vendredi 25 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Mahen Gowressoo : « C’est le ministre Jeetah qui a fait le hedging à la STC»
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

Deepa BOOKHUN   |  23/04/2011

● Malgré toutes vos dénonciations publiques sur le «hedging» et ses conséquences, un fait demeure : c’était vous le ministre en fonction à cette époque...

Ah non, jamais ! Le hedging a été fait par le ministre Rajesh Jeetah et le directeur général (DG) de la State Trading Corporation (STC) d’alors, Ranjit Soomaroah. Je suis arrivé le 13 septembre 2008.

● Quand avez-vous donc été mis au courant de la situation ?

J’ai été mis au courant peut-être une semaine après ma prise de fonction, quand le DG Soomaroah est venu me voir pour me dire que j’allais probablement avoir à répondre à des questions sur l’affaire. Il m’explique alors que la STC a fait un hedging mais que, depuis, le prix du pétrole ne fait que baisser.

● Alors que la STC a «hedge» sur $ 161 le baril ?

Oui, alors qu’à l’époque, le pétrole se vendait à $ 142 le baril.

● Pourquoi ont-ils «hedge» à $ 161 quand le prix est plus bas ?

C’est pour cela que je veux faire comprendre à la population qu’il y a eu une grossière erreur. Car je ne crois pas dans le hedging. Quand j’ai réalisé à quel point ils ont commis des bourdes, j’ai fait commander un rapport d’un expert, Monsieur Dobson. Il dit dans ce rapport qu’il n’y avait pas lieu pour la STC de hedge puisqu’il est le seul importateur des produits pétroliers. Puisqu’elle n’a pas de concurrent, elle peut se permettre de répercuter la hausse et la baisse des prix pétroliers directement sur la population. Les gens auraient compris, parce qu’ils savaient qu’il y avait une crise. Il n’y avait donc aucune raison de hedge.

● Avez-vous demandé à Ranjit Soomaroah comment cette décision a été prise ?

Il m’a dit que le conseil d’administration de la STC a pris la décision de hedge puisqu’à cette époque, les prix montaient dangereusement. Et que le Premier ministre avait dit, dans ses discours lors de fonctions, que le pétrole allait coûter $ 200.

● La STC s’engage dans une transaction financière de cette envergure sur la base de ce que dit le Premier ministre dans ses discours remplis d’anecdotes ?

C’est quand j’ai été nommé ministre du Commerce que j’ai réalisé à quel point la gestion de la STC était catastrophique.

● La STC a-t-elle consulté des experts avant de prendre cette décision ?

Ils m’ont dit qu’à cette époque, les experts disaient que le baril allait coûter plus de $ 200.

● Quand vous avez découvert la catastrophe, en avez-vous discuté avec votre collègue et prédécesseur, Rajesh Jeetah ?

Pourquoi devais-je en parler à Rajesh Jeetah ? Il s’occupait alors d’un autre ministère et on m’a passé le bébé.

● C’est lui qui a approuvé le «hedging» et vous ne lui demandez pas des détails ?

Je ne sais pas si c’est lui qui a approuvé ou pas. Ce que je sais, c’est qu’il était ministre du Commerce à l’époque.

● Qui a donc pris la décision de faire le «hedging» ?

Je sais que le hedging a été fait par Ranjit Soomaroah et le Hedging Committee et qu’ils ont eu l’aval du ministère. Cette affaire aurait aussi dû passer devant le Conseil des ministres, mais cela n’a pas été fait. Cela laisse comprendre que c’est le ministère qui en a pris la responsabilité.

● Qu’avez-vous fait après que Ranjit Soomaroah vous a expliqué la situation ?

Il fallait trouver un moyen d’éponger ces dettes. Dans le calcul du prix des produits pétroliers, il y avait une provision pour le hedging qui était de Re 1,50. Avec Ranjit Soomaroah et Rama Sithanen, nous l’avons majoré à Rs 3.

● Vous admettez donc que c’était votre décision ?

Non, ce n’était pas ma décision !

● Mais c’est vous qui avez signé.

Je n’avais pas le choix. Ce n’est pas moi qui prends les décisions concernant l’argent, c’est le ministre des Finances.

● Vous n’avez pas dit que vous n’étiez pas d’accord pour passer ce fardeau aux consommateurs ? Que ce n’était pas correct de leur demander de payer pour l’erreur d’un ministre et d’un fonctionnaire mal inspirés ?

