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| | Par:- Jean-Claude de l'Estrac
On 15/02/2009 |
La contestation des employés d’« Air Mauritius » s’amplifie. Faut-il donc fermer la compagnie nationale d’aviation ? Je n’ai entendu personne proposer la liquidation de cette entreprise considérée jusqu’à très récemment comme l’une des réussites de la nation. Et c’est tant mieux. Faut-il alors jeter par-dessus bord tout le management et son conseil d’administration afin de redresser la barre ? Je ne le pense pas. Même si l’on devait conclure à des erreurs de gestion, la priorité de l’heure, c’est bien le redressement de la compagnie. Il ne devrait pas être question de nouveaux départs dans l’immédiat, du moins pas tout de suite, pas en pleine phase de restructuration. D’ailleurs, le management doit-il assumer seul le blâme de la dérive ? Le gouvernement, qui a imposé tant de contraintes opérationnelles à la compagnie, et qui continue à le faire, en porte une part de responsabilité. Si l’Etat fait partie, aujourd’hui, de la solution aux problèmes d’« Air Mauritius », il a aussi fait partie du problème. Ce point est crucial car dans la crise qui frappe la compagnie, il convient de distinguer les problèmes qui sont de nature conjoncturelle, comme ceux entourant le fameux « hedging » et ses désastreuses conséquences financières, des problèmes qui sont d’ordre structurel. Je crois que la question de structure - structure opérationnelle et décisionnelle - est de loin la plus importante. Une entreprise peut se relever d’une mauvaise décision prise dans une conjoncture défavorable, mais elle ne réglera pas durablement ses problèmes si des faiblesses structurelles persistent. C’est le cas d’« Air Mauritius ». Si le plan de restructuration qui se dessine se limite à un simple exercice comptable et d’assainissement de sa trésorerie sans poser la question de son autonomie de gestion, ce sera prescrire du Panadol à un cancéreux. Le cancer qui ronge « Air Mauritius » depuis des années et qui paralyse une part de son activité trouve son origine dans sa structure financière étatique. Comme l’Etat est l’actionnaire majoritaire, il a toujours considéré qu’il était de son droit de peser sur un certain nombre de choix managériaux de l’entreprise. Il le fait systématiquement dans les deux domaines qui déterminent le plus l’efficience de la compagnie aérienne : le contrôle de son réseau et sa gestion du personnel. La question du réseau d’abord. Aucune compagnie aérienne ne peut prétendre à la profitabilité si elle gère son réseau et la fréquence de ses vols sans tenir compte du commercial et du financier. C’est ce qu’ « Air Mauritius » est forcée de faire parfois sous la dictée du gouvernement, insensible à la saignée financière que les mauvais choix occasionnent. Certes, dans certaines circonstances, la compagnie nationale d’aviation peut prendre en considération des objectifs nationaux plus larges, à condition que les exceptions ne deviennent pas la règle. Or, elles le sont devenues dans le cas d’« Air Mauritius ». C’est un problème majeur. Ce n’est pas la peine de faire appel à des consultants en aviation si, en définitive, c’est un ministre ou un lobby qui détermine le choix d’une route aérienne. En revanche, je n’imagine pas « Air Mauritius » programmer ses destinations sans tenir compte des besoins et des attentes de l’industrie touristique, principale pourvoyeuse de ses clients. A ce sujet, l’industrie hôtelière est d’ailleurs toujours en attente anxieuse de quelques décisions urgentes. Et il ne faut pas se tromper, les conséquences pourraient être dramatiques. Le deuxième problème est encore une résultante des pressions gouvernementales. « Air Mauritius » possède un personnel pléthorique, grossi par les politiques clientélistes des gouvernements successifs. Qui plus est, c’est un personnel extrêmement bien payé, bénéficiaire de nombreux privilèges, négociés périodiquement par les syndicats auprès de directions faiblardes, acheteuses de fausse paix industrielle, sous le regard attentif et attendri de l’Hôtel du gouvernement. Que personne ne se leurre, c’est le « staff » de la compagnie qui jouit de conditions salariales bien au-dessus de la moyenne nationale. Les dirigeants des syndicats, très astucieusement, ont réussi à amener le débat sur les rémunérations soi-disant exorbitantes du « top management ». C’est démagogique, ça marche. Mais, à vrai dire, ce n’est pas là où le bât blesse. Dans l’ensemble, les conditions de cette catégorie de managers sont inférieures à ce qui existe