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Des petits « pas grand-chose »
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Par:-  Rabin BHUJUN

On 24/10/2010

Le dimanche matin n’est sans doute pas le moment idéal pour faire des exercices de mathématiques. Mais nous prenons le risque de vous en proposer un… Complétez cette séquence : 25, 47, 51, 65,… ? Si vous trouvez la réponse, vous saurez dire à quelle place fi gurera Maurice dans le classement mondial de la liberté de la presse que Reporters Sans Frontières ( RSF) publiera dans un an.

Depuis trois ans, Maurice cède inexorablement du terrain dans le domaine de la liberté de la presse. Ce qui n’a d’ailleurs pas été dit jusqu’ici, c’est que nous enregistrons cette année le pire score depuis la création du classement en 2002. Fini le temps – c’était en 2007 – où nous pouvions nous permettre de regarder du haut du classement les Etats- Unis. Une nation qui a sacralisé la liberté d’expression dans le premier amendement de sa Constitution. Ou la France, pays de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Envolée donc, la réputation de bon élève de l’Afrique, dont tous nos dirigeants politiques aiment à se gargariser dans les grands forums internationaux. En 2010, près d’une dizaine d’Etats africains nous supplantent au tableau.

Laissant Maurice en compagnie des pays comme le Libéria et les Seychelles… où les mots « presse » et « liberté » se retrouvent rarement dans la même phrase.

L’on peut toutefois choisir de voir le verre à moitié plein.

Certes, le pays dégringole dans le classement, mais l’Etat mauricien ne peut pas encore être qualifi é d’ennemi de la presse. RSF continue d’ailleurs à décrire Maurice comme un pays ou la liberté est « plutôt bonne » . Mais alors pourquoi Ambroise Pierre, responsable du bureau Afrique de RSF, choisit- il plutôt le ton de la mise en garde pour s’adresser au gouvernement ? Dans l’entretien qu’il a accordé à l’express samedi , hier, il rappelle en effet « qu’il suffi t de pas grand- chose pour plonger dans le classement et faire son trou au milieu d’autres pays peu respectueux de la liberté de la presse » . La presse locale semble justement faire face à une longue série de « pas grand- chose » . Les rédacteurs en chef de deux journaux ont encore récemment été arrêtés et poursuivis devant nos tribunaux. Certains groupes sectaires, excités par la hargne du pouvoir contre la presse, se sont décidés, eux aussi, à appeler au boycott de l’express tout en brûlant un exemplaire de l’express dimanche en public.

En l’absence de signes d’apaisement en provenance du pouvoir – de Navin Ramgoolam principalement – beaucoup de suiveurs continuent d’être persuadés que pour être bien vu des puissants, il faut boycotter certains groupes de presse. Et même quand c’est possible, leur interdire l’accès à l’information. Mais encore, s’il n’y avait que ces petits « pas grand- chose ! » Les relations tendues presse- pouvoir n’ont jamais vraiment empêché les journalistes qui se respectent de bien exercer leur métier. Par contre, les lois, si elles venaient à évoluer, pourraient changer la donne. Et faire peser une tout autre menace – réelle et très dangereuse celle- là – contre la liberté de la presse et d’expression.

Voilà plus d’un an, qu’en tant que ministre de l’Information, le Premier ministre a été informé de l’adoption par la Newspapers’ Editors and Publishers’ Association ( NEPA) d’un code de pratiques pour la presse. Un document directement inspiré des grands modèles étrangers d’autorégulation de la presse. Voilà une éternité, également que la NEPA a fait savoir à Navin Ramgoolam qu’elle souhaite un débat presse- gouvernement sur la question de la modernisation de nos lois sur la presse. A chaque fois, le Premier ministre a choisi de regarder ailleurs… A ce jour, Ramgoolam continue à dire sa volonté de présenter un Media Commission Bill visant à durcir les règles encadrant la presse. L’éminent juriste britannique Geoffrey Robertson, son conseiller sur la question et fervent défenseur de la dépénalisation des délits de presse, n’a vraisemblablement pas amené Ramgoolam à épouser son point de vue. Voilà un autre petit « pas grand- chose » qui pèsera lourd sur le classement de Maurice dans le prochain exercice de RSF. Allez, soyons optimistes, la prochaines fois, nous aurons toujours quelques bonnes chances de nous maintenir dans le Top 100 !


Commentaires

Par Baltazar
Oct 24, 2010
En suivant les représailles de Navin Ramgoolam envers le groupe La Sentinelle, on a l'impression de voir et vivre un épisode de " Tom and Jerry". " Gros satte Navin pa fouti manze ène ti léra kouma la Sentinelle" : Une idée de caricature pour Humeur De Pov. Les suiveurs de Navin n'ont pas encore remarqué qu'ils sont cloués à rester là où ils sont, ou reculeront, tellement ils sont éblouis par les préférences que leur accorde leur chef. Personne ne voit clair, qu'on a un leader qui pousse tous à reculer, que lui seul peut faire marche en avant. Un capitaine qui agit par : "mwa mo pensé, mwa mo décidé" sans oublier son body language. On verra peut-être en 10 ans le résultat de l'introduction du Kréol Morisien dans les institutions éducatives. Je vise l'intellectualisme. Tout comme L'Ile Maurice qui n'est plus classée parmi les 100 pays ou il fait bon vivre. Et si au prochain classement RSF, on nous nous jette en dehors des Top 100, qui seront les perdants ? La Sentinelle sera toujours la pour informer, guider et éduquer. Carry on Rabin !
Par JP
Oct 24, 2010
"La folie c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent." []Albert Einstein] Autant la Presse est libre de critiquer (en bien ou en mal ) le gouvernement et les acteurs /actrices de la politique, autant il est normal que les hommes politiques critiquent la Presse ou des rédacteurs particuliers... Surtout qu'à Maurice comme ailleurs La Presse est un 4eme pouvoir qui influe sur le peuple. Quand la presse dans sa position d’influence participe autant à la politique elle doit s’attendre à des répliques de la part des politiques, qu’ils soient de l’opposition ou du gouvernement. Il n’y a pas lieu de crier au loup à chacune des critiques exprimées. Malheureusement l'écueil à Maurice a surgit quand les faits présentés sont des faits déformés. Ce phénomène est devenu si courant que les lecteurs commencent à douter de tout ce qui est écrit dans la presse. Le coût des journaux devraient baisser si ce qui présenté est abusif envers le lecteur. Quant à l'Opinion, personne ne se dispute sur la liberté des opinions et la liberté d'expression prise dans le sens de pouvoir exprimer ses Opinions librement. Le classement moins bon de la presse mauricienne par rapport à la liberté d’expression, n’est que relatif car il dépend des personnes qui ont produit ce classement et des méthodes employés. C’est trop subjectif et Ce n’est pas la Bible. Par ailleurs la Presse de part ses faits et gestes sont pour une grande part responsable des réactions suscités chez les autres « stake-holders » ( gouvernement, public, opposition etc et des données qui ont mené à ce classement.
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