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Commandant Viljœn
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Par:-  Rabin BHUJUN

On 12/12/2010

 
 
Suivant, s’il vous plaît ! C’est à croire qu’une fi le imaginaire, composée de gestionnaires les uns plus compétents que les autres, serpente jusqu’au parvis de l’immeuble d’ Air Mauritius à Port- Louis. Chacun d’entre eux attendant d’être nommé à la tête de la compagnie d’aviation nationale. Sinon, comment expliquer la facilité avec laquelle le gouvernement change le patron d’une des entreprises les plus stratégiques du pays ? Dans cette affaire, ce que Raj Bungsraz a pu commettre ou omettre de faire en soixante- dix jours n’est que secondaire.

Ce sont plutôt les effets du phénoménal « turnover » à la tête de la compagnie nationale qui doivent retenir notre attention.

C’est d’ailleurs avec incrédulité qu’on se prend à refaire le calcul. Depuis 1997, les sept personnes qui se sont succédé à la tête d’ Air Mauritius l’ont chacune dirigée, en moyenne, pendant moins de deux ans.

Cette statistique nous mène à une terrible conclusion. Air Mauritius n’a probablement été réellement gérée que durant la moitié des treize dernières années ! Il existe en effet un temps de latence entre la prise de fonction d’un patron et le moment à partir duquel il commence à diriger son institution en y laissant ses marques de gestionnaire et de stratège.

Dans une entreprise aussi complexe qu’ Air Mauritius – ses actifs se chiffrent en dizaines de milliards de roupies et elle emploie environ 3000 collaborateurs – des experts en gestion estiment que le CEO passe environ un an à être « in offi ce but not in power » Les patrons successifs d’ Air Mauritius depuis 1997 ont donc perdu un peu moins de sept ans en temps de découverte, d’adaptation et d’apprentissage ! C’est là le scandale. Car malgré la caisse noire, les attentats du 11- Septembre, l’épidémie de chikungunya, un hedge calamiteux, la crise internationale et le « CEO turnover » , Air Mauritius a néanmoins réussi à dégager des résultats fi nanciers relativement satisfaisants durant cette période. C’est à se demander ce que serait la performance de la compagnie si jamais elle avait eu à sa tête une équipe dirigeante stable et performante durant tout ce temps- là.

Esquissons donc ce qu’aurait pu être l’action d’un CEO d’ Air Mauritius solidement installé à son poste et bénéfi ciant du soutien total de son actionnaire le plus important: l’Etat. Ce patron- là aurait pu réformer en profondeur les structures de l’entreprise ainsi que son management – surnuméraire - en appliquant toutes les recettes préconisées par les experts de Mc Kinsey. Sans devoir être l’objet de représailles et de complots internes.

Le CEO idéal d’ Air Mauritius aurait également pu se poser en acteur incontournable de la première industrie du pays : le tourisme. Défi nissant conjointement avec les hôteliers, la Mauritius Tourism Promotion Authority et le ministère du Tourisme, les pans essentiels de la stratégie touristique de notre destination. Sans craindre d’apprendre à travers la presse que son entreprise va ouvrir une nouvelle desserte aérienne ici ou là. Parce qu’un homme politique l’aura décidé de son propre chef… contre toute logique économique ! Le patron du transporteur national devrait également pouvoir gérer au jour le jour son entreprise afi• que celle- ci propose le meilleur service possible à tous ses clients. Et non pas s’atteler personnellement à ce que les vols d’une petite clique de puissants se déroulent le plus agréablement possible.

Notamment en s’assurant que les hôtesses soient dévouées tout en n’oubliant pas, par exemple, de faire en sorte que le whisky servi à bord soit d’excellente facture.

