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Pierre Dinan : « Maurice doit lancer un fonds souverain sans tarder »
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Pierrick Pédel  |  19/01/2011

L’économiste qui a longtemps suivi l’évolution de l’économie mauricienne commente les derniers chiffres publiés par le Central Statistics office.

Les dernières projections du «Central Statistics Office» (CSO) et de la Banque mondiale montrent une augmentation du Produit intérieur brut (PIB) de 4,2 %-4,3 % pour Maurice en 2011, soit un niveau de progression à peu près équivalent à celui de 2010. Que vous inspirent ces perspectives de croissance ?

Ce qui est important, c’est la qualité de la croissance. Il faut d’abord noter que celle-ci est essentiellement tirée par les investissements publics. Nous subissons encore les effets de la crise et les investissements privés n’ont pas encore pris le relais. Une croissance légèrement supérieure à 4 %, c’est déjà mieux que rien mais cela ne nous permettra pas de régler nos problèmes. Force est de constater que nous n’arrivons plus à avoir un taux de croissance qui nous permette de changer de palier. Tout n’est pas sombre mais il faut encore progresser, par exemple dans le tourisme. Dans ce secteur, les efforts consentis sont importants mais il faut s’adapter à une nouvelle clientèle touristique, notamment celle d’origine asiatique. Il s’agit d’un travail de longue haleine et il faut tout de suite se donner les moyens de parvenir à ces nouveaux objectifs.

En termes de croissance, le secteur financier offre également des opportunités. Maurice sert de plate-forme pour les investissements en Inde. Nous devons utiliser ces compétences pour devenir la plate-forme d’investissements vers l’Afrique qui, dit-on, a un grand besoin de capitaux pour financer ses infrastructures

L’inflation a connu une accélération brutale en décembre. De nouvelles hausses sont attendues avec la flambée des prix alimentaires. Doit-on craindre une inflation à deux chiffres ?

Non, je ne crois pas à une inflation à deux chiffres. Ce qui s’est passé en décembre est très ponctuel. La hausse des prix a été, dans une très grande mesure, due aux mesures fiscales et aux décisions prises dans le cadre du budget. Nous nous sommes en quelque sorte auto-infligé cette inflation. Nous avons ainsi atteint un nouveau palier en termes de niveau des prix. Il existe toujours des risques d’inflation par les prix des produits alimentaires mais ces risques semblent moins importants qu’en 2008. Pour les prix de l’énergie, tout dépendra de la croissance dans les pays développés. Si l’activité repart fort aux Etats-Unis et en Europe, les prix de l’énergie repartiront à la hausse. Mais on n’en est pas encore là.

La résurgence de l’inflation peut-elle entraîner une hausse des taux ?

L’inflation peut toujours entraîner une hausse des taux. Mais je ne pense pas que cette récente augmentation de l’inflation doive déclencher une décision de relever le loyer de l’argent, car il faut se rappeler que cette augmentation n’est que ponctuelle. Il faut attendre pour voir comment les choses évoluent.

Lire l’intégralité de l’interview sur le e-paper de l’express.

    
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