verra dans les petites choses de tous les jours, un bonheur immmense.
Par Baltazar
Jan 25, 2011
Et dire qu'il ne coute pas grand'chose pour se développer spirituellement et vivre heureux. Je pense que le Dalai Lama est l'homme le plus heureux du monde parcequ'il se sert encore des principes naturels. C'est la bonne volonté qui fait triompher.Le gourou moderne qui court avec le temps est programmé à nourrir ses vices , l'être humain qui se sert de son esprit évolue avec la nature et protège son environnement sans faire du mal à son prochain. C'est du luxe naturel qui ne lui coute rien.
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