dans les entreprises du secteur privé. Et il est injuste de lyncher ainsi des hauts cadres qui obtiennent, grosso modo, l’équivalent de deux mois de salaires sur les profits de leur entreprise, quand elle en génère. Le bonus, dont on parle tant ces jours-ci, concerne la dernière année financière qui se termine en mars, et qui fut profitable. Cette année, le « top management » ne pourra pas en bénéficier. Si la restructuration vise à moderniser la gestion de l’entreprise, elle ne pourra pas faire l’économie d’une révision complète de sa politique de recrutement et des conditions salariales de son personnel. Autrement, je ne vois pas comment la compagnie pourra prendre l’engagement de réduire ses coûts par plus de Rs 400 millions. Il faudra que le gouvernement laisse faire le management. Mais je ne le vois pas prendre cette vertueuse posture, lui qui a les yeux rivés sur la prochaine échéance électorale. Il le fera d’autant moins que c’est l’argent de l’Etat qui permettra à « Air Mauritius » d’éviter la banqueroute. Beaucoup d’argent à un moment où le gouvernement, frappé par la crise économique, commence à en récolter moins. Même si, en vérité, une injection de Rs 1,4 milliard dans une entreprise qui fait un chiffre d’affaires de Rs 19 milliards bien qu’en butte à un problème de liquidités, ce n’est pas la mer à boire. Mais quand le gouvernement aura investi davantage d’argent public, en accordant du « cash » directement, en permettant, en outre, à la compagnie de se décharger d’un bâtiment de plus de Rs 800 millions que l’Etat se propose d’acheter, le risque est qu’il se drapera d’une légitimité plus grande encore pour dicter ses desiderata. Le problème, donc, n’est pas ce que l’on croit : les Rs 2,7 milliards nécessaires à la compagnie pour résoudre son problème de liquidités, elle va les trouver, mais si elle ne retrouve pas la capacité de gérer l’entreprise sans ingérence extérieure, si elle ne retrouve pas un conseil d’administration composé de directeurs compétents et libres, si elle ne parvient pas à mettre au pied des syndicalistes qui se croient co-gestionnaires, « Air Mauritius » piquera effectivement du nez. Pas cette fois. La fois prochaine.
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| Zorro | | | Like you JCL, I get good info from my friends at Air Mauritius at all levels, i.e. management, parallel management, employees and unions. What you are experiencing is typical of the Air Mauritius Intersyndicate. They can criticize, but don’t like to be told the truth about them. I am not here to rubbish unions, but let me be clear, in the Air Mauritius saga, the Union is as liable as Management. Let me explain. If Management sometimes has been too soft vis a vis the Government, the Union on the other side has been masters in using the situation to try and get what they want over the years using the Government also. One example, sometime back one the Unions wrote to Government to ask for the appointment of one of the parallel management staff to a position of Top Management bypassing Air Mauritius HR and Board. Fortunately, it did not work this time. Why would a Union use that path, when they say loud and clear, that they want meritocracy to prevail. Is it just to please the public at large and get their sympathy? Do what I want, not what I do! What game is it? Government driving Top Management and Union driving Government, no wonder it does not work, you need to close the loop. In electronic it is called a feedback loop otherwise the system goes haywire! Poor Government, I am tempted to say, I feel sorry for them! My advice if you will allow me, to all concerned. If you want to put your house in order, going public like you guys are doing now, is just making it worse for your Company and making a fool of yourselves. All airlines in the world are trying to see how to get through this difficult period and our National Airline, instead of thinking and using its energy to find solutions, the employees and management are fighting. What a shame. You should forget about the past, your advisers with their own agenda, sit around a table and sort out the matter between you, otherwise you might be in for a big surprise when you wake up one day and find you have no job. | | | JIncy Dolo | | | Once I travelled MK, at came my turn there was no food left. At MK they can't even count up to the number of passengers on a flight.So your guess, what it is in the board room of MK. | | | Ghazi /Shaheed | | | Air Mauritius is to stay.One of the core problems is ACCOUNTABILITY.
