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Amar Deerpalsing : « Les PME n’ont pas bénéficié des mesures d’aide votées »
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  |  27/10/2010

Dans quel état se trouve actuellement le tissu de petites et moyennes entreprises (PME) ?

La situation est devenue chaotique, du fait de la situation économique difficile. Le budget passé n’a pas apporté la bouffée d’oxygène promise. En fait, on nous a annoncé que des mesures avaient été votées, mais rien de concret ne s’est matérialisé. Nous sommes confrontés à une énorme machine administrative et à un phénomène de «red tapism» (paperasserie administrative) qui entraîne des retards très importants dans l’application des mesures. Les PME ont passé la crise financière internationale et la crise de l’euro sans obtenir de l’aide. Nous sommes découragés, et si on continue comme cela, le tissu de PME va se désagréger.

Pourtant, l’«Economic Restructuring and Competitiveness Programme» (ERCP) devait faire un effort particulier en direction des PME ?

Nous sommes toujours dans l’attente. Au niveau de la Development Bank of Mauritius (DBM), le mécanisme d’aide n’a toujours pas été mis en place. Le gouvernement devait mettre des terres à notre disposition afi n que nous puissions créer des villages de PME, on en est toujours au stade de la négociation avec la Mauritius Sugar Producers Association et à la phase de test pour savoir si les terres éventuellement allouées sont aptes à la mise en place des projets. Le budget pour la création d’un «Permanent Exhibition Center», qui permettrait aux PME de présenter leurs produits, a été voté, mais le terrain pour la construction de ce centre n’a toujours pas été identifié.

Dans quels secteurs les PME souffrent-elles plus particulièrement?

Dans le textile, où elles constituent un réseau de sous-traitants. Les entreprises qui travaillent dans le tourisme – et plus particulièrement celles qui collaborent avec les toursopérateurs – souffrent également beaucoup.

Dans les hôtels, la baisse de fréquentation touche les «boat houses». Nous constatons qu’il y a des restaurants à vendre, même dans le Nord. Par ailleurs, la Small and Medium Enterprise Development Authority (SMEDA) vient de fermer des boutiques d’artisanat. Je crains qu’il n’y ait de nouvelles fermetures.

Le problème, c’est que le bureau central des statistiques a changé sa défi nition des PME. Donc, désormais, les comparaisons vont être compliquées.

Qu’attendez-vous du prochain budget ?

Le problème, c’est qu’encore une fois, on va voter des mesures qui n’auront aucun résultat, car elles ne seront pas concrètement mises en application. Dans toutes les présentations de budget, il y a un effet d’annonce, avec, théoriquement, des mesures votées, mais les PME n’arrivent jamais à accéder aux fi nancements.

Le gouvernement nous dit qu’il existe des mesures budgétaires, mais rien ne se concrétise. Par exemple, la SMEDA devait aider à financer de nouveaux projets et promouvoir la modernisation des PME à travers l’Acquisition of Technology Scheme mais depuis février dernier, rien n’a été versé. Même chose pour le mécanisme théoriquement destiné à faciliter l’accès des PME mauriciennes aux foires internationales : rien n’a été organisé. Et Enterprise Mauritius estime de toutes les façons que les PME n’exportent pas. Nous ne comprenons plus, et nous n’avons plus foi dans ce que la machine gouvernementale peut faire pour les PME.

Que souhaitez-vous concrètement?

Il faut que les PME disposent d’une représentation dans les instances décisionnelles. Or, ça n’a pas été le cas dans l’Additional Stimulus Package (ASP) et ce n’est pas le cas dans l’ERCP. Dès lors, les mécanismes d’aide sont souvent réorientés vers les plus grosses entreprises. Si on veut aider les PME, il faut une véritable volonté.

Cela passe par une étude sérieuse des dossiers et non par une réunion mensuelle et la création de sous-commissions. Nous demandons une approche plus flexible pour les PME afin qu’elles puissent accéder aux outils de soutien. Les antennes de la SMEDA et de la DBM ne sont pas efficaces. Ces organisations devraient être restructurées et réunies sous un même toit, pour devenir plus performantes.

Dans ce contexte, quel devrait être le rôle des banques?

Il faut que les banques jouent enfin le jeu. Dans le cadre de l’ASP, elles avaient signé un «Memorandum of Understanding» pour financer les PME à hauteur de Rs 300 millions. Il n’ y a eu que 3 ou 5 bénéficiaires, pour un montant total déboursé de Rs 15 millions.

Dans le cadre de l’ERCP, on a modifié le mécanisme en annonçant des prêts aux PME à un taux correspondant au repo rate plus 300 points de base. Mais cela n’a rien changé. Les banques considèrent les PME comme un risque trop important. Les banques n’acceptent pas les carnets de commandes fermes, les machines ou les stocks comme collatéraux, contrairement à ce qui passe avec les grosses entreprises.

