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Jean-Cyril Monty : «2011 sera une année de grave crise alimentaire»
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Gilles Ribouet.   |  20/01/2011

Spécialiste de la diversification agricole et de la sécurité alimentaire passé par la Chambre d’agriculture et le Food Security Fund, Jean-Cyril Monty est aujourd’hui consultant en agri-business. Entre actes manqués et décisions sans suite, le spécialiste dresse un bilan négatif de la politique agricole et prévient contre une détérioration de la situation.


Les importations de bétail sur pattes du Kenya sont stoppées. Cela n’aurait pas trop inquiété si nous produisions plus de viande bovine fraîche localement. Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

1982, l’une des priorités du gouvernement est d’aller vers la diversification agricole. L’industrie sucrière devient le fer de lance du développement de ce secteur en investissant dans des fermes et du bétail. Ceci relance la production locale. Au milieu des années 1990, le marché de la viande bovine fraîche est sécurisé. On produit 30 % de nos besoins, ce qui évite les risques de pénurie. Mais pour maintenir la production, il faut aussi sécuriser les éleveurs en assurant un prix, l’écoulement et le marketing. Au milieu de 1995, la situation se corse. Les bouchers, qui se plaignaient de la qualité et agitaient l’épouvantail de la pénurie, demandent la libéralisation de l’importation de bovins sur pattes alors que seule la Meat Authority pouvait le faire. Suite aux revendications des bouchers, la Mauritius Meat Producers Association (MMPA) alerte les autorités sur la mort annoncée du secteur local.

Donc, dès 1995, la filière locale est sacrifiée...

C’est octobre 1996 la période fatidique quand la Meat Authority n’est plus autorisée à acheter des animaux localement ou à en importer. Sa fonction se borne au contrôle de l’abattage. Un groupe de bouchers s’occupe dès lors de l’importation et assure que les prix seront plus bas et que le secteur local ne sera pas menacé. Or, dès la première cargaison importée, on a noté une augmentation des prix. Puis, les éleveurs ont rencontré de plus en plus de difficultés.

C’est ainsi que la filière s’est délitée ?

Dès la fi n des années 1990, de gros éleveurs ont stoppé leurs activités. Pourtant, on en était à 35 % de l’autosuffisance à cette époque-là, avec 800 à 900 tonnes de carcasses pour une consommation de 2 400 t. Aujourd’hui, on en est à 40 t. ou 50 t., soit à peine 2% de la consommation domestique de viande bovine fraîche.


Pensez-vous qu’on peut relancer l’élevage et produire localement une partie de nos besoins en viande fraîche ?

Je suis sceptique quant à la reprise de la filière. Des dizaines de millions de roupies ont été investies mais le secteur n’a pas été soutenu. Il faudrait des garanties à long terme mais c’est peu probable car il s’agirait de casser le monopole qui a profité de la libéralisation et de revoir la Meat Authority, les services vétérinaires, etc

Lire l’intégralité de l’interview sur le e-paper de l’express.

Propos recueillis par Gilles Ribouet.


 

    

Commentaires

Par:-Jacques
-The government does not have a vision. Mozambique has allocated several thousand hectares of land. Why did the government not force all the sugar estates to invest in a consortium and rear cattle and grow cash crop for local consumption. Of course this is too complicated, we all look for easy money and that's why resources are diverted for morcellements and shopping malls. Who cares whether the population will have enough to eat in the future. Look at Singapore. Their entrepreneurs go to vietnam and south china to grow food which is then sent back to singapore. They hence reduce dependency on foreign suppliers.
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