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Par:-  Raj Meetarbhan

On 21/06/2010

Le syndicalisme sombre lentement dans l’insignifiance. Les leaders syndicaux ne pèsent plus sur les événements nationaux, un grand nombre d’entre eux ont été neutralisés par le pouvoir et beaucoup sont engagé davantage dans des luttes intestines que dans des combats pour les travailleurs. Ainsi, une fédération syndicale qui compte un nombre élevé d’adhérents, la «Federation of Civil Service and Other Unions» ( FCSOU), est soumise actuellement à une lutte fratricide entre deux vétérans du syndicalisme.

La récente élection de Toolsyraj Benydin à la présidence de la FCSOU est contestée, avec force, par plusieurs syndicats affiliés à sa fédération. Sous l’impulsion de Rashid Imrith, ceux-ci ont carrément réclamé l’annulation du scrutin. Ils allèguent que la reconduction de Toolsyraj Benydin à la présidence de la FCSOU est entachée d’irrégularités. Les détracteurs du président fraîchement réélu demandent au «Registrar of Associations» d’enquêter sur le déroulement des élections du 13 mai dernier.

Pendant ce temps, la situation s’envenime dans le monde agricole. Un syndicat relativement influent, la «Plantation Workers’Unions», s’est dissocié du front commun, le «Joint Negotiating Panel». Il a brisé l’unité syndicale à un moment décisif de la lutte pour la revalorisation des laboureurs et artisans de l’industrie sucrière. Bien que lâché par la PWU, le front commun a pu néanmoins conclure à l’arraché un accord avec les sucriers.

Le négociateur du syndicat déloyal au front, Cassam Kurreemun, avait accepté une augmentation de salaires de 16 % alors que le patronat a finalement consenti à accorder une hausse de 20 %. La manière de faire de Cassam Kurreemun va contribuer à la perte de confiance dans le syndicalisme mauricien.

Mais au-delà des jeux d’influence et des dissensions qui sclérosent le mouvement syndical, il y a son incroyable impuissance à influencer les décisions du pouvoir politique. Face à la répression qui s’abat sur la presse libre, les syndicalistes mauriciens ont été bien silencieux. Pourtant, ils doivent bien mesurer les conséquences sur l’avenir du syndicalisme si le gouvernement imposait, dans toute sa rigueur, le bâillon à la presse libre.

On aura également constaté l’absence complète des syndicalistes sur d’autres fronts, dont la protection des droits des consommateurs. Pas une seule prise de position sur les zigzags du gouvernement sur la STC, importatrice de riz, de farine et de gaz ménager. Il n’y a eu aucune réaction, non plus, après la confirmation apportée par le ministre Soodhun, mardi dernier au Parlement, au sujet de la façon dont l’automobiliste est forcé à faire les frais du mauvais «hedging» de la STC ou de ses cargaisons mal planifiées.

Cette situation concernant les syndicalistes s’est developpée “so that the leaders can be appointed on boards and other forums, form part of official delegations or benefit from bursaries from international organizations”. C’est Rashid Imrith qui est l’auteur de cette phrase. (Voir l’express du 26 février)

 


 