Pour obtenir des crédits, les patrons de PME doivent engager leur maison ou des terrains. Pourtant, le dernier rapport de la Banque mondiale dit que les PME constituent le secteur le plus productif à Maurice. Cette institution souligne d’ailleurs que pour les PME mauriciennes, le principal problème, c’est l’accès aux financements.

 

    

Commentaires

Par:-David Li
Mr Chady, the problem is that Mauritian banks are deeply risk averse - unless one is networked via politics, brotherhhoods, cronyism, etc. What's more they are among the most profitable with their fat spreads. So please do not mix usury with prudential lending. Of course bankers are not to be blamed for being rogue citizens and abusing the system, market failure yields to institutional deficit and poor leadership. I agree to leave blah blah blah to consultants, politicians and rent seekers.
Par:-Iqbal Khan Chady
Dear Mr Li, it is inconceivable that the banks would refuse to lend money without a valid reason. After all , why would they reject more business? If the banks are not keen or willing to lend money to SME , instead of indulging in a blame game, we must find out the reason for this and come up with a proper solution. It would be interesting if the authority or the association of SME itself carry out a survey on the management of the SME to provide us useful information on their management standard. This is with a view to determine flaws that may exist and TO REMEDY THEM. The aim is not to blame or discredit the managers of SME but TO HELP THEM IMPROVE THEIR MANAGEMENT. The fact that the World Bank ranks us near the 100th position worlwide with regards to access to capital does not necessarily mean that the banks are at fault. This tells us that there are problems somewhere as to why SME face difficulties to access capital. To be fair , let's hear from the banks themselves and let's see what they have to say. Unless we act in a sensible manner and try to understand where the problem lies, we will not resolve it. Otherwise, it would be just 'palabres' as usual! Thank you Mr Li for your kind attention. Dublin
Par:-David Li
Mr Chady is waffling like a typical MBA nerd or an ....accountant. I am an entrepreneur operating in Singapore, Mauritius and yes Ireland, and I can tell the difference in terms of access to capital. Even the WB ranks us near the 100th position worldwide. Convincing some patat- so-dan- labous whether in the big private sector or in the public one is indeed a BIG challenge here!
Par:-Iqbal Khan Chady
It is clear that there are problems at different levels.At government level , the first problem , according to the answers given in this interview, seems to be inappropriate planning , poor organisation and lack of coordination. That is why it is difficult for policies to be executed properly and decisions take a long time to be made. How do we deal with this problem? For more than two decades, everybody has been talking about 'Public Sector Management Improvement Programmes' without any one coming up with the right solution. Piecemeal approach like the infamous 'HR Guidelines' will not deliver the goods. If the present government cannot devise a 'new management system' to tackle this problem, let's hear from the opposition. What solution do they have? What we require is simply a ' new management system' for the public sector. Do not expect me to be specific but just a few hints to those interested : (think of management dynamism; think of participative planning and self control; think of goals congruence; think of attitudes and expectations; think of equitable rewards system ). The second problem at government level seems to lie with the unilateral approach adopted by the Ministry of Finance to formulate policies and measures for the development and growth of Small and Medium Enterprises ( SME ). The Ministry must involve the SME in the decision-making process. The managers of the SME have better knowledge of their business, market , industry and the environmental factors impinging on their business. This knowledge will provide vital inputs for the formulation of policies and measures for the development and growth of SME. Mr Amar Deerpalsing talks about difficulties for the SME to have access to finance. With all due respect to Mr A.Deerpalsing , it seems to me that the problem lies with the SME themselves. More specifically , there seems to be a 'management problem' with the SME. The business strategy , marketing management and financial management of the SME demand , in my opinion, improvements. Unless there is a well defined and clear strategy ( market/product orientation, clear long term goals, actions required, effective policies, resources required and how to obtain or develop them ) , a proper marketing ( identifying the market potential , market needs and values, planning for the market share , developing the product with the right attributes and functions , sales planning and control , pricing , distribution and service ) and an appropriate financial mangement ( capital required , financial risk to take , financial policies in terms of working capital, stock level, and credit , financial planning and control ( especially knowing what the break-even point is as this will help towards 'profit planning' in the busines ). How could 'SME's Mangement' be improved? The authority must devise and implement a 'well tailored management training programme' for the SME. A soundly managed organisation with a good business plan should be enough to convince the financial lenders. Dublin.
Par:-Mario
Et dire que certains louent toujours les "réformes"! Quelle honteuse complaisance. "le principal problème, c’est l’accès aux financement" un consultant "embusqué" trouvait dernièrement que ce n'était pas le cas.
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