Depuis la mise à pied de Bungsraz par le conseil d’administration d’ Air Mauritius , ce mercredi, c’est le Sud- Africain Andries Viljoen, Chief Finance Offi cer/ Chief Information Offi cer de l’entreprise qui assure l’intérim. Diffi cile de dire si l’ancien patron de South African Airways fi nira par être le CEO idéal tant recherché. Sa compétence ne semble faire que peu de doute. Il reste donc à savoir si le pouvoir politique lui donnera les moyens de diriger effi cacement et surtout librement Air Mauritius . A première vue, le Premier ministre apprécie Viljoen. Quelques semaines après la nomination de celui- ci, début 2009, Ramgoolam avait dit voir en lui une personne compétente « qui a fait ses preuves » . Le seul problème… c’est qu’il a également dit cela d’autres anciens patrons d’Air Mauritius – Megh Pillay, Nirvan Veerasamy ou même Manoj Ujoodha ! Les démonstrations publiques de soutien de Ramgoolam ne sont pas des gages de longévité à Air Mauritius … Viljoen doit donc être prévenu, si les vols d’une certaine clique se déroulent tranquillement, il se pourrait qu’on ne trouve rien à redire à sa gestion. Si toutefois, les sièges de première classe se bloquent ou que le whisky servi est de mauvaise qualité, Viljoen pourrait dans les deux ans à venir contribuer à faire grimper le « CEO turnover » de l’entreprise. Et de 8…


Commentaires

Par Cherif
Dec 13, 2010
-Alfred Nobel is wallowing in parochialism. According to your definition of democracy Mauritius is as democratic as France I guess. Or as India. Get off!
Par Arlette Lajolie, Montreal
Dec 13, 2010
-A quick analysis of the 2009-2010 Annual Reports of both MK and SIA is enough to summarise the MK problems. SIA has an annual revenue of $12B and a personnel size of 25,000 - this approximately gives a return of $500,000 for each person employed. MK has an annual revenue of $500M for a personnel size of 5,000 - this approximately gives a return of $100,000 for each person employed (in other words five times less). MK could approach the SIA Revenue to Personnel Size ration if it had only 1,000 employees. A possible conclusion therefore is that the PM should not only have replaced the No. 1, but could also have sacked the top 3,999 MK personnel after the CEO. Quite a lot of pen-pushers and fringe benefit consumers for an industry sub-standard performance! (If the business seats on MK flights are always full, they are all taken by staff on fringe benefit free travel).
Par Nash2
Dec 12, 2010
-Singfat Chu,bel bel dialogue ki pas marcher dans Moris.Ici nu cause joli cause pour la galerie ek vive comme banne vrai hypocrite.Alors laisse Prince ek so banne valets amuser.
Par Alfred Nobel
Dec 12, 2010
-Singapore is run by dictators. Mauritius is a vibrant democracy. Don't worry. We are always told by the West that without democracy there will be no sustainable development
Par charlie
Dec 12, 2010
-I agree with Sing Fat Chu's viewpoint. However, for Air M to have S Airlines performance is another story. It will involve changing the mindset of the Mauritian electorate who interpret governance as sharing the fruits of victory at the General Elections.
Par Lee Sing Sek
Dec 12, 2010
-Singfat Chu's point is valid but incomplete. He failed to see how World Bank-averse Singapore actually is. No boys are active imbuing policies with poison that simultaneously serves private rent-seeking interests. In Singapore policies are home-grown and doctrine-free.
Par jincy D'Olo
Dec 12, 2010
With MK CEO employment history, no one capable/qualified to hold the office of CEO, will bother to take employment with MK. MK will always get a monkey at its helm,unless their is a policy change. .When its not those in political power,who wants to dictate a line of conduct to the CEO, its the share holders,who wants it their way.Mixed with all these you need to be of the right caste,with the right colour tie round your neck.And to top it all to be able to discriminate,and give credit/promotion to political nominees when required. The "caisse noir" saga does not do any justice to the Mauritian nor to the share holders.Its s big scandal, that has been washed down by those in power, and the opposition is guilty for its silence. Both have benefited from these funds.Faith has been lost in the court capabilities to punish those guilty.The political desire for equal opportunity is a big farce .
Par Singfat Chu
Dec 12, 2010
The root cause of the cancer pervading throughout the entire MK organism is the "influence politicienne" of the Government of Mauritius. Contrast MK to SIA: Both have the state as majority shareholders (55% in the case of SIA vs some 51% for MK). Yet one is a global benchmark in service and profit delivery. The lesson to learn is that Temasek Holdings, the investment arm of the Singapore Government does not interfere in the running of SIA. It is run according to the principles of competence and meritocracy and this is the exact prescription for MK for a healthy future.
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