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Un rempart
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Par:-  Raj Meetarbhan

On 26/10/2010

Voilà une décision qu’il faut saluer, sans hésitation. Le jugement que le «Public Bodies Appeal Tribunal» a rendu mardi dernier dans l’affaire qui opposait une fonctionnaire lésée à la «Public Service Commission » apporte en effet un bol d’air frais. Le verdict de cette instance, en faveur de la plaignante, devrait faire trembler les potentats de la fonction publique et leurs maîtres politiques.

Le PBAT a cassé la nomination effectuée en juin 2009 d’un assistant directeur au Bureau de l’Audit national. Cette décision est importante car elle intervient dans un contexte particulièrement délicat où les fonctionnaires craignent de fortes ingérences politiques dans les exercices de promotion.

Le nouveau tribunal vient de démontrer qu’il peut très bien tenir son rôle de vrai rempart contre les interventions illégitimes au sein de la fonction publique. Le PBAT est opérationnel depuis le 1er juin 2009. Il est présidé par Mohammad Namdarkhan, qui a pour assesseurs Priscilla Balgobin-Boyrul et Guy Wong So. Depuis sa création le tribunal a été très sollicité. Il a déjà tranché dans plus d’une dizaine de cas. Cependant le dossier concernant le Bureau de l’Audit était le premier dans lequel un grand commis de l’Etat était concerné.

Dans cette affaire, la fonctionnaire Man Lan Wong Chow Ming accusait la PSC d’avoir nommé Y. Lukkhoo au poste d’assistant directeur de l’Audit alors qu’elle estimait être la candidate la plus méritante. Elle reproche à la PSC de ne pas avoir tenu compte du fait qu’elle a servi, de façon ininterrompue pendant une période de 22 ans le Bureau de l’Audit, tandis que son concurrent y a travaillé de manière intermittente pendant une durée moins longue.

Le tribunal a conclu que la plaignante a « acquired more experience and merit in the discharge of her duties as the senior most member of the staff » et, par conséquent a annulé la décision de la PSC. Il y a un fait qui interpelle particulièrement dans la défense soumise par la PSC dans cette affaire. Elle a soutenu que Y. Lukkhoo a pu bénéficier d’un avantage étant détenteur d’un MBA. Or, quand Man Lan Wong Chow Ming avait fait une demande en vue d’un parrainage pour entreprendre des études menant à un MBA, elle s’est heurtée à un refus de ses chefs qui trouvaient que ce diplôme n’avait aucune pertinence pour le job.

La représentante de la PSC a été incapable, dit le jugement, d’éclairer le tribunal sur les critères qui fontde Y. Lukkhoo un meilleur candidat que la plaignante. Ce seul commentaire suffi t à démontrer la portée de cet arrêt : le PBAT ne laissera pas passer les promotions arbitraires. Il sera une barrière au favoritisme.


Commentaires

Par democrate
Oct 28, 2010
Si le PBAT est un rempart contre le favoritisme et le népotisme dans la fonction publique, il faut se demander si ce rempart est accessible à tous les fonctionnaires dont les droits ont été lésés. Faire un appel en Cour ou auprès du PBAT requiert du temps, des ressources financières et surtout du courage face au risque de représailles venant des potentats de la fonction publique. Dans le cas en question, la plaignante est un comptable professionnel qui n’avait rien à perdre de son action. Si le tribunal l’avait déboutée de sa plainte, elle aurait conservé quand même sa place dans la hiérarchie, quitte à ne pas bénéficier d’une promotion. Par contre, il y a beaucoup de fonctionnaires à des échelons inférieurs qui ont été victimes de discrimination et d’injustice, mais qui ne peuvent revendiquer leurs droits par crainte de représailles. Leur seule option est d’accepter leur sort dans l’espoir de jours meilleurs. Il y a beaucoup de cas où les victimes d’abus de pouvoir ne peuvent déposer des plaintes en justice faute de moyens financiers ou en raison des pressions qui sont exercées sur elles pour qu’elles ne parlent pas. Il y a d’autres cas où des témoins se rétractent en Cour de peur d’être persécutés. Les cours de justice et autres tribunaux para-judiciaires n’appliqueront efficacement la loi que lorsque les citoyens se sentiront libres de revendiquer leurs droits sans peur ni faveur. C’est cela l’essence de l’Etat de droit. Quand on voit la vendetta politique qui est menée par voie légale contre ceux qui sont en délicatesse avec le pouvoir, il y a lieu de s’interroger sur l’efficacité de l’Etat de droit.
Par Baltazar
Oct 26, 2010
Un grand bravo à PBAT. C'est comme un miracle. Vive la méritocratie !
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