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Ameenah Gurib-Fakim : « Les plantes représentent l’avenir de la médecine»
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  |  23/11/2010

La professeure de Chimie organique à l’Université de Maurice parle de la l’African Herbal Pharmacopoeia, un livre de référence sur  les plantes médicinales. Elle a participé à l’élaboration de ce recueil.

 

● Pourquoi ce livre est-il important ?

Ce livre est une grande première pour le continent africain qui, contrairement au reste du monde, ne possédait pas de pharmacopée jusqu’ici.

A ce titre, il comble un vide important. Il sera d’une grande aide aux chercheurs et producteurs de plantes médicinales dans la mesure où il leur permettra de cultiver des plantes selon des normes internationales.

L’absence de normes a d’ailleurs représenté un écueil majeur pour le secteur jusqu’à maintenant. Ce processus devrait donc avoir un impact très positif sur le gagne-pain des fermiers et agriculteurs.

Vous avez dû abattre un travail considérable pour compléter une oeuvre aussi ambitieuse. Quelle était la partie la plus difficile ?

Sans hésiter, je dirai que le plus dur c’était de trouver et regrouper toute la documentation pertinente. On a dû retourner aux sources en faisant des analyses de toutes les plantes, ainsi que rechercher de la documentation dite «grise», en l’absence de données formelles.

Quelles plantes du continent africain vous semblent exceptionnelles par leurs propriétés ?

L’Afrique peut se vanter de posséder une pléthore d’espèces extraordinaires. Une des plantes les mieux connues est sans doute le Catharanthus, ou pervenche de Madagascar. Des scientifiques recherchaient un médicament contre le diabète et ont en fait trouvé deux médicaments importants contre le cancer. Le cactus Hoodia est un autre exemple de la richesse de la médicine traditionnelle. Ce sont les bushmen qui ont découvert ce suppresseur d’appétit.

Quels sont vos espoirs pour ce recueil ?

J’espère que les entreprises l’utiliseront pour développer le secteur, ce qui permettra à de nombreux africains de gagner leur vie. Je voudrais également voir davantage de plantes africaines sur la liste des best-sellers internationaux. Pour terminer, je tiens à dire que le moment est venu pour arrêter de traiter les plantes médicinales de mauvaises herbes. Elles représentent l’avenir de la médecine ! Pour moi, il n’y a pas de mauvaises herbes, que des plantes médicinales potentielles.


 

    

Commentaires

Par:-Daiel Nairac
-Je salue, avec le Professeur Madame Gurib-Fakim, la publication de ce premier volume technique sur les premières "plus importantes" 50 plantes médicinales africaines qui devrait ouvrir grand le marché pour ces plantes médicinales du continent. J'ai eu le plaisir et l'honneur de faciliter les premiers financements pour ce travail gigantesque quand je travaillais au Centre pour le Développement de l'Entreprise à Bruxelles, avec Denzil Phillips, le Professeur Kobus Eloff et Ameenah Gurib-Fakim. C'est le projet que je considère parmi les plus imortants et valables sur lesquels j'ai travaillé pendant ma carrière internationale. Il devrait avoir des retombées directes et indirectes non seulement sur un nombre important d'agriculteurs africains mais aussi sur les practiciens sérieux de médecine traditionelle ainsi que sur la recherche et la production de nouveaux médicaments et traitements. Bravo à toute l'équipe pour cette première parution. J'attends maintenant le second volume. Daniel Nairac
Par:-jean chung
-C'est une opportunité de remplacer la canne à sucre par des plantes plus rentables.
Par:-arouille
-Madame Gurib Fakim, vous faites un travail super certes, vos ouvrages sont tres documentés et fiables, mais POURQUOI ne parlez-vous pas aussi de la protection des arbres et des plantes, pourquoi vous n'encouragez pas les gens à planter chez eux, à enrichir la biodiversité au lieu de toujours couper les arbres et arracher les plantes, surtout celles qui sont rares, et mettre du béton partout? Faut-il croire qu'un jour les plantes dont vous parlez ne se trouveront que dans des livres? Si ce n'est pas déjà le cas!
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