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Ashok Radhakissoon «La MBC favorise la compartimentation»
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Ludovic AGATHE  |  11/10/2010

Que pensez-vous de la nouvelle orientation de la «Mauritius Broadcasting Corpora tion» (MBC) qui a introduit, entre autres, cinq nouvelles chaînes linguistiques ?

Sur le fond, je n’ai rien contre. C’est un opérateur qui offre de nouveaux bouquets. Sur ce point, je n’ai rien à redire. Dans la forme, cependant, la MBC reste en situation de monopole, qu’elle vient ainsi consolider. Cette manoeuvre est contraire à l’esprit de l’IBA Act, qui va dans le sens de la diversité et du choix. La MBC consolide son assise dans le domaine télévisuel en réduisant la marge disponible dans ce même espace télévisuel. La MBC va également à l’encontre du Competition Act, en étant en situation de monopole et en détenant 100 % du marché télévisuel. C’est un abus de position dominante. Aux yeux des deux lois régissant ce même cadre, c’est répréhensible. L’Independent Broadcasting Authority (IBA) et la Competition Commission Mauritius (CCM) devraient se pencher sur la question. Mais, dans le fond, la démarche est valable, toutes ces langues existent et sont parlées à Maurice.

Ne serait-il pas plus judicieux d’introduire des chaînes thématiques ou culturelles, plutôt que linguistiques, répondant à une certaine logique de distribution
ethnique ?

Je serais pour une télévision généraliste avec une dose de thématique. Ce qui manque surtout, c’est une chaîne consacrée aux jeunes, au sport et à la musique. Il faut traiter de thèmes pertinents à Maurice, le tourisme, par exemple, auquel une chaîne sera dédiée mais aussi l’environnement. Mais, encore une fois, c’est le choix et la diversité offerts au public qui devraient primer. Le fait est qu’il n’y a qu’une unique offre, celle de la MBC. Maintenant, pour juger de l’accueil du public à ces nouvelles chaînes, il faut faire des études.

Il n’y a rien de mauvais à l’ouverture culturelle. Cependant, je me demande si cette formule sera effi cace, car elle ne propose pas une intégralité culturelle, mais favorise plutôt la compartimentation. Cela n’encourage en rien l’échange culturel.

Malgré cette démarche de promotion linguistique, comment accorder de la crédibilité à la MBC, qui a toutes les caractéristiques d’une institution au service du pouvoir ?

Quand on regarde la programmation de la MBC et sa démarche dans le cadre électoral, on pourrait penser que la MBC se fait la voix du gouvernement. En somme, rien n’empêche le gouvernement d’utiliser les chaînes publiques pour réitérer son programme. Cependant, il doit y avoir une balance, un équilibre et une diversité offerts par d’autres acteurs télévisuels. L’IBA n’a pas encore rempli son rôle à ce niveau, du fait que le service de la télévision n’offre pas cette diversité.

Propos recueillis par
Ludovic AGATHE

 

    
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