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Gérald Lincoln : « Beaucoup d’emballage et de présentation de détails... »
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Abdoollah EARALLY  |  22/11/2010

L’économiste et directeur de Ernst & Young commente les mesures annoncées dans le discours du budget 2011.

 

● Qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans le budget ?

Je dirais la nouvelle orientation fiscale. Je dois dire que c’est passé assez subtilement dans le discours budgétaire. Par exemple, je note qu’il y aura une taxation sur les dividendes. C’est une mesure extrêmement
percutante qui va générer beaucoup de revenus pour l’Etat. Cela veut dire que le même bénéfice est imposé deux fois. Premièrement, 15 % pour l’entreprise. Puis, une seconde fois, 10 % pour celui qui perçoit des
dividendes. Cette mesure change un peu la philosophie de la fiscalité mauricienne. Concernant les exempt incomes, je note qu’on remet une taxe sur les intérêts bancaires. C’est une mesure qui va affecter plutôt la
richesse, les gros entrepreneurs et les entreprises qui gagnent beaucoup.

Sentez-vous la vision de ce budget ?

Oui, il y a de grandes orientations. Je pense notamment aux infrastructures. C’est très important pour nous de développer nos infrastructures à long terme. Mais peut-être un peu de manque d’audace sur les gros chantiers. Le métro léger, le Dream Bridge, la ville de Highlands sont mentionnés, mais il n’y a rien de concret.

L’orientation que veut donner le ministre à nos ressources humaines, c’est une vision. Nos ressources humaines, c’est vraiment la clé de notre développement à long terme. Je note qu’il y a de belles idées pour promouvoir le développement humain. C’est fondamental pour notre croissance à long terme.

Comment développer ce capital humain sans une remise en question du système éducatif ?

Je recrute beaucoup dans mon entreprise et je note que la qualité des diplômes s’améliore. C’est impressionnant le nombre de CV que je reçois avec 3 A au HSC. Maintenant, ce n’est pas tout. Le « out
rate» au CPE est un gros problème. La qualité des institutions demande à être améliorée. Mais je note de gros efforts. C’est sur la bonne voie.

Qu’en est-il du social dans le budget ?

Il y a une bonne part de social dans le budget, même si la capacité d’action est limitée car nous sommes dans une période d’austérité. Il est beaucoup question de logement. Vous savez, le logement, c’est la dignité humaine. On veut construire 700 logements dans l’année qui vient et 40 000 logements sur 10 ans. Ce n’est pas du low social housing. Ce sont des projets intégrés sur 2 000 arpents. On ne va pas créer des ghettos.

Je trouve cela nouveau et intelligent. Il faut aussi noter les efforts pour la formation pour une nouvelle classe moyenne. C’est l’avenir du pays.

 

Propos recueillis par
Abdoollah EARALLY

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Commentaires

Par:-credislip
On peut aussi observer que tous les cabinets-conseil/audit comme BDO, Deloitte, Ernst &Young, KPMG, PWC, pour ne pas mentionner d’autres « gurus», ne pipent mot sur les banques...A travers son chairman, la Mauritius Bankers Association dit être « déçue, mais pas surprise ».Dans une « industrie » à qui l’État confère l’unique privilège de « fabriquer » de la monnaie pour être prêtée à des taux « usuriers » ,au lieu de réduire leurs bénéfices mirifiques acquis aux dépens du public, les banques sont devenues maintenant, pour ainsi dire, des agents- collecteurs de taxe (indirecte) de l’État... En passant, on note la venue sur la scène journalistique d’A.Earally qui apporte une certaine fraîcheur au traitement de l’économie dans les médias, et on lui souhaite surtout d’améliorer l’ « economic literacy » du grand public, dont le score en France n’atteigne que 9/20, selon un sondage récent !
Par:-Shakil
Well, he misses obvioulsy somenting in regards to NRPT. the rich is now exempt from such tax and i do not see any inconveniences to charge them on their exempt income. At the end of he day, the rich fiscal liability will be almost the same. they are not worse off. This is in line with the social budget as presented
Par:-Rabin
Ok Gerald, it's taxed twice but in most countries dividends is taxable in the hands of the company first, say 15%, then the person who receives it pay their fair share of the tax, say 40%. That person then gets a tax credit of the 15% back, so effectively taxed on just 25%. Of course the 40% is high because i am referring to high net worth individuals. But in Mauritius the dividends are never taxed at the individual tax rate, the BIG 40% which rich people have found a loophole to exploit. The average mauritian does not get heaps amounts of dividends or taxed at 40%. Final result - the richer a person is the more tax he pays, which is the general rule of all modernised economies. So well done Pravind. Good luck with your tax return next year Mr Lincoln.
Par:-ATM
-Mr Lincoln avoue : « C’est une mesure qui va affecter plutôt la richesse, les gros entrepreneurs et les entreprises qui gagnent BEAUCOUP». Et alors, quel mal y a-t-il à cela ? Comment et pourquoi les entreprises dégagent- elles des bénéfices “excessifs” ? En pratiquant des SUPER marges aux dépens des consommateurs, mais surtout en ne rémunérant pas les travailleurs à leur juste valeur. Le rendement sur capitaux investis devient SUPERIEUR aux « normes »et l’excès des bénéfices va rehausser les dividendes dévolus aux des actionnaires. Donc l’autorité fiscale s’efforce de restituer un équilibre en tempérant ces excès comme dans le cas du maintien des taxes additionnelles sur le secteur bancaire...
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