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Ram Seegobin : «Le discours de Choonee n’est qu’un symptôme d’une maladie plus grave»
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Jean-Yves Chavrimootoo  |  01/09/2010

Ram Seegobin, fondateur du parti Lalit souhaite un débat plus large sur la polémique engendrée par les propos du ministre des Arts et de la Culture, à l’effet que le Premier ministre appartient d’abord aux Vaish et après au pays.  

Que vous inspire le discours de Mukheswar Choonee lors d’un rassemblement socioculturel à d’Epinay au cours du week-end ?

D’abord je voudrais faire ressortir que je n’ai pas entendu le discours dans sa forme originale. Nous devons, tous, nous fier à une traduction sans en connaître l’auteur. Ceci dit, quand j’écoute cette traduction, je ne vois pas dans les propos de Choonee une grande différence avec ce que nous avons l’habitude d’entendre lors des campagnes électorales.

Il y a eu des discours de Navin Ramgoolam, lui-même, qui ressemblent beaucoup à ce que Choonee à déclaré. Je donne un exemple. Dans le passé, j’ai déjà entendu Navin Ramgoolam dire que le Premier ministre doit venir de la majorité. Il a, par la suite, essayer de se couvrir en affirmant qu’il parlait d’une majorité législative. Mais dans son discours il faisait, à l’époque référence au fait qu’un magrébin ne pouvait prétendre à la de la présidence de la République française ou encore qu’un Afro-américain ne pouvait devenir le Président des Etats-Unis. Pris dans son contexte, ce qu’avait affirmé le chef du gouvernement n’est pas différent de ce qu’à déclaré son ministre des Arts et de la Culture.

Au niveau de Lalit nous condamnons ces propos,  qu’ils soient de Mukheswar Choonee, de Navin Ramgoolam, de Deva Virasawmy dans le passé, de Lormesh Bundhoo plus récemment ou, encore, souvent dans les insinuations de Nita Deerpalsing et les autres. Tout cela fait partie du discours politique des partis traditionnels.

Cependant, je suppose qu’il y a un facteur qui aggrave la situation du ministre. C’est la série de controverse dans laquelle il s’est retrouvé. Celle de l’affaire Paradi an Dey, l’épisode Gaston Valayden et celle autour du débat sur la commémoration de la Bataille du Vieux Grand Port.

Est-ce que cet incident mérite un débat public ?

Oui, certainement. Mais j’aurais préféré un débat plus élargi qui englobe la relation malsaine qui existe entre les politiciens opportunistes et les sociétés que je qualifierai de ‘communalo-religieuse’ qui sont également opportunistes qui ne recherche que leurs « bouttes ». Aussi entre les politiques et les rassemblements religieux comme les discours à Grand Bassin, les célébrations du Yaum-Un-Nabi ou leur présence au premier rang de la Cathédrale Saint-Louis. Un débat sur la question est nettement plus constructif. Il ne faudrait pas, non plus, que Choonee devienne une victime expiatoire.

Oui cette nouvelle controverse mérite un débat mais certainement pas sur la nécessité ou pas pour Choonee de démissionner. Le discours de Choonee n’est qu’un problème de forme, un symptôme d’une maladie plus grave.

Le ministre doit-il démissionner ?

Même si nous n’avons pas cette tradition politique, je pense qu’un ministre qui a tenu un discours embarrassant pour son parti, doit prendre ses responsabilités, soit en présentant une défense ou alors en démissionner de ses fonctions ministérielles.

Cet incident est un parmi d’autres qui est en train de miner l’actuel gouvernement. C’est clairement un nouveau conflit entre un ministre et le gouvernement. Il y a en tellement entres les partis de l’alliance et entre les institutions à l’instar de ce qui se passe actuellement entre le ministère du Travail et des Relations Industrielle et la MBC. Je crois que l’alliance de l’Avenir est en train de se fragiliser.

Est-ce que ce débat débouchera sur quelque chose de concret comme un sursaut salutaire de la part de la classe politique ?

Je ne vois aucun sursaut possible du côté de la classe politique traditionnelle. Je pense que le sursaut doit venir de la population. Une sorte de réaction collective. Il faudrait un soutien populaire dans le combat contre le communalisme institutionnalisé dont le Best Loser System. Il faudrait que la population soutienne les demandes pour que l’Etat arrête de financer les religions. Le lien financier et matériel qui existe entre le gouvernement, à travers l’Etat, et les hiérarchies religieuses est un pilier qui doit être éliminé.
Il faut faire pression pour que les partis politiques respectent un code de conduite qui récuse toute présence sur l’estrade des rassemblements religieux. Je crois, aussi, qu’une des choses qui nous a entrainés dans ce bourbier communalo-castéïste c’est le discours qui lie l’inégalité sociale et ethnicité. Nous le retrouvons dans les études et même dans l’approche du ministre Duval pour le combat contre la pauvreté. Ce discours est rétrograde et carrément dangereux.

Mais la population se cantonne dans un rôle de spectateur. Personne  parmi ceux présents à d’Epinay n’a senti le besoin de venir de l’avant pour se dissocier des propos du ministre Choonee. La grande majorité d’entre nous sont en mode passivité.

Propos recueillis par Jean-Yves Chavrimootoo

    

Commentaires

Par:-gaston
A storm in a teacup! Komie dimun ti prezan dan sa ceremoni la? Mojorite Morisien pa ti pu kone si enn radio pa ti fer tapaz lor la.Tu politisien,tu bann religieux,homme d'eglise koz mem zafer. Zot tu bann Tartuffe.
Par:-kevin
dan sa pays la ena vaish congress, rajput gahlot sabha, ravived sabha, tou normal ziste jour maraz pou fer 1 association pou li, lerla pou taxer nou de castéiste
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