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  |  16/12/2010

Le Group Executive Director de la Standard Chartered Bank fait le bilan de l’année 2010 dans son secteur d’activités et identifie les défis de l’an 2011.


Quel bilan tirez-vous de l’année 2010 ?

Finalement, 2010 aura été une bonne année, avec une reprise toutefois asymétrique. Soutenue dans les marchés émergents et plutôt molle dans les pays occidentaux. Les deux tiers de la croissance mondiale sont venus des économies émergentes, mais ces dernières ne contribuent qu’au tiers du produit intérieur brut (PIB) global. Les plans de relance ont bien fonctionné en soutenant la croissance chez les émergents et en empêchant une rechute de la crise, le fameux «double dip», dans les économies développées. A noter que 2010 a comporté moins d’incertitudes que l’année qui s’annonce.

Justement, comment se présente l’année 2011 ?

Il est clair que l’Asie va continuer à tirer la croissance mondiale avec notamment un dynamisme particulier en Chine, en Inde et en Indonésie. Mais, l’inflation va devenir le principal sujet de préoccupation tant en termes de prix à la consommation que de valorisation des actifs. Il va falloir trouver un juste équilibre entre la lutte contre l’inflation et le maintien de la croissance.

La Chine ne relèvera ses taux qu’en tout dernier ressort, car elle veut éviter une hausse du yuan qui entamerait la compétitivité de ses produits à l’exportation. Le problème, c’est qu’il y a beaucoup de liquidités, essentiellement en provenance de l’Ouest, qui viennent s’investir en Asie et plus particulièrement en Chine. Ce qui provoque une flambée des prix des actifs.

Il faut donc s’attendre à un contrôle de la croissance du crédit, de nouvelles entraves aux interventions des banques sur le marché des changes et une limitation des entrées de capitaux étrangers. Parallèlement, les salaires et les prix des services vont augmenter du fait de la reprise et de la baisse du chômage.

Les Banques centrales, qui sont souvent lentes à réagir comme en Corée, en Indonésie ou aux Philippines, risque de courir après les projections d’inflation.

Quels sont les défis que va devoir relever l’Occident ?

La principale préoccupation pour les économies développées sera la question du chômage et de la création d’emplois. Le ralentissement de la croissance économique entraîne une remontée du chômage et constitue un risque politique. On constate d’ailleurs une baisse de confi ance vis-à-vis des hommes politiques. Que ce soit pour le président Obama aux Etats-Unis ou pour Nicolas Sarkozy en France.

L’une des bonnes choses qu’a révélées la crise, c’est le mauvais management en matière fiscale et monétaire. Mais, aux Etats-Unis, on continue à injecter des liquidités dans le système afin de soutenir l’activité. Cette création monétaire risque toutefois de poser problème à terme.

En Europe, les plans d’austérité se sont en revanche multipliés. Après les crises grecque et irlandaise, la question est de savoir si d’autres économies de la zone euro peuvent être touchées. On pense au Portugal et à l’Espagne. Les pays occidentaux vont aussi devoir faire évoluer leur réglementation bancaire. Cela va fonctionner si toutes les banques relèvent leurs ratios prudentiels aux niveaux demandés. Mais, les discussions sur les niveaux de capitaux requis ne sont pas encore terminées.


(Lire l’intégralité de l’entretien dans le e-paper)

    
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