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Dans les nuages
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Par:-  Raj Meetarbhan

On 04/10/2010

Délaissant la qualité de l’enseignement supérieur, son contenu et ses méthodes, l’Etat a décidé d’adopter une politique de quantité. Le ministre de tutelle a déclaré qu’il se fixe pour objectif d’attirer 100 000 étudiants étrangers d’ici dix ans. Les universités publiques, annonce-t-il, ouvriront des antennes dans différents villages, dont Pamplemousses, Piton, Highlands, Montagne-Blanche et Rose-Belle.

La Tertiary Education Commission, institution chargée d’appliquer cette politique, ne semble pas s’inquiéter outre mesure de son incohérence et de son inefficacité. Le directeur exécutif de la TEC, Praveen Mohadeb, défend avec ardeur l’initiative annoncée et dit son empressement de vouloir traduire le rêve du ministre en réalité. Pour justifier cette idée folle d’attirer 100 000 étudiants à Maurice, le directeur de la TEC invoque un argument économique.

Il choisit, dans l’interview publiée ci-contre, un angle financier pour soutenir le projet : «Rien qu’en comptant ses frais d’études, son billet d’avion et son hébergement, un étudiant étranger dépensera en moyenne Rs 300 000 par an. Sur un total de 100 000 étudiants, cela nous fera Rs 30 milliards par an. C’est un pilier de l’économie que nous sommes en train de créer. Le textile a commencé ainsi.» On croirait entendre le directeur du Board of Investment. Pourtant, il s’agit du directeur de l’institution qui a pour mission d’améliorer la qualité de l’enseignement supérieur et de le rendre accessible à un plus grand nombre de citoyens.

De toute façon, il y a une variable que Praveen Mohadeb néglige dans son équation. A-t-il tenu compte du coût, pour le pays, de recruter massivement des enseignants d’université à l’étranger?

Il y a aujourd’hui une compétition internationale acharnée pour attirer les meilleurs cerveaux, et la concurrence sera de plus en plus rude avec l’émergence des universités asiatiques.

La responsabilité première du ministre et de la TEC n’est pas de créer un nouveau pilier économique mais tout simplement d’améliorer l’offre des universités publiques et de contrôler celle des prestataires privés d’enseignement supérieur.

Ce ne sont pas les reproches qui manquent. L’Université de Réduit, par exemple, est en butte aux critiques du personnel enseignant, des étudiants et des employeurs. Ils dénoncent plusieurs carences institutionnelles qui sont la cause du mauvais fonctionnement de l’Université, de l’absence de recherche sur le campus et de sa déconnexion avec le marché de l’emploi. Les entreprises ne savent pas ce que font les universités et vice-versa. Un employeur déplorait, dans nos colonnes, le mois dernier, le manque de connaissance pratique des étudiants de l’Université.

Plutôt que d’engager une réflexion sur les moyens financiers de l’UoM, sa pédagogie et son articulation avec le monde du travail, les décideurs vont aller chercher des solutions sur le mont Kilimandjaro.

 


