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Ramgoolamiste ou Bérengiste
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Par:-  Rabin BHUJUN

On 26/09/2010

Doit-on être Ramgoolamiste pour être membre du Parti travailliste ? Est-ce que « militan koltar » est la définition standard du mot « Bérengiste » ? Dans un pays où être militant d’un parti signifi e avant tout jurer allégeance à son leader, Chetan Ramchurn, président de l’aile jeune du MMM, donne sa défi nition (voir page 19) de la politique locale. « Ce sont les Ramgoolamistes contre les Bérengistes, et plus personne ne s’intéresse aux débats d’idées.» Le propos est lapidaire. Mais notre courte histoire postindépendance nous aide à comprendre pourquoi ce qu’avance Chetan Ramchurn n’est, après tout, que la stricte vérité.

Les faits sont diffi cilement contestables. Depuis 1968, le pouvoir politique s’envisage comme un patrimoine familial. Mû par la règle voulant que la direction du parti se transmette de père en fi ls. C’est le cas chez les Ramgoolam (hormis la parenthèse Satcam Boolell), les Jugnauth, les Duval. D’aucuns voudraient que le MMM suive la même logique. Quand c’est le leader qui fi nit par incarner le parti, on comprend pourquoi il est à ce point-là facile pour les sympathisants de se proclamer « Ramgoolamistes » ou « Bérengistes » d’abord, travaillistes ou militants ensuite.

Le phénomène des alliances a accentué cette propension à vénérer les chefs politiques. En leur conférant, au passage, l’incroyable faculté d’avoir raison en toute circonstance. Depuis l’indépendance, les leaders des quatre principaux partis du pays ont ainsi démontré qu’ils peuvent s’allier entre eux sans le moindre problème. Tant que l’enjeu de l’alliance demeure la préservation ou la conquête du pouvoir – souvent précédemment acquis à l’aide d’un autre partenaire !

Très vite les leçons ont été retenues à partir de ce mode opératoire. Un militant MMM foncièrement anti-travailliste a appris à tempérer sa hargne. Tout comme un camarade du MSM hostile à l’idée de tout rapprochement avec le MMM a dû, par moments, ravaler ses convictions. L’enjeu : ne pas être pris au dépourvu et être prêt à cautionner les décisions ou volte-face du leader. Le moyen le plus efficace d’y arriver est justement de se faire Ramgoolamiste, Duvaliste ou Bérengiste.

Cette posture permet par exemple d’escamoter le fait qu’on est anti peine de mort dans un gouvernement qui prône sa réinstauration. Ou encore à faire semblant d’épouser une politique économique libérale que mène le pouvoir alors qu’on ne jure que par le protectionnisme et l’interventionnisme étatique. C’est en effet tellement plus facile de commencer sa phrase par le rituel « comme le dit le leader… » Surtout quand on chercher à éviter d’exprimer des opinions contradictoires.

Ce fonctionnement a permis aux leaders politiques d’instaurer autour d’eux une culture de suivisme. Alors comment les Chetan Ramchurn peuvent-ils prétendre bousculer des mœurs politiques paraissant si solidement établies ? La première étape consiste sans doute en un retour aux valeurs fondamentales de chaque courant politique. L’approche pragmatique du MSM. La volonté travailliste d’émanciper toutes les couches de la
population, notamment par le travail. Ou encore la lutte du MMM pour l’égalité en droit de tous les Mauriciens.

Le retour aux sources n’est toutefois pas si aisé qu’on ne le pense. Un partisan MSM peut-il risquer de dire à Pravind Jugnauth que son approche mollassonne vis-à-vis du gouverneur de la Banque de Maurice donne l’impression que le principal décideur économique du pays se trouve à la BoM Tower ? Comment dire à Bérenger que sa stratégie électorale depuis 1981 est en totale contradiction avec les idéaux égalitaires et unitaires du MMM ? Comment confronter Navin Ramgoolam sur la question de la lutte contre la pauvreté qu’il gère avec des arrière-pensées purement politiques depuis quelques mois ?

Il est évident que ceux qui oseraient tenir ce type de discours au sein de leur parti  s’exposeraient à la vindicte de leurs camarades suivistes. Mais il est aussi probable que ce type de discours réveille quelques consciences endormies. Lançant ainsi des débats contradictoires au sein de ces partis. De tels exercices pourraient toutefois aboutir à la remise en question de telle ou telle décision des leaders. Or, ces derniers, habitués à ne pas devoir rendre des comptes – ou si peu –, ne toléreront sans doute que très mal la présence de contestataires au sein de leur parti. Deux issus possibles : ces audacieux seront ramenés à la raison. Ou alors éjectés du parti.

C’est ce qu’il se passera si les suivistes continuent à être les membres majoritaires de nos principaux partis. Mais si ce n’est pas le cas. Si des Chetan Ramchurn s’imposent au PTr, au PMSD ou au MMM ? La remise en question qu’on dit impossible au sein de notre classe politique pourrait alors arriver bien plus vite qu’on ne le croit…


