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Les jouets du gouvernement
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Par:-  Rabin BHUJUN

On 03/10/2010

Le mal est profond. Ne regarder qu’en direction d’Air Mauritius (AM), c’est donc prendre le risque de ne se concentrer que sur un symptôme. Alors que la maladie est généralisée à Maurice. Notre dossier (voir pages 10 à 15- L’express dimanche) explique qui pilote vraiment la compagnie d’aviation nationale. Tout en indiquant pourquoi cette ingérence est rendue possible. Le patron d’AM n’est toutefois pas le seul à devoir subir une pression et un interventionnisme permanents de l’Hôtel du gouvernement.

Il y a quelques années, le directeur d’un des plus importants corps paraétatiques nous racontait son blues. Cette envie de ne pas se lever le matin. Afin de ne pas affronter un conseil d’administration pressé d’avaliser – sur ordre de responsables politiques – le recrutement d’une liste de personnes improbables. Quasiment tous les dirigeants de corps  paraétatiques ou d’entreprises contrôlées par l’Etat ont quelques anecdotes de ce type à raconter.

Pourquoi les chosent demeurent-elles ainsi ? Pourquoi Maurice ne devient-elle pas ce modèle d’effi cacité, de célérité et de productivité que Navin Ramgoolam a pu  (re)découvrir en ce début de semaine à Singapour ? Certes, le Premier ministre pourra nous rétorquer que les maux dont souffrent nos institutions ne sont que des « faussetés » distillées par « une certaine presse ». Il aurait bien tort.

A Singapour, la liberté de la presse est dans une « situation diffi cile », selon  l’organisation Reporters Sans Frontières. On pourrait donc croire que le Strait Times ou les autres journaux – tous assujettis au pouvoir du micro-Etat asiatique – taisent la vérité. Mais ce n’est pas le cas. Si la presse singapourienne ne parle pas de corruption, de népotisme et  d’interventionnisme politique tous azimuts, c’est d’abord parce que ces phénomènes ne sont que très peu présents dans l’île. C’est d’ailleurs ce que constatent régulièrement des organisations internationales à travers des études menées in situ.

A Maurice, les gouvernements successifs se sont empêtrés dans un dilemme insoluble. Doit-on donner aux équipes dirigeantes des corps paraétatiques une totale autonomie décisionnelle et managériale ? En acceptant au passage de ne plus les nommer sur des critères de proximité politique. Et renoncer également à la possibilité d’intervenir directement à la moindre occasion. Ou alors privatiser ces administrations en en confiant l’opération et la stratégie au secteur privé ? Afin de placer l’efficience et la rentabilité au centre de leur fonctionnement.

Invariablement, les gouvernements ont décidé de garder la main. Pas question de privatiser et permettre que des joyaux de la couronne – Mauritius Telecom (MT) a été ainsi qualifiée dans le passé – tombent aux mains de groupes étrangers. Ou pire, sous le contrôle du secteur privé mauricien ! Une autonomisation factice a donc été enclenchée. AM a bien été cotée en Bourse. Quarante pour cent du capital de MT a bien été cédé
à France Telecom. Mais une structure d’actionnariat bien pensée a permis à l’Etat de maintenir un contrôle total sur tous leurs choix stratégiques. Résultat : malgré leur statut particulier, AM ou MT subissent les mêmes niveaux d’interventionnisme politique que le Central Electricity Board ou la State Trading Corporation.

Si AM opérerait selon des logiques purement économiques, elle ne desservirait qu’une destination en l’Australie. L’idée d’atterrir à Shanghai n’aurait également jamais été émise. Si le CEB devenait CEB Ltd, il faudrait également que chaque consommateur accepte une substantielle  augmentation de sa facture électrique. Oui, pour éviter cela, l’Etat doit en effet «guider » certaines décisions de ce type d’institutions.

Il y a toutefois une réelle différence entre guider et décider, quasiment au jour le jour, à la place de ceux censés diriger ces institutions. Ce qu’il nous faut trouver maintenant, c’est une solution du milieu. Car tout ce qui a été tenté jusqu’ici a été un échec. L’Etat devra pouvoir orienter certains choix des corps parapublics tout en leur permettant de fonctionner en totale autonomie. Cette solution impliquerait toutefois que les politiques cessent de considérer ces administrations comme des jouets entre leurs mains. Et cela n’est pas gagné.


