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Kris Seeboo : «Je ne dirai pas non à un retour à la National Empowerment Foundation»
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Propos recueillis par Karen Walter  |  20/03/2011

Après les hôtels Beachcomber et Emirates, ce sont désormais les atouts de The Link à la Cybercité que vante Kris Seeboo. Le nouveau directeur de l’ex-Four Points évoque les innovations à venir dans cet établissement, et évoque son parcours à la National Empowerment Foundation (NEF).

Quelles sont les raisons derrière le rebranding du Four Points ?

Il faut toujours répondre aux attentes changeantes d’une clientèle extrêmement exigeante. Notre nouveau logo qui monte toujours en vertical et dont la limite serait infinie colle parfaitement à l’hôtellerie qui est un domaine qui ne cesse d’évoluer.

Est-ce que l’opération de rebranding ne portera pas atteinte à l’image de l’hôtel ?

Un nom ne veut rien dire si on n’apporte pas de la substance et une âme autour du mot. Je vais utiliser l’expression de Shakespeare : What’s in a name ? Nous avons choisi The Link pour la simple et bonne raison qu’il faut qu’on soit toujours à l’écoute, sans avoir le droit d’être figé aux paramètres immuables. D’ailleurs, Maurice a toujours été connue non pas pour l’appellation de ses hôtels, mais beaucoup plus pour sa qualité de service et la prestation offerte à tous ceux qui nous ont fait confiance.

Après votre expérience dans le milieu hôtelier, notamment à Maurice et aux Seychelles, que comptez-vous apporter de plus à The Link Ebene City Hotel ?

On a augmenté notre effectif de 10% pour atteindre 170 employés et on s’est fixé comme objectif de faire de The Link, un lieu incontournable et une adresse «chill out», après une journée de dur labeur. Pour cela, nous avons recréé le bar en l’espace de trois jours pour une ambiance cosy et branchée. Outre de proposer un service de restauration pour la famille mauricienne, nous ouvrons aussi notre salle de banquet qui peut accueillir jusqu’à 400 personnes, pour les mariages et anniversaires, avec toute la prestation hôtelière autour. Je remercie aussi l’équipe actuelle de l’hôtel qui a été très solidaire avec la nouvelle conception.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à renforcer votre personnel ?

Depuis qu’on a repris cet hôtel, au lieu de réduire, nous avons augmenté le nombre de personnel pour la simple et bonne raison de permettre aux employés d’évoluer dans un bon environnement, avec moins de pression de travail. Ils pourront ainsi mieux répondre aux attentes des gens qui fréquentent l’établissement. Je suis convaincu qu’avec l’équipe actuelle, nous allons relever notre objectif, qui est de répondre aux aspirations des clients.

La valeur humaine dans l’hôtellerie ne serait-elle pas en perte de vitesse ?

Maurice peut être fière de la valeur humaine qui a fait le succès de ce secteur. Maurice, ce n’est pas que ses bâtiments ou simplement ses plages, mais la qualité de l’âme mauricienne qui s’y trouve. Je crois en cette valeur intrinsèque des Mauriciens. A ce jour, chaque fois qu’il y a eu des crises, les Mauriciens ont su être à la hauteur et relever le défi. Si le tourisme connaît un succès, c’est aussi grâce à ces décideurs et pionniers de l’industrie touristique, dont Michel Pitot, Herbert Couacaud, Paul Jones qui ont pu influer un dynamisme et une certaine vision à ce que le pays peut offrir, sans oublier toute la politique gouvernementale dans ce secteur.

Pourtant nombreux sont ces mauriciens qui préfèrent aller explorer d’autres horizons par manque de motivation. Le Chef Gilles Bosquet qui vient de décrocher une étoile au Guide Michelin est l’exemple typique d’un Mauricien qui s’est distingué non pas dans son pays mais en France…

Je salue la belle réussite de Gilles Bosquet. Voilà un bel exemple de la conviction du travail bien fait et d’un jeune Mauricien, soutenu par ses parents et propulsé dans un environnement ou le seul mot clé est la compétitivité. Si ce Mauricien a réussi, pourquoi pas tant d’autres ? Après plus de 50 ans dans l’hôtellerie et le tourisme, Maurice doit se targuer de la réussite des Mauriciens dans ce secteur. La valeur mauricienne n’est pas à négliger et je pense qu’il faut donner plus de chances aux Mauriciens pour qu’ils puissent viser plus haut, sans pour autant être xénophobe. Les Mauriciens réussissent à condition de leur créer cet environnement et leur donner les possibilités.

Pour changer de sujet, que retenez-vous de votre parcours en tant que Manager du CSR Committee, placée sous la tutelle de la National Empowerment Foundation (NEF) ?

Je suis extrêmement heureux que le gouvernement et le secteur privé m’aient donné la chance de pouvoir servir le pays. Ce service est extrêmement valorisant dans le sens qu’on m’ait donné l’opportunité de créer le pont entre le dynamisme et la vision du secteur privé, afin de créer un plan d’ensemble pour répondre aux attentes de la société civile de Maurice, notamment créer des cellules qui permettraient de combattre la pauvreté dans sa globalité.

Envisagez-vous un retour à la NEF ?

Si je devais y retourner, je le ferais avec grand plaisir, tant que je peux servir mon pays et une cause aussi noble. Par contre, je suis pour l’idée que tout concept doit évoluer, au fil des années, avec des actions correctives afin de s’adapter à la réalité du contexte mauricien. Et pour cela, je fais confiance aux décideurs actuels de pouvoir mener à bien cette tâche difficile mais fort louable que Maurice serait très fière.

    
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