Il fallait trouver une façon de combler cette dette. Si j’avais dit non, j’aurai dû démissionner.

● Donc, vous acceptez de ponctionner Rs 3 sur chaque litre d’essence et de diesel pendant quatre ans ?

Nous n’avions pas décidé de la durée.

● Il n’y a pas eu de projection faite sur la base de vos ventes ?

Ce n’était pas important. Il s’agissait de ponctionner cet argent pendant tout le temps que nous repayions les dettes. La STC a dû repayer la somme qu’elle devait à Morgan Stanley en juin 2009. Pour ce faire, elle a dû contracter des prêts et les Rs 3 servent à repayer ces prêts.

● Et ces Rs 3 par litre représentent Rs 100 millions par mois pour la STC ?

Non, bien plus. A peu près Rs 200 millions. La STC vend 400 000 tonnes de diesel et 250 000 tonnes d’essence par an. Faites le compte.

● Quand est-ce que les dettes liées au «hedging» ont été repayées ?

En février-mars 2011.

 ● Vous en êtes sûr ?

Bien sûr. J’étais le ministre responsable de la STC. Maintenant, j’entends dire qu’il faut payer jusqu’en avril 2012. Je me pose des questions. Que va faire la STC avec cet argent ? Si elle veut se montrer transparente sur ce sujet, il faut qu’elle vienne dire combien d’argent elle a eu chaque mois à travers les Rs 3. Combien de diesel et d’essence elle a vendu et quel montant du prêt a été repayé et quand.

● L’on dit qu’il reste Rs 1,2 milliard à payer...

Je ne peux pas croire ce que «l’on» dit. Je demande à voir les chiffres. Pourquoi ne pas déposer ces chiffres au Parlement ?

● Quand le gouvernement a réalisé l’ampleur des dégâts, est-ce que le Premier ministre a mis le ministre Jeetah devant ses responsabilités ?

(Hésitations…) Je ne sais pas.

Vous dites qu’il y a un prêt de $ 18 millions qui est en train d’être repayé avec les Rs 3 des automobilistes. D’où tenez-vous cette information ?

C’est le ministre Soodhun qui dit que la STC a pris un découvert bancaire. Cela inclut toutes les dépenses de la STC, y compris la catastrophe des gros pois pourris et du lait Amul. Puisque tout est dans un même compte bancaire.

D’où viennent les Rs 18 millions ?

(Sourire…) J’ai mes informations.

Je me demande si, en fait, c’est en Megh Pillay, le DG de la STC, que vous n’avez pas confiance ? Car Showkutally Soodhun ne s’occupe pas de la STC, il ne fait que répondre aux questions au Parlement.

Je ne connais pas Megh Pillay.

Pourtant, vous faites des allégations sur la gestion de la STC...

Non, je ne fais pas d’allégations. Je ne fais que poser des questions par rapport à la réponse qu’a donnée Showkutally Soodhun au Parlement. Comme ancien ministre, je m’en prends au ministre mes critiques ne sont pas adressées à Megh Pillay.

Mais ni Showkutally Soodhun ni Megh Pillay n’étaient là quand le «hedging» a été fait. Ce n’est pas très juste de leur tomber dessus.

Je ne leur tombe pas dessus. Je veux savoir où on en est avec le prêt et combien il reste à payer. Nous demandons la transparence. Nous savons très bien à qui revient la faute : à celui qui était là avant moi. Mon problème avec Showkutally Soodhun, c’est qu’il est en train de raconter n’importe quoi.

Quel est votre intérêt dans toute cette histoire ?

J’étais un ministre du Commerce, un ministre droit, et je pense qu’il faut une personne comme moi à ce poste. Mais je n’ai pas eu de ticket. Toutefois, cela ne change rien au fait que Showkutally Soodhun «is not the right person in the right place». Quand j’étais ministre du Commerce, il n’y avait aucun problème. Au contraire, j’ai réglé les problèmes des autres. Et vous savez quoi ? J’étais un bon ministre.

En février 2010, nous avons frôlé une pénurie d’essence. Je l’apprends le jeudi, en sachant que la prochaine cargaison arrive le dimanche. Vous croyez que j’en informe le Conseil des ministres ? Non, je ne veux pas paniquer la population. Je négocie avec les compagnies pétrolières. Je cherche à savoir où l’essence est disponible et je demande aux autorités portuaires de traiter l’arrivée du tanker en urgence. Lundi matin, l’essence était là et personne ne savait qu’on avait frôlé la catastrophe. Si je l’avais dit, tout le monde se serait rué vers les stations-service et, là, nous aurions véritablement fait face à une pénurie. C’est cela être un bon ministre.