Commentaires

Par Brenda Latulipe
Oct 06, 2010
You mean - paying commissions to..? God knows..Where there is lack of transparency and accountability..one has probably good reasons to believe that there is "anguille sous roche"..I can remember an article published by an african journalist (Sow ?) about "un avocat d'affaires qui privilégie l'opacité en affaires"..in an african newspaper..
Par Tryptophan
Oct 04, 2010
Why our love affair with Singapore, and of l'express also, when it is widely well documented that Singaporean authorities []esp. the Kwan Yews : father and son)] have used libel laws , extensively, to silence ( foreign) critics?
Par Brenda Latulipe
Oct 04, 2010
Pour ce qui est de la CEB, il y avait un appel d'offres lancé pour la privatisation de cet organisme paraetatique en 1993 ou 1994 . Il fut par la suite annulé...je pense qu'il y a eu pression des syndicats..Quant a Air Mauritius, après le scandale de La Caisse Noire (demasqué grace a un whistleblower), et la demission des auditeurs d'alors, le management de cette compagnie aerienne nationale a fait intervenir le Cabinet de consultants McKinsey - des missions statements placardés partout quasiment a tous les etages..(M.Nirvan Veerasamy en etait le MD)..Une campagne de rebranding de l'interieur des avions - Orange / Vert tendre...Air Mauritius prenait bcp d'initiatives en diversifiant les marchés, - voire rajouter des dessertes aeriennes..surtout ils ont peaufiné les menus et rajouté l'espace pour les longues jambes ....et tt d'autres initiatives....Mais la concurrence s'est alors intensifiée - l'arrivée d'Emirate Airlines et ses itinéraires qui emballent les touristes (surtout l'or de Dubayy), le service a bord de leurs avions, l'aspect "business"... L'id?0e d'atterir a Shanghai et de regarder "Miss Saigon" ou "Mme Butterfly" sur son monitor...Waoohh
Par Le Terrible
Oct 04, 2010
Pe prend cash lor le dos bann ti malheureux - pe fer zot payer lor chaque litre l'essence pou probleme hedging Air Mauritius et lor la paye TVA - sa cash la sorti are are ti-dimoune zot la sueur sa
Par jacky
Oct 04, 2010
Koze Rabin. J'imagine qu'avec l'article sur AM dans la dernière édition de l'Express Dimanche il y a certains qui font joujou avec des allumettes ou même au lance flamme. Mo pense ene tas Blue Label ine bate apres lecture ca l'article la. L'episode de Dharmanand Dooharika me semble comme une semonce concernant AM. Na pa quitte zot selma, continie apiye fort fort.
Par Raffick
Oct 03, 2010
2005 à 2010 Ramgoolam ti pe souffle manger. et 2010 à 2015 Navin pou fin sa pays la nette. Partous lin mettre so dimoune et sa banne dimoune la zote la petit mari bon sa. 6 mois a 12 mois zotte allez avec beaucoup million comme compensation.
Par Baltazar
Oct 03, 2010
Privatisation est la solution et le pouvoir castéiste est à zéro. Personne ne se sentira plus propriétaire de l'Ile Maurice.
Par Patriot
Oct 03, 2010
The article makes good reading. But let's look at the option proposed. Imagine a Chairman of a parastatal body having the autonomy to do as he pleases. Already even without this autonomy, one guy is creating havoc in a public enterprise. He talks big and tells his political masters and the public what they want to hear. In reality the guy is a sheer embodiment of favoritism, harassment, hidden agenda, galant polipote of an outdated format and his usual vested interests. . The results of his chairmanship is in reality a total failure. Effets d'annonce' is his favorite dish . The enterprise is just a shame for those who know the reality. The chairman insists on being treated as Minister and his Director as Permanent Secretary. A lamentable failed individual living on a nostalgia of his equally failed past.
Par DAVE
Oct 03, 2010
ALA CE KI ARRIVER LERE OU FAIRE NIMPORTE KI VINE PREMIER MINISTRE
Par morris
Oct 03, 2010
Boobhoo ti pe predire sa 'When Manmohan Singh warned of China's "new assertiveness" last week, Asia watchers snapped to attention. The normally sage Indian prime minister accused Beijing of seeking to expand its reach in South Asia. With China muscling for resources and geopolitical clout, India, he warned, had better take heed. The timing of the rare public rebuke was especially provocative, as it came hot on the heels of a series of diplomatic flare-ups between the two giants. Temperatures on the continent are rising in step with the Asian rivals' growth' quoted from an international magazine. A suivre
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