Commentaires

Par Lepep
Oct 04, 2010
Définitivement que cette idée est sur les nuages. Les yesmen du politicien qui a avancé cette idée verront definitivement que tout est en rose . Considerez les points mentionés ici. 1. Notre université nationale que nous considérons comme prestigieuse et un bon exemple, quel est son statut international? D'après plusieurs classements internationaux, elle se classe à .... quelques milliers après les meilleurs du monde. 2. Etant donné que la fonction d'une université est d'accorder de l'éducation, et surtout faire de la recherche, on se demande pourquoi nos dirigents vont si souvent en mission a l'étranger pour y chercher de l'aide et et de technologie. Quelle image de notre avancement projettent-ils? Est ce que les recherches menées par notre université sont médiocres ou insuffisantes?
Par chitchat
Oct 04, 2010
It is alleged that the current cost-of-living in Mauritius is higher than the UK and France, even if reading English or French at the Mahatma Gandhi Institute would be cheaper than Oxford, Cambridge or the university of Manchester, on balance it could break even, but how glittering would it look on the graduate's CV applying for a managerial job?
Par Honky Tonk
Oct 04, 2010
To do so you need to promote your English better all over the island. You can't expect that 100.000 foreign students will come overhere to be taught in Creole or in a lousy french.Good luck, this is not a bad idea but it's almost impossible to sort out.
Par loic
Oct 04, 2010
We do not have petrol, gold or diamonds. Time to use and invest in our human resources. The idea of setting up universities for foreigners, as another pillar is a very sensible one. 20 years ago, mauritians thought only of going to France, Singapour or England for further studies. Today the University of Mauritius, DCDM university and the others rival easily the foreign institutions. Of course there is and there will always be some problems and naysayers. Anyone who has been to a foreign university (specially french ones, where 50% fail during the first year) knows about them. I do not know if TEC is the right institution to spearhead this initiative as the author claims, but the idea is a very good one.
Par jean Baptiste Say
Oct 04, 2010
"Un employeur déplorait, dans nos colonnes, le mois dernier, le manque de connaissance pratique des étudiants de l’Université." Il n'a pas tort lorsque l'on sait, par exemple, que ceux qui dirigent le département de journalisme n'a jamais travaillé dans un journal mais enseigne a ses étudiants comment écrire dans un journal ! C'est honteux !
Par Baltazar
Oct 04, 2010
On a le ciel, le soleil, la mer mais pas assez de cerveaux. Il faut les trouver ailleurs. Mais peut-on importer et reexporter l'intelligence. What about the Mauritian IQ. The debate of Touria Prayag on l'Express Weekly about "Mauritianising" the education system makes us think more. No need to climb on mount Kilimandjaro.
Par Ming Chen
Oct 04, 2010
To roupie or not to roupie ? telle est la question - Septembre 2005 Les Anglais l’ont compris depuis fort longtemps. Il est nécessaire de contrôler les ressources du monde aussi bien que les cerveaux de ce monde. L’empire britannique ne s’est jamais voilé la face en ce qu’il s’agit de sa présence dans ses différentes colonies et pour vous dire que choisir entre Diego et Maurice, les British savaient déjà ce qu’ils voulaient. A l’aube du développement scolaire et durant les deux derniers siècles, les British ont su aussi créer cet environnent propice a l’éducation. Les universités de Cambridge et d’Oxford sont les fers de lance de cette politique maîtresse. La transition des polytechniques en universités est un autre exemple. La maîtrise de ces instruments par la British Empire est tout simplement exemplaire. Ils ont su extrapoler leur maestria sur plusieurs continents a l’instar de la vielle Inde, qui aujourd’hui peut se clamer d’être le champion du monde des mathématiciens. Ce n’est qu’aujourd’hui que nous découvrons que certains de nos ressources ont des limites. La canne a sucre était des le lendemain des accords déjà obsolète. La MSIRI avec toutes ses découvertes et surtout ses bonnes intentions est de nos jours impuissante devant les facéties européennes. L’île Maurice agricole fut un exemple à ne pas copier. Que nous reste t-il vraiment ? De belles plages et quand même un peuple admirable. Le mariage de ces 2 ressources dans certains autres pays tropicaux se tiendrait au cliché suivant : l’indigène avec une bouteille se prélassant sous un cocotier. L’élément déstabilisateur n’est pas la bouteille, ni le cocotier mais bien l’indigène. Pour changer ce cliché, il est impératif de parfaire l’éducation qui est si cher aux British. Et pour maintenir tout cela, il faut de la discipline, que la British Empire maîtrise si bien. Liverpool, Manchester, Nottingham, Reading, tous ont des universités de renommes mondiale. L'université de Maurice est de classe continentale, les chiffres le prouvent, le University of Technologie fait son petit chemin, la DCDM Business School affiche complet. Serait-il temps de penser ou de repenser a ces opportunités que pourraient être l'éducation tertiaire mauricienne a un niveau mondiale. Qu'elles seraient les limitations? Il est possible de concevoir une longue liste d’attente de chargés de cours (étrangers) pour un poste à notre future institution internationale. Il est certain que beaucoup de parents préféraient garder leurs progénitures non loin du toit familial. Il est probable que nombres de parents a l’étranger souhaiteraient envoyer leur enfants étudier a l’île Maurice a cause des avantages monétaires, de la sécurité, de ce petit quelque chose que les autres n’ont pas : une société pluriculturelle. Aussi peut être parce qu’il fait bon vivre à l’île Maurice et que y étudier devrait être un plaisir. Augmenter le nombre de sièges, créer un véritable campus, amener les tops performers tels que Kotler, Ghons, Soros et bien d’autres à venir se prélasser dans les meilleurs hôtels du monde mais aussi à s’adresser à nos étudiants, cela rejoint un peu l’esprit de feu Sir Gaëtan Duval. Le gratin du gratin, pour le mauricien simple. Les campus étrangers accueillent souvent plus de 20,000 étudiants. Le notre : 5,000 et une demande croissante. Créons encore 15,000 places, gardons en 5,000 pour le quadricolore et vendons la différence en pound sterling. Ce que nous offrons aux touristes, nous devrions pouvoir nous l’offrir. A la question suivante : To roupie or not to roupie ? Pound sterling serait plutôt la réponse. Il n’est jamais trop tôt mais souvent trop tard.
Par Charlie
Oct 04, 2010
LP is setting up institutions so as to create jobs for its supporters. There are many like (...) who want to become head of universities even though they have not worked in a university before. As regards the output of the existing universities, I am horrified that many of the graduates are underemployed. An biology graduate since 8 years working as a policeman and a chemistry graduate since 10 years working as a clerk. There is a complete mismatch between the output of the existing universities and the needs of the job market.
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