Propos recueillis par Deepa BOOKHUN


 

    

Commentaires

Par:-PLOUM PLOUM- THE CAT CALLING THE KETTLE BLACK
@Paul The Octopus - Pussycat ! Comme to habituer dire : SERVI NU PEI
Par:-tex
et dire ki ministre jeetah in decorer par navin ramgoolam. bravo ,
Par:-johny matadeen
tou bane incompetent bientot zotte pou bisin rendre compte, dimoune pe vine plis misere are zote, zote roule bel bel l,auto, dimoune pe mort sans manger , bisin alerte opinion international bana la banque i coma f.m.i, b.a.d,etc pou faire zotte connais comment l,argent qui gouvernement prends are zote comment gaspiller ,et qui la population qui bisin payer apres,ena beaucoup passe droit, corruption,ene sel frange la population qui pe jouire, les zotte pe bisin dimande chariter,pour survive, prend compte, banne vermine , zotte jours pe compter zotte l.heure pe approcher les peuples pe trop soufert, zotte pou bisin rendre compte, population sere ceinture ,pendansti li roule l.auto 19 millions rs, pena cash pou donne donne travailleurs , 144 millions ena pou mets dans poches la famille jugnauth, c sa la transparances , bientot zotte pou bisin rende compte
Par:-Rana Khol
S'il est vraiment droit comme il le dit, il devrait demissioner comme ministre!!!
Par:-Nash2
Paultheoctopus is absolutely right.The interviewer as always is after the sensational without going into the real issues.Poor little Mauritius,a land where we prefer to cultivate palabres as somebody rightly said.And the sega,sorry the incompetence saga goes on.In the meantime the Soomaroahs, Jeetahs,Bansrazs,Benidins et al of this world are enjoying their millions while lepep tempo is paying through the nose!!! Editor's Note: How can a reader be so biased and say "The interviewer as always is after the sensational". The journalist puts his question and the guest chooses to answer the way he thinks fit. It's up to him to decide whether to be sensational or not.
Par:-observateir
The 5 Billions lost could have financed the circular road, or 2/3 of the harbour bridge, or 1/3 of the metro leger project! This would have at least the traffic headache of the population instead of it going down the drain!
Par:-Monk
Mille fois Gowressoo !
Par:-Paultheoctopus
This interview does nothing apart from confirming the idiot savant role that Gowressoo seems to relish. It asks many questions which are no doubt relevant, but fails to address the fundamental issue which, to be fair to Gowressoo, is often alluded to by him . 'Grossiere erreur','ils ont commis des bourdes', etc, etc should have led to two obvious questions: 1/ Do you think Jeetah/Soomaroah and others are guilty of criminal negligence in this case which has cost the taxpayer over Rs5 billions?2/ If so, do you think they should be charged with malfeasance/misfeasance in office? In the absence of questions which deal with the heart of the problem, (i.e. a gross case of criminal negligence and the loss of money which, for example, would have been sufficient to replace all the old, rusty pipes of the CWA), this interview unfortunately does not take us much further than regurgitating known facts about Gowressoo. Such a pity, as Ms Bhookun is usually more trenchant...
Par:-PETROL
We can say whatever we want on Gowressoo, it is to be noted that he was a good minister. Not very innovative but a good one in terms of day to day management. After the demise of Desbro,he has also well managed his enterprise to success. But my question is about Hon Jeetah. For how long will we Mauritians be subject to such a farce with all his PhD, Cambridge and Oxford …blablabla. I think if I am not mistaken Mr Gowressoo does not possess a tenth of what Hon Jeetah has. But still the former has been a better minister. I do not have to list the "gabbegies" of Hon Jeetah, as they are of the public domain already but this interview is quite revelating about how we Mauritians are a bunch of gullible fools. Year in year out. It is a shame to our intelligence and good faith. How can a man with such a background be so much protected by the Prime Minister. Either the PM changes his ministry for all his "gabbegies" or changes his constituency for the same reasons. I am sick of seeing this guy being such a fool and costing us lots of Monies. Now he is also making lots of "gabbegies"(his trade mark). He is dreaming of thousands of foreign students coming here without taking into consideration lodging,logistics,sanitary measures etc..More recently that is day before yesterday,he organised a validation workshop on the basis of document full of mistakes,including grammatical ones. My goodness where are we going. I would suggest to the PM, if you are bound to protect this guy, create a "MINISTERE DES AFFAIRES INUTILES",give him all his perks but stay at home and do not let him come close to any matter of National importance. Believe me, my dear friends, this is going to be cheaper options for us hard working Mauritians. Mr Jeetah I heard that you were recently decorated by your previous universities but frankly do they know about your statement of results as a minister? Surely they will be as ashamed as us Mauritians.
