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Les devoirs du lauréat
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Par:-  Rabin Bhujun

On 08/02/2009

 

C’est leur quart d’heure de gloire. Pendant encore quelques jours, quasiment tous les journaux et radios leur demanderont ce que ça fait d’incarner l’excellence académique de Maurice. Ensuite, nous oublierons les noms et les visages de ces lauréats. Après quelques années, ils oublieront à leur tour que l’Etat et les contribuables mauriciens ont financé généreusement leurs études dans les plus prestigieuses universités étrangères. L’ingratitude ordinaire dont fait preuve une bonne partie de cette élite en a blasé plus d’un.

Faut-il donc réformer profondément notre système d’allocation de bourses de fin d’études secondaires ? Oui ! Les statistiques du ministère de l’Education choquent. De 1995 à 2006, moins de deux lauréats / boursiers sur dix ( soit 18 %) sont revenus travailler au pays après leurs études supérieures.

C’est notre système éducatif qui est d’abord en cause. En effet, il apprend à nos meilleurs élèves à résoudre des formules mathématiques et à maîtriser des concepts économiques complexes, sans leur inculquer la moindre notion de civisme. Les lauréats Malaisiens ou Singapouriens savent pourquoi ils doivent rentrer au pays. D’ailleurs, ils le font. Les jeunes Mauriciens, eux, s’en fichent un peu…

Civisme, reconnaissance, devoir… ce sont là peut-être des mots un peu trop pontifiants. Changeons donc de registre, pour illustrer l’aberration sous un angle purement économique. Un entrepreneur doit dégager des retours sur investissement quand il injecte des capitaux dans son business. Un gouvernement, quand il alloue des dotations budgétaires à des projets, s’attend à ce que la société ou l’économie en tire des bénéfices. Calculons…

Durant l’année 2010, Rs 149 millions seront allouées au financement des bourses d’études des lauréats. Si nous nous fions aux chiffres de l’éducation nationale, 82 % de cette somme, soit près de Rs 123 millions seront jetés par les fenêtres. Car les bénéficiaires de cette somme ne reviendront pas travailler à Maurice. Une cuvée de lauréats, qui étudie en moyenne pendant 4 ans, génère ainsi des gaspillages avoisinant Rs 500 millions !

Que faire ? Il faut, d’abord, mieux éduquer nos jeunes. Afin qu’ils comprennent qu’en acceptant leurs bourses, ils deviennent redevables envers leurs concitoyens. Ensuite encourager – peut-être même exiger – que les lauréats poursuivent des études dans des secteurs d’activités et métiers préalablement identifiés par les autorités locales comme étant ceux qui seront en demande dans l’administration ou les divers industries du pays. Bien évidemment, on ne leur demande pas un engagement perpétuel. Mais un temps minimum, après leur retour, durant lequel ils seront des citoyens productifs.

D’aucuns diront d’ailleurs qu’il faut forcer les lauréats à revenir au pays. En leur faisant contracter des engagements financiers lourds et contraignants. Un tel système, il est vrai assez light, existe déjà. Avec le succès qu’on lui connaît. Alourdir les bonds dont la légalité et l’utilité sont contestables est une solution inadéquate. La clé c’est la valorisation de l’apport de nos lauréats.

Ceux qui choisissent de s’expatrier définitivement se défendent en arguant que la méritocratie et les vraies opportunités de faire carrière sont insuffisantes à Maurice. Ils ont en partie raison. C’est aux pouvoirs publics de leur redonner confiance. L’égalité des chances n’est pas seulement le titre d’une loi. Elle doit être vécue et appliquée au quotidien. Dans les entreprises. Mais aussi dans l’administration et les institutions parapubliques où la politique de copinage doit faire place à une « Right person in the right place policy. » Ce sont là des signaux qu’attendent une partie de notre jeunesse pour croire dans son pays. Et y revenir.

Mais nous ne pouvons parler de méritocratie sans terminer sur une autre aberration de l’actuel système. La cuvée 2008 nous a réservé son lot de jeunes qui provient de milieux modestes. Ceux-là, n’arriveront à poursuivre de hautes études à l’étranger seulement parce qu’ils auront été lauréats. En effet, malgré leurs excellents résultats, leur manque de moyens financiers les auraient autrement guidé vers deux alternatives : l’université de Maurice ou faire une croix sur les études universitaires.

Inversement, chaque année, des fils et filles d’hommes d’affaires, professionnels ou de hauts fonctionnaires figurent également sur la liste des lauréats. Ces jeunes, dont les parents ont les moyens – parfois avec le coup de pouce d’une banque – de les envoyer étudier à l’étranger bénéficient quand même des bourses de l’Etat. S’il est vrai que celles-ci devraient récompenser l’excellence, il est temps qu’elles soient prioritairement allouées aux collégiens brillants pour qui la bourse représente l’unique opportunité de poursuivre des études à l’étranger. Cela ajouterai une dose de méritocratie à un système éducatif qui ‑  il faut l’admettre ‑ a tendance à privilégier les enfants provenant des classes moyennes et aisées. Leur quart d’heure de gloire, à eux, commence plus tôt que celui des autres…


