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Quand Basant Roi soutient Bheenick
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Par:-  Stéphane Saminaden

On 17/11/2010

Le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing Bheenick, attire l’attention sur un problème complexe à l’occasion de la publication du bilan de cette institution pour l’année 2010.

Il pointe du doigt la contribution obligatoire que doit faire la Banque centrale dans les caisses du gouvernement à partir de ses bénéfices. Ce montant est statutaire et fixé à 85% de ses profits. La différence de 15% devant être versé obligatoirement aussi dans le fond de réserve de la Banque.

Dans le débat actuel « I would go with the Governor for a lower percentage of transfer of profit to Government”, declare Basant Roi.

De trop grand transfert au gouvernement empêche la Banque centrale de montrer l’exemple en matière de provisionnement dynamique pour inciter les banques et institutions financières de constituer une réserve pour faire face aux coups durs.

La Banque centrale possède des réserves mais elles seraient insuffisantes si l’on suit le raisonnement de Rundheersing Bheenick. Pour l’année financière 2008, la Banque de Maurice a puisé Rs 4,7 milliards de ses réserves pour compenser une perte du même montant sur les devises étrangères. Grâce à ce recours, elle avait pu verser Rs 1,3 milliards dans les caisses de l’Etat.

En 2009, la Banque de Maurice a versé Rs 3,9 milliards à son fond de réserve et Rs 1,2 milliards au « Consolidated Fund » de l’Etat.

Cette année, les bénéfices ont chuté à Rs 72 millions contre Rs 1,4 milliards l’année dernière. En l’absence du bilan comptable complet on ne sait si la Banque de Maurice contribuera cette année aux caisses de l’Etat. Probablement pas.

Dans ses commentaires sur les résultats 2010 Rundheersing Bheenick se dit « consterné » par l’impact de cette absence d’une politique de provisionnement sur le bilan de la Banque centrale. Mais cela était « prévisible » car ses appels en ce sens ont été « ignorés », se plaint le régulateur.

Dans son analyse, le régulateur actuel est rejoint par l’ancien gouverneur de la Banque de Maurice, Ramesh Basant Roi. « Le provisionnement dynamique est un principe qui vaut la peine d’être considérée dans une industrie financière où des entreprises sont récalcitrante à construire des réserves durant une période économique faste afin de se protéger contre un revirement qui entraînerait des pertes sur les prêts accordés », déclare Ramesh Basant Roi.

Un bilan modeste, voire faible, peut avoir des effets sur sa capacité la capacité de la Banque de Maurice à entreprendre une politique monétaire, analyse Rundheersing Bheenick. C’est une politique de plus en plus populaire au niveau des banques centrales étrangères, dit-il.

Ramesh Basant Roi fait ressortir que laisser une plus grande liberté à la Banque centrale pour décider du montant de ses contributions aux caisses de l’Etat risque de causer un « tug of war annuel entre la Banque de Maurice et le ministère des Finances ». Car les différences d’appréciation ne manqueront pas. C’est pour éviter cette situation que des pourcentages obligatoires ont été fixés légalement dans le Bank of Mauritius Act 2004.


Commentaires

Par banquo
Nov 18, 2010
Lorsque les réserves internationales de la Banque de Maurice augmentent cela fait la une des médias avec l’emphase mise sur la couverture de « tant de semaines » d’importation. Cela rassure les citoyens mais donne lieu à des effets pervers. Le rapport annuel 2010 de la BOM a fait état du manque à gagner sur le rendement de ces réserves dans une conjoncture des taux d’intérêt, approchant zéro, aux États Unis, au Japon et en Europe. Ce qu’il faut savoir c’est le processus du flux des devises dans notre économie. Les interventions, ces derniers mois, de la BOM sur le marché des changes indiquent qu’il y aurait un surplus émanant principalement des recettes d’exportation de biens et services, de l’investissement des capitaux étrangers ou des ventes de devises de la part des titulaires des comptes bancaires en devises. La banque centrale en émettant des billets et pièces en roupies pour l’usage des citoyens crée de la monnaie à partir de rien (out of thin air) dont le montant total est inscrit au passif de son bilan. Cette monnaie entre vos mains constitue un instrument de dette à zéro intérêt et s’il vous vient l’envie de vous faire rembourser cette dette chez la BOM, celle-ci ne peut faire autrement que de vous remettre la même valeur en billets ou pièces ! Voyons maintenant comment se fait l’achat, par exemple, d’un montant de 500000 dollars par la BOM : La banque domestique/vendeuse instruit son correspondant bancaire étranger[ chez qui elle détient son compte] de le débiter et virer ce montant de 500000 dollars au crédit du compte de la BOM chez la FED (banque centrale américaine).Au bilan de la BOM ce montant devient un actif, rehaussant ainsi ses réserves en devises, et la contrepartie au passif est inscrite en roupies au crédit de la banque locale, rehaussant les dépôts/réserves de celle-ci, à son tour. Mais d’où proviennent ces roupies additionnelles ? Eh bien, elles sont créées à partir de rien, mais cette fois au lieu d’être imprimés en billets, elles ont fait l’objet des écritures électroniques/digitales. Donc en ce faisant la BOM augmente le montant de monnaie domestique en circulation et l’inverse se produit lorsqu’elle vend des devises et récupère les roupies qui sont détruites électroniquement, comme elles avaient été créées. Ce processus provoque en même temps un excédent des dépôts (au delà des fonds obligatoires non-rémunérés-cash ratio) par les banques commerciales chez la BOM, qui est amenée à émettre des bons (BOM Instruments- euphémisme d’un compte d’épargne)pour les résorber et en les rémunérant. Vous vous demandez probablement pour quelles raisons la BOM crée de la monnaie gratuitement pour que les [autres] banques centrales et commerciales en profitent actuellement ? A cogiter jusqu’à la présentation du Budget !
Par lavwalepep
Nov 18, 2010
How banquo? By learning to be lean....
Par banquo
Nov 17, 2010
The Annual Report is now online. Some quick observations: BOM has changed external auditors with Deloitte being replaced by KPMG! The Government will receive Rs 61.5 million as contribution compared to Rs 1.2 billion in 2009, thus reducing substantially Pravin Jugnauth’s so- called “marge de manoeuvre”. Operating income decreased from Rs 2,292 million to Rs 1,027 million (-55%) whilst operating costs increased from Rs 766.2 million to Rs 934.2 million (+22%), with staff costs jumping from Rs 236.2 million to Rs 281.7 million (+19.3%) and Directors’ Remuneration from Rs 10.5 million to Rs 20.4 million (+94.4%), against an inflation rate below 3%.How you’re gonna justify these with to-day’s announcement of 3.2% in”compensation salariale”!! More comments later…
Par Observer
Nov 17, 2010
As Minister of Finance, Bheenick was the one who pumped Rs700 million from the Central Bank's current and past profits to cover his own `trou`. Now he is telling his friend Pravin he can`t do it. Hilarious!
Par Brito
Nov 17, 2010
Agree banquo. As usual local journalists bow to gospel!
Par banquo
Nov 17, 2010
The concept of dynamic provisioning applies to commercial banks whose sole objective is to maximize profits. Central Banks’ mandate is not profitability but price stability, but at this stage, no meaningful comments can further be made until BOM’s 2010 full Annual Report and Accounts are available on its website; why there is a delay in doing so seems quite puzzling…
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