Par:-Un electeur de no 3
Voila un Gowressoo qu'on a constamment tourne en ridicule qui fait la lecon a Sieur Soodhun. Qu'est ce que ce dernier a a dire? Une face a face nous aidera a voir plus clair. Gageons que Soodhun trouverait une parade pour se dedouaner. A part de zazer il n'est bon qu'a cirer les chaussures de bhye Anirood. Si j'etais Paul, j'aurais invite Gowressoo a prendre la parole le 1 mai comme guest speaker pour qu'il mette la pendule a l'heure. Ce sera le clou. Gowressoo, parions le, nous fera rire.
Par:-MBCTV
Et que le Premier ministre avait dit, dans ses discours lors de fonctions, que le pétrole allait coûte"Ramgoolam the main source of all theproblems affecting Mauritius!Ramgoolam the main source,responsible for all the frustrations,dissatisfactions, and anger in the Labour party! "Je ne sais pas si c’est lui (Jeetah) qui a approuvé ou pas. Ce que je sais, c’est qu’il était ministre du Commerce à l’époque."Well that's clearly a cop out from Gowressoo.As a new minister,did he not read for himself the contents of hedging documents,to ascertain for himself,what were the implications,for STC and indeed the population?Did Gowressoo.not check the signatures authorising the hedging disasters?Or is it a question of blaming the civil servants,and incompetent political nominees? Still what is worst today is that the same Jeetah has been given the portfolio of tertiary education!Everyone knows through his declarations on television how out of place and uncomfortable he is with matters education!No wonder ,Imperial College of Medicine has chosen Singapore over Mauritius to set up a campus!No one in Parliament has to date asked Jeetah,why this is so!But then one must wait for his replacement to ...etc.etc.
Vos Commentaires open close
Autres interviews
Nikhil Treebhoohun : «Les traités ne sont d’aucune utilité si les entreprises ne s’en servent pas»
Le CEO du «Global Institutional Investors Forum» parle des perspectives pour Maurice en termes d’investissements en Afrique. Il décortique les spécificités du continent, tout en évoquant les forces sur lesquelles Port-Louis peut compter pour aller vers «la dernière frontière».
Feroz Dahoo : «Les gains perçus sur les taux de change n’ont pas bénéficié aux consommateurs»
Le Chief Executive Officer de Thomas Cook (Mauritius) estime que nos dirigeants doivent démontrer « leur capacité à maintenir la stabilité sociale et politique » et « éviter des pertes d’emplois ».
Dominique Dherve : «Ces plantes qui reviennent sont des porte-drapeaux»
C’est un projet tout à fait exceptionnel : ramener des espèces endémiques disparues à la vie et les réintroduire dans nos forêts. L’une de ses chevilles ouvrières nous raconte comment quelques cellules d’une graine peuvent sauvegarder une espèce toute entière et bien plus encore. Le Directeur du Conservatoire botanique national de Brest nous en parle.
 [3]
Jean-Claude de l’Estrac: « Je trouve la nation plus forte que beaucoup d’entre nous s’imaginent »
La nation, la citoyenneté, l’éthique. Ces sujets ne sont pas souvent débattus. Jean-Claude de l’Estrac qui a été éditorialiste, auteur d’ouvrages sur l’histoire de Maurice et ministre de la République les aborde et se prononce avec une clarté qui témoigne d’une réflexion approfondie sur ces thèmes à portée sociétale.
 [8]
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de Sir Anerood Jugnauth : «Ramgoolam a piégé le MSM avec Medpoint»
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de sir Anerood Jugnauth (SAJ) – le seul à avoir été présent au Réduit le jour de l’annonce de sa démission – affirme que les gens ont peur de montrer leur soutien à l’ancien président de la République par peur de représailles. Presque deux mois après la démission de SAJ, il déclare que ce dernier n’est pas déçu du manque de momentum, mais qu’il est, au contraire, en train de labourer le terrain.
 [12]
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus