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Raj Makoond,«Le plan de relance doit être accompagné d’une baisse des taux d’intérêts»
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Pierrick PÉDEL  |  18/08/2010

Nous avons clairement une convergence de vue, tant sur le plan international que local, avec le package présenté par le vice-Premier ministre et ministre des Finances. L’ERCP a été lancé dans le cadre de la crise de la zone euro, mais le contexte est en fait beaucoup plus large. La reprise américaine se révèle plus fragile, comme en attestent les mauvais chiffres de l’emploi. Il y a un risque de surchauffe en Chine. Le Japon est en dépression. La Banque d’Angleterre est beaucoup plus modeste dans ces prévisions.

Pour Maurice, le contexte international n’est plus le même qu’il y a quatre mois. Et le document présenté par Pravind Jugnauth reconnaît la gravité de la situation. La hausse du produit intérieur brut va être inférieure à 4 % en 2010, et non de 4,6 % comme l’avait annoncé le Bureau central des statistiques en début d’année. Les hôtels enregistrent une baisse de leur profi tabilité. Il n’y a plus que quelques entreprises profi tables dans le textile. Et le secteur sucrier est en difficulté avec une première estimation de Rs 12 700 la tonne. Tout cela confirme la précarité du secteur des exportations. Sans parler du danger pour l’emploi. L’ERCP souligne d’ailleurs la réalité de ce risque de pertes d’emplois.

Comment l’ERCP et le «Mechanism for Transitional Support to the Private Sector» (MTSP) diffèrent-ils de l’ «Additional Stimulus Package» (ASP)?

L’ERCP a une approche plus structurelle que transitionnelle. L’ASP devait faire face momentanément à la crise fi nancière. Aujourd’hui, on voit bien que pour résoudre la crise de l’euro, il faudra de cinq à sept ans. Ces nouvelles circonstances nous forcent de passer de solutions temporaires à des solutions plus structurelles. Le Private Equity Fund (PEF) va constituer un élément clé de la restructuration des entreprises tournées vers l’exportation. Le réajustement des instruments pour aider les petites et moyennes entreprises représente également un travail en profondeur. Le prolongement du programme des Leasing for Equipment Modernisation Scheme sera aussi un élément majeur pour le renforcement des entreprises, notamment dans le textile et l’habillement. Autre élément de restructuration de l’économie : l’approche dédiée pour réemployer la main d’oeuvre licenciée dans le cadre de la création de la Support Unit for Re-Employment of Employees. Il est également prévu de restructurer les sociétés para-publiques afi n de les rendre plus effi cientes. Il y a enfi n le maintien d’un véritable partenariat public-privé.

Que faut-il faire pour que l’ERCP réussisse ?

Le directeur du Joint Economic Council commente le plan de relance économique présenté par le ministre des Finances.

Tout va dépendre de sa mise en oeuvre, et nous n’avons pas beaucoup de temps. Il va falloir adopter un «mission mode» et travailler dans cet esprit. En ce qu’il s’agit du PEF, si nous n’arrivons pas à mobiliser toutes les parties concernées, la mise en place de l’ERCP prendra beaucoup plus de temps.

Il faut bien voir qu’il ne s’agit pas que d’une question de moyens fi nanciers. L’hôtellerie, par exemple, connaît bien sûr un problème de cash fl ow, mais le secteur doit aussi relever le défi de la diversifi cation de ses marchés et d’adaptation de ses produits.

La question de l’accès aérien doit également être réglée. Tout cela ne peut pas se faire en quelques mois. Mais le secteur privé a déjà montré sa capacité à s’adapter. Le textile s’est transformé à la fin des accords multi-fi bres et le secteur sucrier a du s’adapter à l’expiration du protocole sucre et à la baisse des prix de 36 % qui a suivi. Aujourd’hui, le secteur privé doit faire face à une problématique plus complexe car il y a plus de variables
à prendre en compte. Nous devons nous orienter vers un nouveau modèle économique faisant le pont entre l’Asie et l’Afrique tout en gardant notre connexion avec l’Europe. Nous devons ainsi passer du sucre à la filière canne, de l’hôtellerie à une économie de l’hospitalité, avec notamment le développement du tourisme médical et du textile à un véritable pôle de la mode.

Vous demandez régulièrement une baisse du taux repo. De quelle marge de manoeuvre dispose la banque centrale pour procéder à cette détente monétaire ?

Il faut d’abord constater que le différentiel de taux d’intérêt avec nos partenaires commerciaux est énorme. Plus de 5 % par rapport aux Etats- Unis et 4,75 % par rapport à la zone euro. Or, il y a un besoin de complémentarité et de cohérence avec le plan de relance. Pour être pleinement efficace, l’ERCP doit être accompagné d’une détente monétaire.

Notre croissance a été revue à la baisse et l’inflation ne constitue plus une menace. D’autant que les perspectives d’une croissance plus molle au niveau mondial n’entraînera pas une infl ation importée via l’envolée des matières premières. Un scénario qui a été à un moment prévu. Nous avons la chance de disposer d’une marge de manoeuvre pour baisser les taux, il faut en profiter. Nous n’allons pas pouvoir tenir longtemps face à un trop fort différentiel de taux avec nos partenaires commerciaux.

Quel serait l’effet d’une baisse du taux repo ?

Cette baisse de taux donnerait un bon signal aux acteurs économiques. Cela montrerait une même vision et une convergence sur la nécessité de restructurer les entreprises. Une détente monétaire faciliterait l’accès au crédit et ferait baisser le coût de l’investissement. Cette baisse des taux impliquerait aussi une baisse de la rémunération et de l’attractivité de la roupie en réduisant le différentiel de taux avec nos partenaires commerciaux. Elle aiderait à relancer la croissance et maintenir l’emploi. Car au fi nal, il s’agit bien d’empêcher les pertes d’emplois.

Propos recueillis par Pierrick PÉDEL

    

Commentaires

Par:-Bunkumproof
Both households and businesses will be rewarded with lower and globally competitive costs by 1) removing the toxic lobby stigma from the rupee, stabilising it and rallying trust in it 2) reining in the cartelistic practises in the banking sector and closing the gap between lending and deposit rates.
Par:-Jacques
J'approuve l'idée de Virgil. Au fait, avec des taux subventionés sur les investissements sur les biens productifs, ça aurait couté au gouvernement au max 100-200 millions. Mais une dépréciation @ 10%, ça coute aux consomateurs minimum 4-5 milliards.
Par:-virgil
Monsieur Makoond que diriez vous d'un taux différentiel. Un taux nettement plus bas pour les entreprises productrices de biens et un taux bien plus élevé pour les commerces qui ne font qu'importer et revendre des produits ???. On pourrait alors garder le REPO a son niveau actuel ou meme l'augmenter et finalemet augmenter le taux d'interet des pauvres petits épargnants.
Par:-Jacques
Ce Pierrick et Makoond, nous prennent-ils pour des cons? Une réduction du repo rate ne soulagera pas les entreprises grandement en termes de réduction des frais d'interets, mais ce sera plutot une dépréciation déguisée de la roupie qui affectera toute la population. C'est ça que ces gens-là demandent. dites le haut et fort que les entreprises mauriciennes ne survivent que de la dépréciation et que c'est toujours le petit peuple qui doit payer les conséquences.
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