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Le Monetary Policy Committee retourne sa veste
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Par:-  Stéphane Saminaden

On 29/09/2010

Les exportateurs du pays peuvent bien se réjouir de la baisse du repo rate, mais ce n’est pas pour eux que le Monetary Policy Committe (MPC) a consenti à cette révision du taux directeur, et ce après plusieurs mois de bras de fer entre les deux partis. Même le Joint Economic Council (JEC), d’habitude si circonspect, s’était joint à la meute des détracteurs de la politique monétaire.

Dans son communiqué offi ciel émis avant-hier, le MPC avoue, du bout des lèvres, que c’est en partie à cause de l’exportation qu’il se résout à cette baisse du repo rate, après 18 mois de statu quo. Certaines indications laissent présager que la croissance économique pourrait ralentir davantage l’année prochaine «especially given the the weakening growth prospects in the country’s main export markets», déclare le MPC. C’est la seule fois où le MPC utilise le mot «export». Comme s’il était tabou.

Et ce, après avoir indiqué, dans la même phrase, que l’économie «is holding up relatively well in spite of a small downward revision in the growth forecast». N’est-ce pas là ce qu’on appelle faire preuve de mauvaise foi ? Ce que le MPC appelle pudiquement «a small downward revision», c’est le fait que les estimations de croissance sont passées de 4,6 % au début de l’année à 4,2 % et à 4 % bientôt. L’année n’est pas fi nie et 2011 et 2012 ne s’annoncent guère meilleures.

La MPC a raison, les diffi cultés de la zone euro et dans nos principaux marchés d’exportation posent un problème structurel pour Maurice. L’activité économique n’a pas repris en Europe et aux Etats-Unis. L’austérité et les pressions fi scales exercées sur ces marchés vont peser sur la demande.

Mais justement ; ce n’est pas parce que la demande est déjà faible qu’il faut jeter de l’huile sur le feu, en pratiquant une politique monétaire qui surévalue la roupie par rapport à l’euro, au dollar et à la livre sterling. Ce n’est pas en augmentant le prix de nos marchandises qu’on réussira à les vendre. On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre.

Au lieu de comprendre cette simple logique commerciale, on s’est auto-fl agellé pendant des mois, mettant en balance la «richesse» des exportateurs contre la nécessité de protéger le pouvoir d’achat des «pauvres» consommateurs. Avec, en prime, la nécessité de protéger les intérêts des «petits» épargnants. Combien faut-il avoir en dépôt bancaire afin de générer suffisamment d’intérêts pour que cela puisse faire une différence à chaque fin de mois ?

Lors de son point de presse hier, le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing Bheenick, est venu dire que la répercussion de la baisse des taux d’intérêts ne sera pas dramatique, car le taux d’épargne sera toujours positif par rapport à l’inflation. Parle-t-il du «headline inflation», qui est de 1,9 % ou de l’inflation trimestrielle, qui tourne «autour de 4 %», comme le dit le MPC dans son communiqué ?

Il y a certes trop de «politique» dans cette «politique monétaire». Quand le MPC vient reconnaître aujourd’hui que la croissance diminue et qu’elle va encore diminuer, ne reconnaît-il pas implicitement que, quand les exportations souffrent, l’économie et le pays souffrent en même temps ? Mais il ne le dit pas, et ne le dira sans doute jamais, sous la tutelle de l’actuel
gouverneur de la Banque centrale.

Tant pis. Mais l’essentiel est acquis. Hier, le Central Statistics Office a annoncé que le chômage augmentera cette année. Rien d’alarmant, sauf que la tendance est constante depuis 2008 : 7,2 %, 7,3 % et 7,5 % cette année.

 


Commentaires

Par democrate
Sep 30, 2010
Après avoir refusé les demandes des exportateurs (dévaluation de la roupie ou baisse du taux d’intérêt sur les crédits) qui ont des difficultés de trésorerie dues à la baisse de l’euro, le gouvernement fait volte-face pour consentir une baisse du taux directeur. La réalité économique l’a rattrapé très vite. Faisant preuve de démagogie, le gouvernement ne voulait prendre ni l’une ni l’autre des deux mesures sus-mentionnées sous le prétexte que les exportatuers sont des rentiers à la recherche de gains faciles. Les intérêts des consommateurs (qui doivent être épargnés de l’inflation importée par une roupie forte) et ceux des épargnants (qui doivent bénéficier d’un taux plus rémunérateur à l’épargne) avaient la primauté sur les intérêts des travailleurs des secteurs d’exportation dont l’emploi doit être protégé. Aujourd’hui, le gouvernement reconnait qu’il doit faire un « trade-off » en faveur des exportateurs parce que la croissance se ralentit avec la perspective certaine d’un accroissement du chômage. Puisque l’économie dépend massivement des exportations pour obtenir les recettes en devises étrangères qui paient nos importations, le gouvernement ne pouvait continuer à renvoyer aux calendes grecques des mesures pro-exportation sans mettre en péril la balance commerciale (dont le déficit s’alourdit davantage) et la balance des paiements (qui trouve un certain équilibre gråce aux investissements directs extérieurs, lesquels compensent le déficit du compte courant). Les diatribes contre les producteurs rentiers associés à l’oligarchie historique étaient bonnes pour les besoins de la campagne électorale car il fallait brandir certains épouvantails pour s’assurer une majorité de voix chez un électorat abruti. Or, dans la réalité, le pays a besoin de ces mêmes producteurs pour assurer une certaine stabilité économique. La Commission de démocratisation économique, au lieu de combattre des moulins à vents, devrait avoir les pieds sur terre et ravaler ses critiques contre les « monopoles » après les volte-face du gouvernement. La mascarade a duré trop longtemps. L’heure de vérité sonne. Maintenant les masques tombent l’un après l’autre.
Par Robin
Sep 29, 2010
bane exportateur ki p laguerre pour ene baisse de repo rate pou zot capave paye interest moins. mais bane consomateur pour comence paye sa frais la bientot. mais bane la banque commercial ki p faire? rien pou bane compangie exportateur la? sa banela mem kine donne grand loan sa bane firm le. bane la banque commercial la pas ti capave baisse interest ki bane firme la p payer..?? ena bez la....et zot p faire bane gros profit..
Par Ouyouf
Sep 29, 2010
C'est sûrement une histoire de trou. N'est-ce pas Manou? Tiens, ...ca rime!!!
Par cassamR
Sep 29, 2010
Cause arguments pas procès d'intention ou character assassination, frères
Par MoralScientist
Sep 29, 2010
It is revolting that shady-past Bheenick and the brutal-language-prone, senile bloke at Le Reduit continue to be fixtures of the Mauritian power-exercising landscape. They have been like an albatross around the necks of decent members of the Mauritian citizenry, especially yours truly. But the racist/communalist/casteist cancer continues, even at the beginning of the second decade of the 21st century, to erode the vital organs of the citizenry. These two should not only be sent packing as ‘marsan gato piments’ has been, but they should also be made to account for their misdeeds.
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