Commentaires

Par Emiliano Z
Jun 22, 2010
Union bosses that don't sell out are bought off and the few who keep the faith are white-anted or worse. On another front, we are seeing a handful of partisans setting up associations claiming to represent whole communities. And when governments and embedded journos acknowledge them as such and, often at the exclusion of others, they gain credibility. In effect, three or four self-appointed hacks get to speak on behalf of the people. It never ceases to amaze me how the few control the many with such ease. The times they are a changin' ... in the worship of gorgons.
Par Biraj
Jun 21, 2010
Please add UPSEE and its aborted strike on the eve of elections. The leader appears to have been quite active in politics.
Par clairvoyant
Jun 21, 2010
Aret gorer edo...ou soit vox henri vox dei
Par jimmy
Jun 21, 2010
Salman Khan persuades Anees Bazmi to relocate from Mauritius to Sri Lanka By BW Team Thursday, Jun 17, 2010 BollywoodWorld.com, Mauritius’ loss becomes Sri Lanka’s gain.
Par Lenin
Jun 21, 2010
Raj, cotte bann syndicalistes pou gagn letan occupe lezotte problemes, ki li concerne la liberté de la presse et la dérive dictatoriale du regime en place, ki li concerne l'interet bann consommateurs et lezotte probleme encore. Tellement zott la guerre entre zotte, et tellement zotte pe guette zis zotte l'avantage...
Par Lucas
Jun 21, 2010
Vous avez raison, malheureusement, M. Raj Meetarbhan. Le déclin du syndicalisme a commencé dans les années 80, soit après l'arrivée au pouvoir du MMM, l'avant-garde politique et syndicale de l'époque. D'abord, le désarroi des travailleurs et des militants syndicaux avec la politique économique suivie par leur "héros", Paul Bérenger, devenu ministre des Finances en 1982, et disciple du FMI. Et après la cassure du gouvernement, et la montée du communalisme qui s’en suivit, le syndicalisme ne pouvait que reculer davantage. Puis sont venues les années de "prospérité" économique qui ont eu des effets positifs sur le niveau de vie des travailleurs, apportant du coup un peu plus de confort matériel aux salariés, et renforçant en même temps l'individualisme. Autre coup dur pour le militantisme syndical. Et finalement, avec le temps, les syndicalistes dans leur grande majorité, sont devenus des bureaucrates, luttant avec acharnement pour préserver leurs postes à la tête de leurs syndicats respectifs, pour voyager, pour avoir du "time-off", pour obtenir des bourses, etc. Rien d'étonnant que l'un d'entre eux ait devenu un collabo des compagnies sucrières, un "traitre" à la classe ouvrière ( le terme qu'on aurait utilisé autrefois)...Rien d'étonnant donc qu'il ait non seulement brisé l'unité des travailleurs de l'industrie sucrière, mais aurait aussi accepté une augmentation salariale inférieure proposée par les barons sucriers. Rien d'étonnant également qu'une guerre interne ronge la fédération des syndicats du service civil, car le poste de président est très important, même plus que le bien-être des fonctionnaires. N’est-ce pas, M. Rashid Imrith?
Par Baltazar
Jun 21, 2010
Fais dodo, tu auras du cadeau. C'est du syndicalisme impuissant, obéissant pour ne pas dire pro-gouvernemental. Avec la menace de Shakeel Mohamed de poursuivre les employeurs de l'industrie sucrière pour avoir recours aux travailleurs saisonniers, on a l'impression que c'est le GM qui se positionne comme syndicat. Les syndicats ne sont plus ni défenseurs , ni médiateurs. Les problemes sont réglés par l'intervention gouvernementale. Deux grèves de la faim ont été réglés uniquement par le GM comme si les syndicalistes ont été priés de faire dodo." Fais dodo mon petit frère, tu auras du cadeau". Les chiens obéissants attendent leur " boute lézo" pour se mettre aux côtés de leurs maitres. Et cette fois pour chasser les maitres d'esclaves. Mais attention ! On ne marche pas derrière un guide aveugle, surtout sur un chemin plein de trous. Heureusement que ce chemin est seulement pour les internes. La presse libre reste l'externe. Et c'est plus espérant !
Par TonyBoy
Jun 21, 2010
Bientôt c'est aux ONG que s'attaquera la dictature en devenir que nous connaissons. Toutes les ONG qui ne se soumettront pas à sa majesté et ses consorts se verront systématiquement boycottées, persécutées, et anéanties. Toutes les dictatures ont commencé comme ça et c dommage que la société civile ne daigne bouger le petit doigt et que certains ne veulent pas voir la réalité en face puisqu'ils profitent de cette situation.
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