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Dr Denis Li Kam Wa : «Attention à l’usage abusif des antibiotiques !»
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Propos recueillis par Iqbal Kalla  |  05/09/2010

Le Dr Denis Li Kam Wa met en garde contre l’usage abusif des antibiotiques.

Dont l’une des conséquences est le développement de bactéries multirésistantes.

Après la grippe A (H1N1), on commence à parler du NDM-1, apparu en Inde…

Le risque de la grippe H1N1 était que le virus se propage très rapidement à l’échelle mondiale provoquant une pandémie, alors que le NDM-1 est un gène véhiculé par une bactérie qui confère une résistance aux antibiotiques carbapénèmes qui ont un spectre d’action très vaste. Le résultat est le même : risques accrus de maladie fatale à l’échelle mondiale.

Pourquoi est-ce que cette situation est si préoccupante ?

Parce que les carbapénèmes sont des antibiotiques parmi les plus puissants à notre disposition, de dernière génération, et, après eux, il n’y a pas vraiment d’autres en vue de si tôt. Ils sont donc utilisés pour traiter des cas difficiles, ceux résistants aux autres antibiotiques. Or, pour le NDM-1, le code DNA de l’enzyme peut être facilement transmis d’un type de bactérie à un autre, ce qui peut engendrer des bactéries résistant à tous les antibiotiques. Ce qui, à son tour, entraîne un risque d’infection grave qui se transmet rapidement de personne à personne et qui s’avère difficile à traiter.

Vu nos relations étroites avec l’Inde, ne risquons-nous pas d’être très rapidement contaminés ?

En effet, la plupart des cas rapportés sont des patients qui sont allés se faire soigner en Inde, souvent pour la chirurgie esthétique. Il faut dire qu’il y a encore très peu de cas répertoriés. L’infection hospitalière existe dans n’importe quel centre de santé et plus ce centre traite de cas compliqués, plus le risque d’infection est présent.

Existe-t-il des procédures permettant de mettre la population locale à l’abri d’une épidémie particulièrement virulente ?

Il faut à tout prix se lancer dans une bonne campagne de sensibilisation en direction non seulement du public mais aussi du personnel soignant. Notamment à propos de l’importance d’une utilisation à bon escient d’antibiotiques : éviter une utilisation larga manu, abondante. Bien entendu, les mesures d’hygiène relève du bon sens. Ainsi, il faut se laver les mains régulièrement avec des produits désinfectants, surtout en ce qui concerne le personnel soignant.

On ne semble pas toujours sensible aux précautions liées à l’usage des antibiotiques…

L’utilisation des antibiotiques s’est banalisée au fil des années. Ils ne sont pas une panacée contre tous les microbes. Certains visent un type de bactéries, d’autres ont un large spectre, et il convient donc de l’adapter à la maladie qu’on veut traiter. Or, il y a une tendance à utiliser les antibiotiques de dernière génération qui sont certes efficaces mais qu’on aurait dû garder pour les cas sévères. C’est justement à cause de l’utilisation intempestive des carbapénèmes qu’on a vu se développer le NDM-1.

    
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