The directors and top management must publicly own their responsiblities and submit themselves individually to them for the way forward.
The major shareholders must equally own their reponsibilities publicly and inject fresh capital to resuscitate the company.
Do the players have the courage to do this? | | | A laureate of Leckraz Teeluck SSS | | | Let's get realistic. Air Mauritius is a hopeless case. There's absolutely no rescue plan that can be made. It is bound to bankruptcy and bound to crash. Nothing lasts forever. Everything has an end, and Air Mauritius now lives its last part of its existence. | | | rambo | | | merci M. De L'Estrac pou sa analyse la. as a journalist u did a pretty good job. toutefois c ki mo fine remarker c ki ou parole avek ou lékritir envole ensame....caravane pé continué passer... | | | Zapata | | | Trés bon analyse mais croire moi pas pou aucaine changement dans ça pays la. Li vraiment triste mais Nou Ile Maurice enn HOPELESS CASE parski so politique basé lor communaliste. Perso mo pas truv aucaine simé pou sorti dans ça difé la sauf si bondié uler . | | | just a mauritian | | | its all very well worrying about airmauritius. who is going to to something about this country's shocking drug issue and its associated criminality .can anyone tell me ?lets not forget the situation Aruba faced when an english tourist was murdered recently . Aruba was on skynews night and day . Guess what happened to tourism there since!! stop worrying about airmauritius. let try and prevent portlouis turning into bogota | | | joy | | | Just stop having a management team composed of politican reference, family or parent..Air Mauritius will always suffer blows until it refrain from this pratice and recruitment be made on pure meritocracy and experience. | | | A laureate of the RCC | | | Well-observed, Mr de l'Estrac: abuses are from all employees, not just Top Management. Everyone, as the PM said in his press conference, everyone at Air Mu gets free tickets for example. And excellent per diems on top of lodging and food when they are in transit overseas. But does the staff of Air Mauritius give it back to the customer, to passengers, in terms of in-flight quality of service? I've flown Air Mauritius for dozens of times now and I can tell you that the quality of service on-board is poor, the stewards and hostesses don't care as much as they should, and they don't deserve their money. | | | Elise | | | Well done, Mr De l'estrac....Air Mauritius suffers from a long cancer which can be cured by asking the management to leve pake aller and have the right people in the right place | | | Brede | | | Everything happen for the best. Its time to change, we CAN DO IT but we don't WANT. Now you are forced to bring he private to run the business and stop the "protege montagne". Now its a rolling stone it wil pick other parastatal (parasitestal) on its way. | | | Awara | | | After the bail out it will be business as usual. There is no accountability. | | | Zorro | | | Jean Claude de l'Estrac, you have put your finger in the pie. I hope 'lepep admirable' will now realise that they are being taken for a ride by a handful of Air Mauritius employees looking after their own interest. This cancer can be cured by administering a strong dose of chemotherapy (political will). Some weeding must be done at all levels in the company and it will come right. The majority of employees are fed up with the present situation and would like to get on with their work to get Air Mauritius out of trouble. Let us pray that one day, Politicians in general will realise that Air Mauritius is not a toy. | | | Anonymous | | | La plupart de managers d'Air Mauritius n'ont pas les compétences pour gérer les départements qu'ils ont en charge. Ils ont cette chance d'être parenté, amis proche des politiques. Il y a trop de managers, trop d'incompétents qui prennent des décisions irréfléchies. Après tout, pourquoi ils devraient s'en faire, c'est les mauriciens qui vont payer leur mauvaise gestion. La prévision des risques, ils ne connaissent pas et ne maîtrisent pas. Air mauritius part à la catastrophe !!!!! | | | Dan | | | Bravo! You've hit the nail on the head.
I only wish everyone would look at this grave issue with more reason and less passion. Barking at the wrong tree and bringing the issue to a personal level will only make things worse. | | | joy | | | Good analysis, Mr de l'Estrac. Having been in different govts, you are aware of the system. I am sure that you and your paper will support the correct and necessary reforms. I agree when you say that Air Mauritius should have a competent management, that is free to take decisions for the well-being of the company and free from lobbies. I am sure that your paper's articles will also be written by competent people having the right knowledge and not politically biased. The time is not for amateurism. | |
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