Commentaires

Par Tryptophan
Sep 29, 2010
What to say about the silent minority so often cajoled at times of elections? Is there something in their belly that if constituted in a mass of independents, could threaten to dislodge the existing sickening arrangement? Ramgoolam is where he is because of "a certain love of ancestry " and Berenger is where he is because he is bolted to the seat of leader of opposition . Neither Ramgoolam nor Berenger inspire confidence or hope, for they do not have a credible cohesive vision for our country. We do not add the suffix "ist" to their names because of their ideologically and socio-politically sound insight capable of rallying a nation, but , sadly, because of their ineptitude that oversees us being divided into at least two camps. Their followers ( fans) will never understand that a proud nation is built on years of sacrifice in the fight to uphold what is moral and just..and fair. Rather they continue to hold on to the false belief that they will get their “ boute" that will change their selfish destiny for good. Where is the so-called silent minority?
Par ti rouge
Sep 27, 2010
GETTE SA...PAS DIRE MOI MO ENE ZOIZO DE MAUVAISE AUGURE...MAIS BANNE COUMA CHETAN RAMCHURN LA MO FINE FATIGUER GETTER... ALLER VINI MEME ZAFFAIRE.. PAS DROLE EN 2015 LI GAGNE TICKET ROUGE ET VINE MINIS.... L'ILE MAURICE C'EST UN PLAISIR....POUR LES JOUISSEURS,LES ARRIVISTES,LES RODERES BOUTE,LES OPPORTUNISTES,LES TRAITRES.. .LES MOORBA,RAMPHUL, BEEBEEJAUN, ATCHIA CERAMICAET AUTRES ET AUTRES,.....
Par Ram
Sep 27, 2010
Tout d'abord, merci pour les questions intéressantes que vous avez posées. En premier lieu, si quelqu'un veut être membre d'un parti politique il faut d'abord que la personne soit en accord avec l'idéologie du parti politique concerné. Quelles sont les idéologies d'un parti politique ? Question intéressante, néanmoins, la question est assez complexe en elle même, et en utilisant les mots complexes on risque d'atteindre seulement un petit groupe de la population mauricienne. J'essayerais de répondre à vos questions en utilisant les mots simples pour que la population mauricienne comprenne l'enjeu et l'importance de leur vote que je pense est l'idée principale du débat. Voici quelques questions que la population mauricienne surtout les jeunes devrait poser au chef politique avant d'accorder leur vote au parti. Qui finance votre parti politique ? Il n'est plus un secret dans le monde que les partis politiques sont financés par de grandes entreprises. Souvent les grandes entreprises utilisent les partis politiques pour sécuriser leurs objectifs personnels. Je peux citer comme exemple : la société Enron, de l'année 2001, un leader mondial dans la production et la distribution d'énergie. Les efforts entrepris dix ans auparavant par la société pour persuader les législateurs de déréguler les marchés de l'électricité avaient porté leurs fruits d'un bout à l'autre des États-Unis. « Ses liens avec l'administration Bush lui assuraient une oreille bienveillante à Washington. Ses ventes, ses bénéfices et ses actions montaient en flèche ». — A. Berenson et R. A. Oppel Jr. The New York Times, 28 octobre 2001. L'idée est de savoir qui sont les élites qui se cachent derrière les acteurs politiques et quels sont leurs objectifs. Quelle réforme comptez-vous faire dans le domaine de l'éducation ? Je pense que la population mauricienne serait en accord avec moi quand je dirais que chaque fois que le gouvernent change le système d'éducation change aussi. En particulier, je commencerais par cette question pertinente. Quelle est la langue officielle de la République de Maurice ? Et pourquoi utilise-t-on les langues anglaise et française comme langues d'enseignement dans le système d'éducation et non les autres langues ? Qui décide quelle langue on doit parler et pourquoi ? Combien d'emploi serais crée dans les prochains 5 ans et quelles sont ces emplois et qui peut les accéder ? En conclusion, il est important de savoir comment le gouvernement gère l'argent des contribuables et comment ils sont dépensés. Est-il vraiment nécessaire que le gouvernent achète une limousine qui coute des millions de roupies pour rouler quelques kilomètres par jour ou d'investir votre argent dans une école dans votre quartier ? Je vous laisse réfléchir ! Sur ceux j'attends vos réflexions et une continuation du débat.
Par ti rouge
Sep 27, 2010
ESKI PENA PERSONNE KI NOU CAPAV KALIFIER DE RAMGOOLAMO-JUGNAUTHO-BERENGISTE.....SI TEL EST LE CAS MO KOIRE NOUS POU FACILEMENT GAGNE BOUCOU DIMOUNES KI POU MERITE SA KALIFIKATIF LA.....
Par jacky
Sep 27, 2010
A quand des esprits réformateurs??? Voilà donc une opportunité afin de réunir autour d'une table ceux qui ont des idées nouvelles. Espérons qu'une mouvance allant à l'encontre du troupeau voie le jour. La presse, l'Express, pourrait etre le vecteur en distillant ce serum. Peut-etre aussi que ceux qui sont pour des débats d'idées sont peu nombreux. Ou plutôt qu'ils préfèrent suivre la tendance pour le moment en bon opportunistes et au moindre vacillement c'est la ruée. Comme le dit si bien linternaute "jaria raja", "People are dealing with evil and they just decide to choose lesser of the evil at election time". Ce qui m'amène à reprendre un terme bien de chez nous "bizin fer ene choix entre caca nene ek lerume". J'ai définitivement une préférence entre Ramgoolam et Berenger sans oublier d'ajouter une note nostalgique à la liste en ajoutant Anerood. Entre du moins bon et de la merde, je préfère de la bonne merde!!!
Par Kunal
Sep 26, 2010
Bravo a twa, j'aime lir t editorial tou les dimanches. c super hyper cool
Par Baltazar
Sep 26, 2010
Il faut être snob pour ne pas être suiviste. Question de tradition des générations. Combien de Mauriciens attendent encore que leurs parents soient mort pour pouvoir renouveler et moderniser leur maison. Des Chetan Ramchurn doivent s'imposer pour la rupture des chaines. Sinon mem dilo suive mem kanal.
Par jaria raja
Sep 26, 2010
People are dealing with evil and they just decide to choose lesser of the evil at election time.There is no difference between the various aspirants to power.Each is ready to look after himself and rest be damned.In this scenario the people only optimise's their resources.
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