Commentaires

Par pasjedi
Feb 17, 2009
149 millions pou enn dizain(mo pena sif ekzak dan mo latet) loreats par an- 22 millions par an pou 10800 zelevs ZEP par an......pli presizemen 11 roupi par zour par zenfant prezent lekol dan 27 lekol ZEP(400 + - 50 zelevs par lekol)........dan 11 roupi zot gagn 1 dipin-1 paket biskwi enerzetik-1 trans fromaz equal opportunity...............indeed
Par A Laureate of the RCC
Feb 17, 2009
Vikash, when u say "let me tell u mate, u r not the special one", I don't think anybody, including myself, and perhaps yourself, understands what u meant by this. And when u mention "my money on a bundle of inconsiderates", I refer u to my previous post. The bottom line is, is u left your frustration alone, if u thought carefully about this, u shouldn't be joining the crowds at bagging Laureates day and night. We are good and we mean and do good to Mauritius.
Par vikash
Feb 17, 2009
absolutely true. laureates should come back. If they don't want to, let go of the scholarship. SIMPLE AS THAT. I don't want my money to be spent unnecessary on a bundle of inconsiderates. Let some other students have it who plan to return. I saw an Ex-laureate-of-the-rcc commenting above; well mate let me tell you this - you are not the special one.
Par rambo
Feb 17, 2009
kili gro lérat ou li ti lérat zot tou bisin sové devant sa banne vié chates malangue ki nou né ena dan sa gouvernmen la......
Par A laureate of the RCC
Feb 14, 2009
Mr Bunjun, I am a not-so-ancient Laureate and I am offended by your carelessness in thinking and writing this:- Ensuite, nous oublierons les noms et les visages de ces lauréats. Après quelques années, ils oublieront à leur tour que l’Etat et les contribuables mauriciens ont financé généreusement leurs études dans les plus prestigieuses universités étrangères. L’ingratitude ordinaire dont fait preuve une bonne partie de cette élite en a blasé plus d’un. Generously-funded studies? What do u know? Was the money given *generously*? We've worked very hard for it. And generosity implies giving enough - do u know that most Laureates have to pay at least 1 or 2 years of their basic degree, which laureates coming from poor families cannot afford? Coming back to work to the country? Of course we all plan to come back - I have numerous friends who are laureates and we all plan to com back. But studies for those who want excellence take a long time. Nowadays u do degree after degree and finish studying at 40. So be patient, don't criticise when u don't know. Have u, for one second, thought about the millions of rupees the state puts in the education of every child since birth, not just laureates? Why are not not bothered about everyone coming back, why just focus on laureates. Your writing shows what separates u from us.
Par The Pogues
Feb 13, 2009
Quand le laureat a pris gout au train de vie occidentale, quand le boursier de l'Etat se voit offrir un emploi a 50 000 euros l'an, quand le futur diplomé de Cambrige ou d'Oxford est approché par une multinationale qui lui fait miroiter monts et merveilles dans le court et moyen termes, le paradis qu'est Maurice fait tres pale figure. Tout est une question de meritocratie, n'est-ce pas?
Par Sakoor
Feb 11, 2009
In principlet he laureate should return to the country after his studies. But when he finds that to get to the top the only qualifications required are political affiliations,the proper caste ,creed and names.well, Good Bye Mauritius.
Par Avinash Meetoo
Feb 10, 2009
I blogged on that in November 2008 and I had a lot of particularly revealing comments from some. Have a look at http://www.noulakaz.net/weblog/2008/11/20/a-scholarship-is-an-investment-by-taxpayers/
Par alain jeannot
Feb 09, 2009
La bourgeoisie honnête de Maurice contribue énormement au développement du pays et n'utilise que tres peu des avantages du welfare state.Une bonne partie paie cher les écoles privées pour l'éducation de ses enfants. Lorsqu'elle est malade ,elle va en clinique et elle compte sur les services de securité privées pour se protéger.Pourtant elle est paie ses impots et pas des moindres .Nous ne pouvons pas nier une récompense à un élève qui a fait des efforts sous pretexte qu'il est de la bourgeoisie c'est totalement injuste-equal opportunities do not mean being unfair to people who somewhere along the line have made efforts to build up a reasonable standard of living honestly.
Par Marie Christine
Feb 09, 2009
Tres bon article. Je pense qu'il faut effectivement changer ce système de bourse. Faisons un statistque pour voir si les boursiers n'ont pas les moyens de payer des études dans de prestigueuses etablissements!!! Ces boursieurs viennent pour la plus part de classes aisées et ils ont même des parents a l'extérieur. Pourquoi ne pas donner des bourses a ceux qui sont classés mais qui n'ont pas les moyens de partir etudier a l'exterieur.
Par Bussier Michael
Feb 09, 2009
Tres bon article, une réalité a changer au plus vite...
Par al paniro
Feb 09, 2009
this article is right all along the way. nothing more to add but just to hear the laureates themselves comment on it......
Par ERIC BAHLOO
Feb 08, 2009
Excellente analyse que celle faite par Rabin Bhujun sur un sujet assez flou pour les communs des mortels comme moi. Aussi, si c'est juste de donner des bourses aux lauréats, il faudra coupler l'octroi de celles-ci d'une condition sine qua non : se mettre au service du pays à la fin de ses études. Un point c'est tout. Et pour ce faire, il faudrait prendre la garantie de remboursement si jamais le lauréat décidait de se mettre au service d'un autre pays. Tel pourrait être son choix et il faut le respecter. Ce sera d'autant plus facile pour lui de rembourser sur une période donnée après ses études, s'il est en Europe et qu'il gagne plus (en euros ou dollars en plus !). Il faut donc établir un contrat écrit + un contrat moral pour garantir le résultat voulu. Il faut que le gouvernement mette de l'ordre là dedans.
Par Purple Floyd
Feb 08, 2009
Most of these laureates are but the sons and daughters of the state bourgeoisie who are bent upon to plunder all the resources of the state. The state bourgeoisie have turned the whole state machinery and its resources to their sole advantage. The education is the most blatant one. Because it is the very one which allows social mobility.
Par Charlie
Feb 08, 2009
Why not invest the Rs 149 million spent per year on the University of Mauritius (UOM) and UTM? How much does the State spend on one laureate and on one UOM student? Further, does it mean that education at UOM is so sub-standard that they are not fit to admit our best HSC students?
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